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Déficit budgétaire à 6 % : Le ministre de l’Economie et des Finances s’explique

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Déficit budgétaire à 6 % : Le ministre de l’Economie et des Finances s’explique
Le déficit budgétaire du Sénégal est bien de 6 %. Le ministre de l’Economie l’a reconnu lors de la conférence de presse de clôture de la sixième réunion de Groupe Consultatif du Sénégal à Paris tenue la semaine dernière. Mais pour lui, plusieurs raisons expliquent ce déficit. Et le Sénégal n’est pas encore sur la ligne rouge puisqu’il peut payer ses dettes et honorer ses engagements. A l’en croire, la sortie du Fmi sur la question n’est qu’une alerte lancée au gouvernement sénégalais.

(Correspondant permanent à Paris) - Durant la sixième réunion du Groupe consultatif du Sénégal à Paris, le Fmi s’est fait remarquer dans les débats, par l’attention qu’il a portée sur le déficit budgétaire du Sénégal. Le Fonds monétaire international (Fmi) a fait remarquer que le déficit se creuse et qu’il faut que le Sénégal fasse attention puisqu’il est à 6 %. Loin de nier cet état de fait, le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, est revenu sur la question. D’abord de façon pédagogique, même si les journalistes savaient ce qu’est un déficit budgétaire, l’argentier du Sénégal souligne que ‘le déficit, c’est le total des recettes moins le total des dépenses. Si on a un solde positif, on parle d’excédent budgétaire. Si le solde est négatif, on a un déficit budgétaire’. Pour lui, dans les budgets antérieurs du Sénégal, les dépenses ont toujours été supérieures aux recettes. ‘Donc tous les budgets votés l’ont été avec un déficit budgétaire’, affirme le ministre.
Dès lors, quel est le moyen de financer ce déficit ? ‘Il y en a plusieurs : les dons et les emprunts. Ce qui est important, c’est le déficit financé par les emprunts. Et depuis que le Sénégal est le Sénégal, répète-t-il, vous avez toujours vu le ministre signer des emprunts à l’extérieur comme à l’intérieur. C’est ce qu’on appelle la dette extérieure ou la dette intérieure. Cette dette permet de financer le déficit résiduel qui reste’. Abdoulaye Diop indique que l’important, c’est le niveau de déficit. ‘Si ce niveau est maîtrisé, par rapport au potentiel du pays, estime-t-il, cela ne pose aucun problème. A l’heure actuelle, le Sénégal est à un niveau de déficit d’à peu près de 5 %. Ce qui est très supportable’.

Mais depuis la hausse vertigineuse des prix du pétrole, le déficit s’est un peu plus corsé. Comment en est-on arrivé à ce déficit de 6 % ? ‘En 2006, nous avons eu un choc extrêmement important sur les produits pétroliers qui ont été multipliés par trois. Nous n’avons pas voulu, croyant que c’est conjoncturel, répercuter sur les populations la hausse des produits pétroliers. Nous avons dû dépenser 150 milliards pour ne pas faire supporter le choc pétrolier aux populations sénégalaises. La situation a duré. Cela nous a coûté plus que ce qu’il ne fallait et nous ne voulions pas non plus, vu les engagements que nous avions pris, couper sur les dépenses à caractère social’, explique Abdoulaye Diop. Et de reconnaître ensuite : ’C’est ce qui a fait que nous avons dérapé sur le déficit pour aller jusqu’à 6 %. A un certain moment, on parlait de 8 %, mais nous savions que nous n’irons jamais jusque-là. On est à peu près à 6 %’.

Ces 6 % peuvent-ils être absorbés par le Sénégal sans crainte ? ‘Mais oui, parce que tout simplement pour que le niveau d’emprunt d’un pays soit viable, il suffit qu’il soit égal à 70 % de son Pib. En ce moment, on dit que ce pays est à un endettement viable. Nous, après toutes ces annulations de dettes, nous sommes tombé à un taux d’endettement de 17 %. Cela veut dire que nous avions une marge. C’est pourquoi nous nous sommes permis d’attendre un tout petit peu pour voir si les difficultés et le choc pétrolier étaient conjoncturels. Cela n’a pas été le cas, nous nous sommes vite ajustés’, répond le ministre de l’Economie et des Finances. Pour s’ajuster, le Sénégal a augmenté le prix de l’électricité, en a répercuté une partie sur ses administrés. D’après le ministre de l’Economie et des Finances, l’Etat a pris en charge une partie et a demandé à la Senelec de faire de même en ajustant ses dépenses internes. Idem en ce qui concerne d’autres produits pétroliers tels que le carburant.

‘Voilà comment s’explique ce déficit’, a dit le ministre qui a vite ajouté qu’il n’y a pas de ‘péril en la demeure’. Mais ‘si on devait continuer à afficher des niveaux de déficit de 6 %, à terme, cela pourrait entraîner, peut-être, des difficultés sur le plan de la viabilité de la dette parce qu’il ne faut pas se rendetter de manière désordonnée, car nos partenaires au développement, qui ont fait le sacrifice d’annuler nos dettes, le verraient d’un mauvais œil. Ou au moins leurs contribuables le verraient d’un mauvais œil’, reconnaît, tout de même, Abdoulaye Diop. Il rassure que l’Etat continue à payer ses dettes, à honorer ses engagements.

Alors, pourquoi la sortie du Fmi en pleine réunion ? ‘Le Fmi a voulu, à un certain moment, mettre le holà, attirer notre attention sur le niveau de déficit. Mais je vous dis que tous les pays n’ont pas le même potentiel de déficit budgétaire. Je pense que le Sénégal peut aller jusqu’à 5 % de niveau de déficit’, soutient l’argentier de l’Etat. Avant d’avancer les mesures de prévention prises : ‘Mais nous avons pris la décision interne de nous limiter à 4 % de déficit, sachant qu’on peut le payer ou le faire financer par des emprunts à long terme de manière générale parce que nous ne prenons que des emprunts extérieurs professionnels et faisons recours au marché national et régional’. Pour être dans les normes de l’Uemoa, car c’est une prescription de l’Uemoa qui, en 2000, a demandé à ses Etats membres de ‘ne plus recourir au découvert statutaire de la Bceao. Alors que le Sénégal est à 173 milliards de potentiel d’endettement au niveau de la Bceao’. C’est ce recours au marché qu’on appelle emprunt obligataire ou bons du trésor qui a défrayé la chronique tant qu’il a été abusé dans son utilisation.

Mais pour le ministre, c’est ‘un moyen sain préconisé, favorisé par les plus grands organismes internationaux (Bceao, Fmi) qui nous supportent et le Sénégal a eu tellement de succès que chaque fois qu’il fait appel au marché, il a plus que ce qu’il demande. On ne prête pas à celui qui ne peut pas payer. On ne prête qu’au riche, dit-on. C’est un signe de bonne santé financière que d’avoir la possibilité d’emprunter dans le marché’, argumente Abdoulaye Diop. Mais puisque tout excès est nuisible, il avertit, tout de même qu’il ‘ne faut pas exagérer’. ‘Nous pouvons emprunter et remprunter, mais nous n’attendrons jamais, en un an, 1 % du Pib de plus que nous ne pouvons payer. Tout ce que nous avons emprunté l’année dernière ne fait pas 1 % du Pib’, rassure-t-il. Avant de considérer que c’est ‘vraiment un faux débat tel qu’il est posé. Mais il est bon que les Etats dans la gestion de leur budget fassent attention à ce genre de phénomène’.

Moustapha BARRY
Source: Walfadjri

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Mardi 9 Octobre 2007

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