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Des remparts pour l’honnêteté intellectuelle (Contribution)

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J’ai l’âme en peine ! Ces dernières semaines, la presse a relaté des évènements passés catalogués dans la rubrique des faits divers, en ces périodes de fortes concentrations scolaires et estudiantines liées aux examens de fin d’année. Paradoxalement, c’était le moment ou des portraits de têtes d’œuf étaient étalés sur la une des journaux, pour porter aux enfants des exemples de réussites scolaires bâties sur le travail bien fait, l’abnégation, la persévérance dans l’effort.



Le Concours général et les traditionnelles cérémonies de remises de prix ont pendant longtemps servi de cadre de récompenses des efforts assidus d’une année de dur labeur scolaire. Malheureusement, un constat amer s’impose, la tricherie est désormais en règle de… bonne conduite. Le leitmotiv est la réussite à tout prix, même en vendant sa dignité et en spoliant des valeurs qui, jadis, dictaient une conduite irréprochable, en tout temps et en tout lieu.

La tortuosité, jusqu’à une époque récente seulement confinée
dans le monde politique sénégalais, a malheureusement fait tâche
d’huile et s’est insidieusement répandue dans le cercle scolaire et
universitaire. Il a aussi gangrené le milieu professionnel et le monde
politique.

Récemment, un « enseignant », a été pris la main dans le sac,
ayant professé pendant de longues années avec de faux diplômes. Dans la
même semaine, un quotidien a relaté l’histoire pas reluisante
d’un jeune politicien, porté à la présidence du Conseil
d’administration d’une société parapublique alors que son niveau scolaire est
des plus faibles. Pire, il aurait triché en présentant un vrai faux
baccalauréat, trompant ainsi la confiance des autorités qui, nous le
pensons sincèrement, ont agi en toute bonne conscience.

Il y’a juste une semaine, une journaliste d’un quotidien de la
place a été prise la main dans le sac pour avoir, dans un « article
d’analyse », largement plagié un autre de ses confrères sénégalais.
Ce phénomène de plagiat que facilite le copier-coller à la portée
de tous grâce à l’Internet, est malheureusement devenu monnaie
courante dans la presse sénégalaise. Le SYNPICS est interpellé.

Dans le nouveau gouvernement, l’on évoque des cas de diplômes
falsifiés. C’est grave, trop grave même pour des hommes et des femmes
publics, supposés être des modèles de vertus, de rigueur et
d’honnêteté intellectuelle.

Paradoxalement, tous ces faits se sont passés dans une tranche de
deux semaines. Cela illustre la montée de ce dangereux phénomène
ponctué d’actes très graves, mais malheureusement banalisés par de
certains sénégalais, soucieux de gravir l’échelle sociale.

A proprement parler du plagiat, l’une des formes les plus achevées
du piratage intellectuel, il est devenu monnaie courante de nos jours,
notamment dopé par le développement de l’Internet. Par la mage du
copier-coller, des paragraphes entiers sont « volés », si ce ne sont
des sections ou chapitres d’ouvrages réalisés par des tiers,
disponibles sur le net.

En 2000, des universités américaines et canadiennes avaient
constaté un subit relèvement de la qualité des mémoires de fin d’études
présentés par de nombreux étudiants, qualité perceptible tant dans
le forme que dans le fonds. Des investigations vite menées ont permis
de relever que la plupart de ces « mémoires » pillaient
systématiquement des œuvres, études, thèses, et mémoires facilement accessible
via le Net, sans les usages universitaires en la matière : ouvrir des
guillemets, procéder à des renvois de bas de page, et référencer
les autres cités dans la base biographique.

Pour endiguer ce phénomène du plagiat les dites autorités
universitaires avaient trouvé la parade : des bureaux de certification furent
rapidement mis en place dans ces universités, pour traquer les
plagiaires, avec à la clé, l’exclusion de l’Université pour tout
étudiant pris la main dans le sac, à défaut de lui couper la main de mauvais
scribe. Quel est aujourd’hui l’ampleur de ce phénomène dans le
milieu universitaire sénégalais ? Nul ne saurait le dire…

Au Sénégal, un tel dispositif qui attaque le mal à sa racine,
n’existe pas encore, ni dans les deux universités, ni dans les écoles
supérieures qui font désormais foison, à Dakar notamment. C’est dire
que la tricherie et le plagiat ont donc de beaux jours devant eux. Par
ailleurs, l’on décèle un laxisme dans les enquêtes de moralités
précédant les nominations à des postes publics de responsabilité.

Ainsi, quand des adolescents et des adultes rivalisent dans ce jeu de
la tricherie et de la mauvaise foi, pour seulement des motifs personnels
d’ascension sociale, la porte est ouverte à toutes les dérives
portant atteinte à des valeurs nobles comme l’abnégation, la
persévérance, le culte de l’effort personnel.

Nous sommes au regret de constater, et beaucoup de sénégalais avec
nous, que la tortuosité intellectuelle, la tricherie, le mensonge, la
malhonnêteté intellectuelle, etc., sont entrain de bousculer des
valeurs fortes qui, jadis, sous-tendaient la réussite individuelle. En
effet, rares sont aujourd’hui les curriculum vitae rédigé avec
sincérité. Gonfler artificiellement son CV, le barrer de titres académiques
ronflants et d’expériences « avérées » est devenu un sport, que
je me garderais de qualifier de national.

C’est donc le lieu pour nous, à travers ces lignes, de dénoncer ces
actes ignobles de mensonge, de malhonnêteté intellectuelle, de haute
tricherie et donc de grande tortuosité, du fait qu’il nous faut
impérieusement, laisser et donner à nos enfants des valeurs fortes qui
leur permettront d’affronter la vie avec sérénité, dans un monde de
compétition où seul le travail paie. Notre devoir à tous est
d’ériger des remparts pour protéger notre société et l’honnêteté
intellectuelle.

Khalifa Aïdara.

Sharifu2000 @ yahoo.fr

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Mardi 21 Août 2007





1.Posté par Leweul le 21/08/2007 13:46
Belle contribution et en effet d'actualite. C'est vrai que Internet est un outil qui met a la disposition de l'individu tout un ensemble de connaissance. C'est une bibliotheque virtuelle.

Malheureusement, et j'en conviens avec vous, l'Internet pousse dans une certaine mesure a la paresse intectuelle a cause de la facilite de couper et coller a tout bout de champs.

C'est vrai qu'il faut institutionaliser un mecanisme d'auto-controle et de controle pour eliminer le plagiat.

2.Posté par babakash le 21/08/2007 13:46
Tout à fait d'accord avec cette analyse. Je ne cesserai de soutenir tout ceux qui militent pour la bonne marche des choses...

Babakash
Babakash@gmail.com

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