Le président Wade a fini de peaufiner son plan pour démettre les opposants de la tête des mairies qu’ils ont raflées à l’issue des dernières élections locales. La ville de Dakar le préoccupe le plus. Ensuite viennent Guédiawaye, Pikine et Rufisque. Mais, il sait que faire un forcing pour les placer sous délégation spéciale pourrait lui valoir le soulèvement des populations. Ainsi, il a décidé de contourner « la ligne Maginot ». En clair, il va commencer par placer sous délégation spéciale quelques communes remportées par sa coalition. Il avait instruit, selon nos sources, son ministre des Collectivités locales, Aliou Sow, de lui faire l’inventaire des mairies d’envergure restées entre leurs mains. Le ministre a beau chercher, mais n’avait trouvé que Thiès, l’édile des lieux Idrissa Seck étant revenu dans leur camp, Bambey, Ziguinchor et Bignona. Il est entrain de discuter, séparément, avec les édiles respectifs de ses communes : Mme Aïda Mbodj, Abdoulaye Baldé et Mamadou Lamine Keïta. Il entend trouver avec l’un d’entre eux un compromis pour lui servir de bouc-émissaire. Une méthode qu’on pourrait qualifier de « poulet panné » ; la chair étant l’opposition. Car, dès qu’il y parviendra, il « sacrifiera » un conseil régional dirigé par un de ses militants. Ce pourrait être celui de Tambacounda.
Ensuite, il se retournera vers, « très probablement » Rufisque, selon nos sources. C’est à dessein qu’il aurait tissé des lauriers à l’édile de cette ville, de plus en plus décrié par ses administrés, qui s’offusquent de son « absentéisme ». De là, il s’abattra sur une commune d’arrondissement de Dakar, Sacré-Coeur Mermoz, « certainement », avant de marcher sur la capitale sénégalaise. Mais, puisqu’il lui faut des prétextes, il va actionner ses proches, restés conseillers municipaux ou employés, pour dénigrer la gestion des maires de l’opposition. Il a déjà commencé. C’est ce qui explique le brouhaha du côté de la ville de Dakar, de Pikine, Guédiawaye et Rufisque. Selon des informations de dernière minute, le maire de Thiès est prêt à servir de « cobaye ». Mais, à la condition de devenir le vice-président du Sénégal. Il va agiter cette « lourde charge » pour démissionner ». Il s’en suivront des échauffourées pour sa succession. C’est alors que l’État interviendra pour placer la capitale du rail sous délégation spéciale. Wade le stratège ne va pas tarder à dérouler son plan, qui pourrait être fonctionnel après la commémoration du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Sénégal. Mais ce schéma est si machiavélique que le président Wade hésite à le mettre en œuvre. Car sachant qu’il sera un coup de maître ou celui qui lui sera fatal.
La Redaction