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Dette intérieure - Une partie des 174 milliards utilisée à d’autres fins

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- Abdoulaye Diop détourne 40 milliards

Si les 174 milliards de francs Cfa de dette que le gouvernement avait arrêté en octobre 2008 n’ont pas été totalement liquidés, c’est parce que le gouvernement s’est accordé le droit «souverain» d’utiliser 40 milliards à d’autres fins.



Dette intérieure - Une partie des 174 milliards utilisée à d’autres fins
Si la polémique sur le paiement de la dette intérieure continue pour quelques temps, ce sera, en grande partie, du fait du ministre de l’Economie et des Finances, M. Abdoulaye Diop. Hier, lors de la réunion trimestrielle de suivi des engagements, du groupe consultatif, qui se tenait sous la présidence du Premier ministre, Abdoulaye Diop, le Grand Argentier de l’Etat, a concédé qu’une partie des 174 milliards de francs Cfa, destinés au paiement de la dette arrêtée au 29 octobre de l’année dernière, a été détournée vers d’autres destinataires. Et, il s’est fait un plaisir de donner la liste exhaustive. Il s’agit, dans un premier temps, de structures qu’il appelle «divers correspondants du Trésor», qui ont reçu 40 milliards de francs Cfa. Les concernés sont l’Aatr, l’Université, la Saed, le Coud, le Cadak Car, et la Sde. Le ministre précise qu’il s’agissait, dans ce cadre, de «dépenses que l’on ne pouvait pas différer».

Dans un second temps, il s’agissait, de dépenses urgentes, faites pour «des motifs de sécurité nationale, que l’on ne pouvait différer» non plus, une fois de plus. Elles portent sur 30 milliards de francs Cfa, payées pour «5,8 milliards de francs Cfa à la Senelec, 4 milliards 73 millions de francs en subvention de gaz, 1,1 milliard à la Sar, et pour le financement de la campagne agricole, 11 milliards 963 millions de francs Cfa, tandis que les forces de sécurité ont reçu 2,3 milliards de francs Cfa», a spécifié l’Ordonnateur national.

Tout ce monde ayant été payé à partir de l’argent mis de côté pour apurer la facture arrêtée par les pouvoirs publics à la fin d’octobre 2008, il fallait trouver d’autres sources de financement. C’est ainsi que, forçant la décision, le ministre a fini par trouver un accord avec un pool de banques locales, qui l’avaient éconduit dans un premier temps, comme l’avait indiqué Le Quotidien, dans son édition N°1818, du 30 janvier dernier. M. Abdoulaye Diop a déclaré, hier, devant les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, la société civile, ainsi que les médias et les membres du gouvernement, que l’argent pour épurer la dette est disponible, un accord ayant été trouvé avec les banques.

Les choses ont traîné, parce qu’il y a eu «quelques difficultés avec les avocats, pour mettre le crédit en place… Nous n’avons fini nos discussions qu’hier seulement». Néanmoins, l’argent ne devrait être disponible, précise-t-il, que dans une semaine, à la fin de la mission du Fmi qui est arrivée, hier, au Sénégal. Cette dernière devrait, au préalable, approuver le montage financier du gouvernement, avant quoi que ce soit ne puisse être décidé.

L’attitude du gouvernement n’est pas une nouveauté. On se rappelle qu’en 2004, la Délégation de la Commission européenne au Sénégal avait épinglé le Premier ministre de l’époque, pour avoir détourné 3 milliards que la Commission européenne avait contribué pour la promotion de la filière arachide, et que le gouvernement avait préféré l’utiliser à d’autres fins. Il a fallu que le Dce de l’époque tapât du poing sur la table, pour que le gouvernement régularise la situation.

Esquive du secteur prive

Quoi qu’il en soit, les déclarations du ministre n’ont pas calmé les débats sur le montant exact des créances de l’Etat. Les affirmations du ministre de l’Economie n’ont tiré, en guise de réaction, à l’unique représentant du secteur privé qui a pris la parole, M. Mor Talla Kane, que le commentaire qu’il prenait acte de la volonté du gouvernement d’en finir avec ladite créance au plus tard la semaine prochaine. M. Kane a, cependant, déclaré que le privé et le gouvernement avaient des problèmes pour se mettre d’accord sur le montant exact des impayés, et il souhaitait qu’à l’issue de ces paiements, les partenaires se mettent autour d’une table et comparent leurs données. Ce à quoi le ministre avait souscrit bien volontiers.

Cette confusion a, par ailleurs, laissé certains bailleurs sur leur faim. Après la séance, M. Gilles Hervio, le délégué à la Commission européenne (Dce), a exprimé son désenchantement face au silence des membres du secteur privé : «On entend souvent, et on lit dans la presse, que le secteur privé se plaint que les arriérées n’ont pas été payés à un niveau satisfaisant. Assez curieusement, on n’a pas entendu beaucoup de plaintes de la part de ce secteur, ce matin.» On se rappelle qu’il y a deux jours, dans Le Quotidien, Mor Talla Kane déclarait que les membres de la Cnes, dans leur majorité, n’avaient pas encore été payés, ou pour ceux qui l’avaient été, n’avaient reçu que des sommes infimes, par rapport au montant de leurs créances.

De son côté, le président du Cnp, M. Baïdy Agne, n’avait rien dit de plus. Lui aussi s’était plaint que ses partenaires du Conseil national du patronat n’avaient pas reçu grand-chose de la part du Trésor. Gilles Hervio recommande donc, pour plus de transparence : «Le secteur privé devrait faire un inventaire de la situation, voir ce qui a été payé et ce qui ne l’est pas encore. Le ministre de l’Economie et des Finances a donné un certain nombre de chiffres sur la dette. Il suffit de confirmer ou de valider avec le privé, qu’on voie s’il existe d’autres instances non identifiées ou pas.» Cela est important car, ajoute M. Hervio, «j’ai du mal à trouver la cohérence entre les chiffres qui ont été donnés ce matin et les plaintes du secteur privé. Maintenant, je dois reconnaître que les plaintes du secteur privé n’ont pas de chiffre derrière. Il est utile que le secteur privé fasse preuve de cohérence et de transparence, de son côté, comme le gouvernement s’est engagé à le faire».

S’agissant des 130 milliards de francs Cfa, qui correspondent au niveau de décaissement annoncé par le ministre des Finances, des voix font remarquer que cela correspond au chiffre des recettes mensuelles du pays. C’est donc, quasiment, le niveau des finances mensuelles dont dispose le pays. Alors, dans ces conditions, il faudrait vraiment faire la part des dépenses courantes et des arriérées de paiement, dans les montants et les dépenses engagées, tels qu’annoncés par le Grand Argentier de l’Etat. Pour les bailleurs de fonds, ce sera le rôle de la Mission du Fmi, actuellement à Dakar, de défaire l’écheveau.

Source: Le Quotidien

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Jeudi 5 Février 2009





1.Posté par Mariem le 06/02/2009 12:39
Tous des voleurs

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