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Déguerpissement des installations sauvages : Dakar Plateau première étape d’une longue opération

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Débuté avant-hier, l’opération déguerpissement dans Dakar se poursuivra jusque et au-delà de l’Organisation de la conférence islamique (Oci), prévue au mois de mars 2008. Le quartier de Dakar Plateau au centre ville a été la première étape d’une longue opération.

Il est la curiosité des journalistes et autres passants. Avec un plâtre qui recouvre le pied, il marche difficilement. Face aux manœuvres et forces de l’ordre, sa mine est triste. Il fait parti des mendiants qui ont élu domicile, la nuit, dans cette grande rue du centre ville. Il fera ainsi des premières victimes de l’opération de déguerpissement entamé hier par le gouverneur de Dakar. Une opération qui a débuté dans le Plateau pour se poursuivre progressivement vers les autres artères de la ville qui est la proie des occupations irrégulières. Les premières victimes de cette opération ne sont pas seulement les mendiants et autres tables de commerçants. Un bar restaurant situé sur Pompidou a aussi subi les foudres des bulldozers. Sa faute : avoir agrandi son espace en aménageant une terrasse sur la voie publique. Verdict sans appel des machines. Même les barres de fer qui surplombaient la porte n’ont pas été épargnées. Quelques pots de fleurs ont pu être sauvés. Ebahi, le propriétaire, un blanc répondant du nom de Pal est dans tous ses états. Il se plaignait de la somme versée à la mairie pour l’occupation d’une partie de cette voie dite publique. 600.000 francs Cfa, c’est la somme qu’il verse chaque année à la municipalité de Dakar plateau en guise de l’occupation de ces lieux. Comme prévu, l’opération de déguerpissement sur la voie publique de la capitale sénégalaise a débuté dans la nuit du mercredi. Le quartier de Dakar Plateau a été le premier quartier à accueillir cette opération. Ce quartier a été envahi après minuit par une horde de forces de sécurité (éléments du Gmi et de l’armée), de jeunes recrutés par le gouverneur de la région de Dakar pour l’opération.

« Un suivi régulier »

Interpellé quelques heures après, l’adjoint au gouverneur de la région de Dakar chargé des affaires administratives Mamadou Sy Mbengue a déclaré « l’opération de ce soir fait suite aux instructions du président de la République de dégager des cantines, des gargotes, et des installations sauvages sur la voie publique ». Et l’adjoint au gouverneur entouré de bulldozers d’ajouter « Ce soir, c’est juste un signal que nous venons de donner, et nous avons choisi un échantillon de Dakar plateau pour le lancement de cette opération de désencombrement de Dakar ». Les autorités administratives de la région de Dakar en collaboration avec les forces de sécurité notamment la police, la gendarmerie et même l’armée en cas de besoin pour de toutes les installations qui rendent Dakar invivable a indiqué Mamadou Sy Mbengue. « Ces genres d’opérations vont se poursuivre jusqu’ au mois de mars de 2008, date de l’Organisation de la Conférence Islamique et au-delà » a informé l’adjoint au gouverneur qui avait à ses côtés le directeur de la lutte contre les Encombrements Abdoulaye Faye.

Parmi les actions de l’opération qui ont fait plaisir à Mamadou Sy Mbengue, est la démolition de la terrasse sur la voie publique d’un bar restaurant en plein centre ville de Dakar. Autre autorité administrative satisfaite de la première opération de déguerpissement, le préfet de Dakar Mamadou Dia. Il a annoncé qu’après l’opération, les lieux seront surveillés pour empêcher des occupants illégaux de retourner. « L’objectif du président de la République du Sénégal est de permettre à Dakar d’être parmi les villes les plus propres de l’Afrique. Car avec ces occupations anarchiques, Dakar ressemble à un gros village, alors que le président de la République du Sénégal, Léopold Sedar Senghor avait prédit qu’en 2000 Dakar sera comme Paris. Sept ans après, sa population est envahie par toutes sortes de marchés occupant, le peu d’espace que dispose, la capitale sénégalaise » précise le préfet de Dakar.

En prononçant ces paroles plusieurs occupants des lieux sont en train de quitter leurs domiciles de fortunes et ne savent pas où aller à cette heure tardive de la nuit. Loin du champ de l’opération, certains sans abris sont couchés sur les principales artères de Dakar Plateau qui n’a rien d’un centre ville surtout d’une capitale. Seulement, il faut reconnaître qu’à Dakar, ils sont nombreux des pères et des mères de familles accompagnés de leurs enfants qui passent la nuit à la belle étoile parce que n’ayant pas de moyens pour se payer une petite chambre, puisque étant tous des mendiants venus soit du centre et du nord du Sénégal à la recherche de nourriture. Surpris d’avoir ce beau monde chassé à 2 heures du matin, un noctambule déclare « C’est dure de vivre à Dakar quand on n’a pas de l’argent ». Toutes les façons, l’opération de déguerpissement s’est déroulée en présence du préfet de Dakar et sans pitié.

OPERATION DE DESENCOMBREMENT : Le nouveau visage de Dakar Plateau 24 heures après

24 heures après l’opération de déguerpissement, Dakar Plateau présente un visage nouveau. A la place des marchands ambulants, les forces de l’ordre ont envahi les routes du Plateau pour faire respecter l’ordre. Automobilistes et passants apprécient mais restent sceptiques pour le suivi.

Sur l’avenue Pompidou, un groupe de trois marchands ambulants essaient de déjouer la vigilance des forces de sécurité. « Ils ne sont plus là. On peut étaler nos marchandises » affirme quelqu’un. Son camarade refuse d’obtempérer et lui montre du doigt, des éléments du Groupement Mobile d’Intervention (GMI) accroché aux barrières sous l’immeuble SIDH. Ces derniers ont ainsi pris la place des habituels occupants de cette artère du Plateau qui avait reçu la veille, la visite des bulldozers. L’avenue Georges Pompidou présente hier matin un nouveau visage. Même le rond point de Sandaga, jadis épicentre de l’occupation irrégulière s’est vidé de ses pensionnaires. Seul un camion de la police peuple le décor. Edouard, un taximan de la place applaudit des deux mains cette opération qui à ses yeux est une bonne chose. « Ces derniers jours, on ne pouvait pas circuler aussi facilement à Sandaga.

Cette opération doit s’étendre à toutes les autres artères qui sont occupées. Aujourd’hui tout le monde est d’accord sur la nécessité de désencombrer Dakar ». En face, des jeunes marchands ambulants, regardent défiler les éléments de la Police. Ils font parti des anciens occupants du rond point. Interrogés, ils continuent de manifester leur désarroi face à cette opération. « On est venu le matin, les forces de l’ordre nous ont empêché de travailler, peste l’un d’eux, Cheikh. C’est çà notre gagne pain, si l’on nous prive de faire notre commerce, qu’est ce que nous allons faire ? ». Sa réaction est suivie par les acquiescements du groupe. Mais ils ne démordent pas et espèrent reprendre leurs activités bientôt. « Peut être après le sommet de l’Oci » rigole-t-on dans le groupe. Agent dans une banque, El hadji, vêtu d’un costume bleu travaille au centre ville. Il accueille bien cette opération. Sur les effets de cette opération après le premier jour, il note une petite amélioration. « D’habitude, je sors aux heures de pause pour aller manger. Mais aujourd’hui j’ai remarqué que la chaussée n’est pas occupée, » dit -il, avec un petit sourire. Mais c’est juste un début. Attendons de voir si ces gens vont arrêter l’occupation irrégulière ». Ce scepticisme est aussi manifesté par Babacar, un autre taximan. Pour lui, on a laissé perdurer la situation. « C’est pourquoi il sera difficile de faire partir les marchands ambulants. Dakar Plateau n’est pas digne d’un centre ville. Ce quartier ressemble plus à un village. On doit mettre en place des brigades de surveillance de jour comme de nuit pour faire respecter l’ordre. Cette opération doit aussi s’étendre à l’ensemble de la ville parce que le mal est partout ».

Encombrement et insécurité aux HLM Grand Yoff : Des populations décidées de prendre leur destin en main

Considéré comme le plus calme et le plus propre quartier de sa commune d’arrondissement, les HLM de Grand Yoff n’attirent plus à cause des encombrements et de l’insécurité qui y règnent. Face à cette situation qualifiée de chaotique les populations ont décidé de prendre leur destin en main et comptent recruter des vigiles pour renfoncer les actions menées sur le terrain par les forces de sécurité.

« Notre cité vit une situation chaotique, à la limite dramatique, causée par une occupation anarchique des espaces par des non résidents. Une situation matérialisée sous forme de sites multiformes de briqueteries, de stations de véhicules clandos, de camions de vidange de fosses septiques, de cimetières de camions gros porteurs, garages de mécaniciens etc...) Voilà, le visage que présente les HLM Grand Yoff et décrit ici par Makhtar Ndiaye, président du collectif des habitants dudit quartier longtemps considéré comme le plus propre et le plus calme de la commune d’arrondissement de Grand Yoff. A cela, s’ajoutent des inondations cauchemardesques qui transforment souvent certaines habitations en mares et un concert de moustiques et de crapauds inimaginables se désole Makhtar Ndiaye, ancien inspecteur principal de la coopération en retraite. Face à cette situation les populations des HLM Grand Yoff ont crée un collectif où toutes les associations et regroupements se retrouvent pour réfléchir et trouver une solution à ce qu’elles appellent « le processus qui défie les normes environnementales et sécuritaires ».

Une réflexion qui permettra à Makhtar Ndiaye et ses amis de prendre en main le destin de leur quartier. C’est ainsi qu’elles ont fait appel aux autorités municipales pour les aider à l’enlèvement des épaves des camions, d’interdire le stationnement clandestin des taxis-bagages et des camions de vidange. Une action que les autorités ont réalisée la semaine dernière. Néanmoins certains occupants des lieux refusent de quitter ce qui a énervé les membres du collectif qui se sont retrouvé la nuit du mardi dernier chez leur président pour faire le point et proposer d’autres formes de batailles pour déloger ces occupants. Au sortir de cette réunion qui s’est achevée vers 23 heures, il a été retenu le recrutement des vigiles d’une agence de sécurité pour renforcer les actions de sécurité menées jusque-là par la police et la gendarmerie. Selon Makhtar Ndiaye et ses camarades, les occupations anarchiques ont occasionné une sécurité aux HLM Grand Yoff où les populations sont agressées en pleine journée. La zone à cause de la création des quartiers spontanés est devenue le lieu de vente de la drogue d’après les habitants qui sont inquiets de l’avenir de leurs enfants.

Des enfants qui ne disposent plus d’infrastructures socio-éducatives, des aires de loisirs, de bancs publics etc..., pour des rencontres d’échanges. Pire, le quartier est à la merci des agresseurs et des drogués. Mais l’objectif des populations est clair d’après M. NDiaye. C’est sauvegarder l’environnement en procédant à l’enlèvement des épaves et de s’attaquer aux problèmes des ordures ménagères qui sont déversées n’importe où et n’importe comment alors que le véhicule de ramassage fait la ronde dans le quartier chaque jour. En attendant, les propriétaires des camions et autres engins qui font le décor des HLM Grand Yoff refusent de quitter les lieux et si les autorités n’interviennent pas on risque d’assister à une bataille entre ces derniers et les habitants qui sont décidés à aller jusqu’au bout en chassant ces occupants clandestins.

Source: le Soleil

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Vendredi 16 Novembre 2007


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