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Destinations de Vacances des Sénégalais: La grande vadrouille

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Au Séné­gal ou à l'étran­ger, le but est le même ou presque pour tous les va­canciers : se pren­dre du bon temps et oublier pendant un moment les problèmes de la vie active. La des­tination, c'est se­lon qu'on est riche ou pauvre.



Destinations de Vacances des Sénégalais: La grande vadrouille
AFFLUENCE DANS LES AGENCES DE VOYAGES: «Mesdames et messieurs, veuillez attacher vos ceintures. Dans quelques minutes, nous allons décoller. Le commandant vous souhaite la bienvenue à bord et un bon voyage... » Voilà, c'est fait ! Après toutes les péripéties qui précèdent un voyage, vous êtes enfin sur le départ, valises bien remplies, lunettes de soleil sur le nez et l'incontournable appareil-photo accroché au poignet, la perspective de toutes les folies à faire, fait déjà soupirer de joie. Vive les vacances et le farniente ! Dans le hall de l'aéroport Léopold Sédar Senghor, Aline Diatta est sur le point de piquer une crise de nerfs. Ses trois enfants ne cessent de courir partout et son sac à main vient de se vider devant tout le monde. Les autres passagers la regardent avec condescendance : c'est la folie des vacances qui a touché la famille Diatta. D'une voix de commandant, le père, Jules, calme sa petite troupe. La paix revenue, il explique : «Chaque année à cette période, je prends des vacances avec ma famille. On va passer un mois en Espagne cette fois-ci. Ce voyage nous permet à ma femme et à moi de changer d'air et à mes enfants de perfectionner leur Espagnol.» Futile et l'agréable vont se côtoyer durant le séjour de ce jeune couple. Comme cette famille, bon nombre de Sénégalais, en famille ou individuellement, plient bagages dès le début de la période estivale pour une destination qui va leur permettre de se refaire une santé après les turpitudes de la vie Sunugalaise.
L'aéroport et autres agences de voyages ne désemplissent plus et mettent les bouchées doubles pour satisfaire la demande de cette clientèle de plus en plus grandissante. A Téranga voyages, une agence située à Castors, les agents sont en train de placarder de nouvelles affiches, proposant des destinations de rêve. Portugal, Espagne, Allemagne... Mademoiselle Diandy Colette, qui y travaille, confirme la tendance selon laquelle les Sénégalais voyagent de plus en plus : «Cette période de grandes vacances est l'occasion pour les parents de s'évader avec leurs enfants. Nous en recevons pas mal. Mais il y a aussi des personnes seules qui réservent chez nous. C'est la haute saison, celle où l'on a le plus de clients et où les prix sont élevés.» Même son de cloche dans cette agence de vovages, Fataziz Traavel, située dans l'enceinte de la mosquée du Point E, où M. Niang assure : «Cette saison est rentable pour nous. Les clients affluent pour des destinations et des buts de voyage différents. Nous avons des réservations pour l'Europe et les Etats-Unis.» Dès la fin des cours, en juillet, tous ceux qui peuvent se le permettre n'ont qu'une idée en tête : sortir du pays et aller respirer l'air plus pur d'un autre lieu.
Mais où vont-ils donc tous ces gens pressés de quitter le pays. Les destinations sont aussi multiples que différentes. C'est toujours des contrées lointaines, riches en couleurs. Colette Diandy de Téranga voyages : «Les destinations les plus prisées cette année sont européennes. Portugal, Allemagne, France et Espagne. Nos clients préferent l'Europe aux autres continents. » La préférence des vacanciers encore cette année, va aux destinations européennes pour la majorité des voyageurs. Les Etats-Unis, sont un peu plus prisés pour des voyages scolaires.

VILLEGIATURE POUR V.I.P ?

Un motard, toute sirène hurlante, essaie tant bien que mal de faire respecter ses directives aux nombreux automobilistes qui tardent à se ranger sur le bas-côté. A sa suite, un cortège imposant file à toute allure vers l'aéroport, sous l'oeil rageur de ceux qui sèchent sous un chaud soleil depuis près d'une demi­-heure. Après une période d'intense activité, le premier des Sénégalais s'envole pour un repos bien mériré. Destination du Président Abdoulave Wade : la Suisse, pour les vacances gouvernementales. Pays aux multiples facetres, à l'air pur et aux paysages enchanteurs. Pour cet esprit, c'est le lieu rêvé pour penser dans la quiétude d'un cadre magique à de nouvelles solutions pour mener à bien la barque du Sénégal. Bains thermiques, randonnées ou tout simplement repos, le chef de l'Etat sénégalais a tout pour passer de belles vacances.

En Jet privé, Yacht ou classe premium, les personnes à la bourse bien remplie n'ont pas toujours la même définition du concept «vacances» que l'homme du peuple. Ils ont une façon particulière (expliquée par le pouvoir et les avantages que confèrent un portefeuille bien rempli) de vivre ce moment de détente. Sport, farniente, shopping, en famille ou entre amis, les people se fondent dans la masse le temps d'une pause et profitent des vacances à fond. Ils ont le chic pour s'envoler vers des destinations que le grand public ne reconnaît que si une carte du monde lui est présentée. Baden-Baden, Saint-Barth, Aruba, sont quelques noms que les VIP ont ramenés de leur tour du monde. L'ancien mannequin et styliste Katoucha Niane, profite pleinement de ce moment de détente, avec sa fille sur le sol sénégalais. Car, pour elle, les vacances sont «un moment où je ne fais rien du tout. Je me dore au soleil, je profite de la plage et je lis beaucoup. Farniente totale». Après des activités stressantes, c'est avec plaisir qu'elle s'évade dès que l'occasion se présente.

Téméraire et imprévisible, elle aime bien se laisser porter par la vague de 1'aventure : « je prévois dif)îcilement mes destinations. L'essentiel étant surtout de partir loin. Et je n'imagine pas passer mes congés hors d'un hôtel, car j'adore la vie d'hôtel »

Strass et paillettes pour la star même hors des feux de la rampe dans un endroit qu' elle affectionne tout particulièrement . «Ma destination favorite est Saint-­Barthélemy, dans les Caraibes. C' est très hurppé, c-lassieux et surtout magnifique. Ce que j'aime le plus dans cette ile, c'est son côté reposant » Ce petit coin de rêve est une collecrivité d'outre-mer française, devenue un véritable paradis pour milliardaires. L'île fait le bonheur d'un petit nombre de privilégiés, amateurs de calme, de sieste et d'une nature jalousement préservée.

La tour de Pise, la Statue de la liberté ou la Tour Eiffel. Ces monuments, d'une manière ou d'une autre, sont un point de chute pour les visiteurs. Histoire de ramener une preuve de ce voyage payé à plus d'un demi-million. Dans tous les cas, la destination choisie est toujours considérée comme le paradis. C'est un lieu qui va changer de la pollution de Dakar, un lieu où tout est beau et propre, et surtout c'est l'occasion de se faire des souvenirs qui rendront jaloux ceux qui sont restés garder le pays.

Yacine Mbaye, elle, s'est s'envolée pour le Canada. Entourée de sa bande de copines aux mines envieuses, elle est déjà absente dans sa tête. Comme tous les ans, la récompense à ses bonnes notes scolaires est un voyage dans le pays de son choix. Les yeux pleins de Garou et Céline Dion, elle exulte d'avance : «J'attends ce moment depuis 9 mois. J'ai bossé dur à l' école pour avoir ce cadeau et je compte bien en profiter. Cette année, je veux visiter le Canada. j'espère bien rencontrer Corneille ou Garou et surtout voir des amis à moi qui y vivent.» Pour cette jeune fille de 17 ans, ce n'est pas tellement l'histoire du pays qui l'intéresse, mais plutôt la réalisation de ses rêves d'ado. Comme elle, beaucoup de voyageurs, choisissent leurs destinations en fonction des images de toute beauté passées à la télé ou vues sur des tracts. Elsa, fille d'un directeur de société : «Je vais dans un pays en fonction du shopping que je peux y faire. J'adore Paris à cause de tous les parfums et vêtements que je peux y acheter: De vraies vacances pour moi c'est les magasins et les coins de divertissement. »

II est bien loin le temps où les voyages étaient l'occasion d'apprendre, de comprendre les us et coutumes du pays visité. Les vacances, quand elles peuvent être prises, sont un moment de détente, histoire de se faire plaisir. Monsieur M. D, cadre dans une société de la place, définit cet instant : «Les vacances, ce n ést pas en fonction de date ou de lieu. C'est plutôt un état d'esprit. Même quand je suis en mission, je me ménage des moments de vacances. Une journée, une soirée ou même une heure. Je profite pleinement du fait que je sois hors du pays pour destresser un peu.» Pour lui, il est possible de prendre des instants de liberté partout et en temps choisi. Ses vacances proprement dites, en famille ou seul, le mènent presque toujours à deux lieux : «L' ltalie et le Maroc sont des pays que j'affectionne particulièrement. Quand la Casamance était encore paisible, je ne manquais jamais de m'y rendre car c'est un lieu de toute beauté. »

Tout comme cette directrice d'agence de communication, rencontrée à l'aéroport, en passe de s'envoler pour les lointaines vallées de la Bretagne : «J'adore les coins pittoresques et féeriques. La Bretagne, c'est un ensemble de beaux paysages et de belles histoires mythiques. J' y vais depuis quelques années et je ne m'en lasse pas. » Tous disent rechercher le dépaysement complet en sortant du territoire national. Ce trésor pourtant ne fait pas défaut au pays de la téranga, que seuls les touristes arrivent encore à aimer et visiter.

La créatrice de vêtements Collé Ardo Sow, est une femme très occupée. Ses vacances, qu'elle passe généralement en famille, sont une coutume à laquelle elle ne déroge que très rarement. Contrairement à ses compatriotes, pour qui l'Eldorado est ailleurs, la styliste trouve sa force et son calme à la Somone et à Saly. Les ingrédients pour de belles vacances, elle les trouve sur la Petite Côte : "Je m'octroie trois quinzaines de vacances par an. La première quinzaine, je me rends à la Somone, dans la maison de ma belle famille. Après le ramadan, je prends 15 jours pour aller à la Mecque et enfin, en début décembre, c'est le passage à Saly." Son amour pour des vacances en campagne sénégalaise s'explique : «J'ai vécu des années en Europe, alors si je dois me détendre, ce n'est pas là-bas que je le ferai. J'ai mes cousines et toute la famille ici, alors quand j'ai un moment, je veux le partager avec eux. Mes enfants qui sont en Europe aussi viennent au Sénégal dès qu'ils peuvent pour que toute la fàmille soit au complet. »

CONNAIS-TU MON BEAU VIL­LAGE...

Des passagers qui se bousculent pour avoir une place dans l'unique bus stationné devant cette agence de voyage (Bignona express) ne manquent pas d'attirer l'attention. Il est 22 h et le départ pour la lointaine contrée du Sud est tout proche. Arlette Sagna, jeune étudiante en médecine, ne cache pas son impatience de revoir son village. La mine soucieuse, elle confie : « Le bus n'est pas encore plein et j'espère que nous pourrons partir bientôt. Je rentre chez moi à Bignona et je suis impatiente de revoir ma forêt et de respirer l'air pur de chez moi. Je n'imagine pas passer les vacances loin de chez moi et surtout je vais en profiter pour fàire un stage dans le dispensaire de ma localité.» Assis tout près d'elle, Henri Badiane, nouveau bachelier, déclare pour sa part : "Je vais à Ziguinchor pour le moment. Je vais d'abord fêter mon succès avec ma famille. Ensuite, je pense faire un tour en Gambie et Guinée-Bissau. Faute de moyen pour aller à l'étranger, je vais commencer par visiter les pays les plus proches de moi. Peur-être un .jour; je pourrai voir l'europe."
Nombreux sont les Sénégalais qui doivent se contenter de rester sur le territoire national ou au meilleur des cas, visitent les pays de la sous-région. Certains par contre voient cette période arrivée avec appréhension. car ils vont dans un coin qu'ils connaissent depuis la naissance et qui n'a plus aucun attrait pour eux. Cette philosophie, Moussa Sarr, qui travaille dans une structure de la place, y croit ferme. «Je ne vais pas en vacances ! Quand je vais arriver dans mon village, j'aurai encore plus de problèmes que si j'étais resté en ville. Les vacances, c'est aller dans un endroit où tu puisses ne rien faire de tes dix doigts et surtout te vider la tête.» Traoré, ami de Moussa Sarr : «Je n'ai plus rien à découvrir chez moi. Je connais tous les coins et recoins de mon village, alors qu'est-ce qui pourrait bien me motiver à y revenir tous le temps ?»
Ce discours en dit long sur la considération que les habitants des grandes villes font aujourd'hui des vacances à la campagne. Les Sénégalais, ont vite fait d'oublier les bienfaits d'un retour au village natal. Cette sensation de bonheur que la vue des grands-parents, cousins, et autres membres du village peut procurer à celui qui revient au bercail. Le paysage toujours unique de ce lieu qui a vu naître les ancêtres.
En effet, ils sont peu nombreux aujourd'hui les Sénégalais qui acceptent de passer ce moment privilégié sur le sol national. La mode se veut aux voyages dans les airs ou par la mer. A la découverte des patries de ceux ­là même qui sont friands de circuits touristiques africains. Madame Sophie Boukart, de l'agence Origin Africa, confir­me : «Nous n'avons pas de Sé­négalais pour les réservations de circuit touristique local. Ceux qui vivent au Sénégal et qui le font sont toujours les résidents étrangers.» Mais il reste encore des parents qui tiennent à ce que leurs enfants soient enraci­nés à la terre natale. Monsieur Badara Bèye, retraité, entouré par trois adolescents aux mi­nes énervées, explique : «Je viens mettre mes enfants dans un taxi pour Kaolack. Ils vont aller passer un mois avec leurs grands parents et ils ne sont pas enchantés. J'ai des voitures chez moi, mais je veux qu'ils soient conscients des réalités de la vie et qu'ils comprennent comment vivent leurs cousins de Kaolack. Je veux que mes enfants sachent d'où ils viennent, quelles sont les valeurs de cette terre qui a vu naître leur père. C'est pour leur bien que je le fais et ils me remercieront plus tard.» La mine courroucée, Alioune, son aîné, mal habillé de son baggy et d'une paire de basket à 60 mille francs, marmonne : « J'aurais préféré rester à Dakar et m'amu­ser. Il nous envoie dans un trou perdu, chez des gens avec qui on n'a rien en commun. Tous mes amis sont allés passer les vacan­ces à l'étranger et moi je me tape le village.» Quoi qu'il en soit, tous passeront de belles vacan­ces. Que ce soit sur les plages portugaises, ou dans la forêt casamançaise, ce ne sont pas les souvenirs qui manqueront aux uns et aux autres dès leur retour. Un grand bol d'air, ça régénère et ça gonfle à bloc.


Par Eva BAKENEKHE - eva@weekend.sn
Source: Week-end


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Vendredi 17 Août 2007

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