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Dakar : Amadou Diakhaté écope de 8 ans de travaux forcés

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Au deuxième jour de la Cour d’assises de Dakar, les jurés ont prononcé une condamnation à huit ans de prison avec travaux forcés à l’endroit de Amadou Diakhaté inculpé pour le meurtre au couteau de Mor Talla Badiane dans la nuit du 20 au 21 mai 2001 au quartier ‘Terrain foyer’ prés de Colobane.



Amadou Diakhaté qui a répondu hier devant la Cour d’assises de Dakar du chef d’accusation d’homicide volontaire contre le nommé Mor Talla Badiane, a été condamné à 8 ans de travaux forcés. Selon la Cour, l’accusé Amadou Diakhaté est coupable d’avoir ‘volontairement’ donné deux coups de couteau qui ont abouti à la mort de Mor Talla Badiane. Toutefois, elle accorde à l’accusé des ‘circonstances atténuantes’ sans dire lesquelles. Amadou Diakhaté, aujourd’hui âgé de 26 ans, a déjà passé six ans en prison. Il lui reste encore deux longues années à purger à la citadelle du silence.
Pourtant, rien n’annonçait l’issue de ce procès qui a débuté sur une suspension de séance du fait des exceptions soulevées par Me El Hadji Djebel Samb, demandant la comparution des témoins à la Cour. Une requête à laquelle la cour qui s’est retirée un instant, n’a pas accédé. Ainsi l’accusé pouvait faire sa déposition devant le président de Cour d’assises, le juge Demba Kandji, assisté de ses deux assesseurs, des quatre jurés, de l’avocat général, du greffier en chef et bien évidemment, des avocats de la défense. Prenant la parole, l’accusé qui ne parle pas le français qui est la langue de la Cour, a commencé à débiter en wolof un langage incohérent et inaudible même pour la traductrice qu’on lui a flanquée. Ce que le président Kandji n’a pas manqué de lui faire rappeler ‘dans son intérêt’ précisera-t-il à ses conseillers. C’est alors que l’accusé a reconnu les faits, tout en arguant de la légitime défense et de la provocation.

A son tour, l’avocat général Alioune Ndao a développé dans son réquisitoire les éléments de l’accusation, les articulant avec la personnalité de l’accusé. ‘L’enquête de personnalité effectuée par un éducateur spécialisé n’est pas favorable. Elle révèle qu’Amadou Diakhaté a été arrêté deux fois et condamné par le tribunal pour enfants de Dakar à 6 mois ferme et 1 mois avec sursis. Et qu’il a été aussi placé dans les institutions fermées des structures de la direction de l’éducation surveillée, mais a toujours fugué’, fera-t-il remarquer. ‘L’enquête de personnalité se passe de commentaire’, reprend-il. Avant d’enfoncer le clou en citant toujours le document de la Direction de l’éducation surveillée. ‘Actuellement, ses repères sont perdus. C’est quelqu’un qui a échappé à sa famille, aux institutions mises en place par la société et a pris comme chemin la délinquance. Ses capacités d’amendement sont nulles’, signalera-t-il. Et l’avocat général de poursuivre en observant les ‘variations de l’accusé’ dans la relation des faits, que ce soit devant la police, le magistrat-instructeur ou devant l’éducateur spécialisé. Malgré tout, dira Alioune Ndao, l’avocat général, ‘il convient de relever dans les éléments allant dans le sens de la culpabilité de l’accusé et qui sont constants, c’est qu’il avait des relations exécrables avec la victime à cause d’une fille’. Toujours soutenant la culpabilité de l’accusé, l’avocat général souligne que ‘le nombre de coups donnés à la victime est de nature à attenter à la vie d’une personne et les parties qui ont été touchées, l’accréditent à suffisance’. Pour lui en un mot comme en mille, ‘l’attitude d’Amadou Diakhaté est révélatrice de l’intention de tuer’. Et il termine son réquisitoire, en demandant 15 ans de prison assortis des travaux forcés.

Sentant les ‘limites’ de l’avocat commis d’office pour le sortir des griffes de Dame justice, Me Pape Jean Sèye qui n’était pas constitué au début pour défendre Amadou Diakhaté, a volé au secours de ce dernier. Dans une plaidoirie remarquée, il a demandé aux jurés de disqualifier les faits de meurtre. Il a défendu ‘la légitime défense’, ‘l’absence d’intention de tuer’ et ‘l’excuse de provocation’. Il dira que son client ‘est une victime de la société, la même qui s’organise à le juger, alors qu’il a une personnalité trouble, sans père, ni mère’. Au finish, son client ne s’en est pas mal sorti avec huit ans de prison avec travaux forcés là où certains s’attendaient à la perpétuité.

Pour rappel, les faits remontent à 2001. Dans la nuit du 20 au 21 mai de cette année-là, une bagarre a lieu au quartier ‘Terrain Foyer’ au cours de laquelle, Amadou Diakhaté a asséné deux coups de couteau à son adversaire Mor Talla Badiane qui va succomber de ses blessures au cours de son évacuation à l’hôpital. Les recherches entreprises par la police du Point E lors de cette fameuse nuit vont aboutir à l’arrestation d’Amadou Diakhaté, l’auteur des coups mortels.

Mamadou SARR Thiès : Accusé de viol suivi de meurtre, El Hadji Malick Sall acquitté

La Cour d’assises de Thiès, pour la première journée de sa séance qui devra durer jusqu’au 25 de ce mois, a prononcé un acquittement pour El Hadji Malick Sall. Un verdict qui n’est pas allé dans le sens du réquisitoire de l’avocat général qui, considérant le mis en cause comme un maniaque sexuel, avait demandé à la cour de sévir en prononçant une peine de 20 ans de travaux forcés. Une peine qu’il justifie pour réprimer les violences faites aux femmes.

Les faits remontent au lundi 26 février 2001 quand El Hadji Malick Sall avait été accusé d’avoir violé et tué la dame Ndioba Sy, habitant le village Kakoun, dans le département de Thiès. La victime était, au moment des faits, âgée de 25 ans. Les accusations avaient été portées par Moustapha Tall du village de Sinthiou Pire. Le corps de la victime qui était allée à la recherche de ses chèvres, avait en effet été retrouvé sans vie dans le champ de Serigne Mansour dans un état qui en disait long sur les atrocités qu’elle venait de subir. Le certificat de genre de mort délivré par le médecin légiste venu avec les gendarmes alertés le jour du crime aux environs de 18 h, fait état de rigidité cadavérique avancée, de la présence de gaz dans l’estomac, de la présence de sang dans la bouche et du sperme sur les parties génitales de la victime ainsi que des ecchymoses. Toutes choses ajoutées au fait que la victime a été retrouvée les mains liées par un foulard enroulé autour du cou qui conduiront le médecin à la conclusion d’une mort par strangulation.

Ce n’est ainsi que quatre jours après le meurtre, Moustapha Tall est allé à la gendarmerie pour accuser El Hadji Malick des faits. Des accusations qu’il fonde sur le fait que le même jour, aux environs de 14 h, il aurait aperçu le mis en cause courir à travers les champs. Et ce fut pour lui assez suffisant pour croire que c’était lui l’assassin. Devant la barre, le mis en cause rejettera en bloc toutes les accusations portées sur sa personne, faisant savoir que pendant que le meurtre dont on l’accuse se produisait, il était à Tivaouane chez sa tante où il a pris le déjeuner et le thé jusqu’aux environs de 17 h, moment où il devait quitter pour rentrer chez lui à Sinthiou Pire. Ces propos seront d’ailleurs confirmés par sa nièce, sa tante et son neveu avec qui il est sorti de la maison. Cet alibi sera exploité à fond par l’avocat de la défense Me Sène qui, argument à l’appui, battra en brèche l’accusation portée sur son client.

C’est ainsi qu’après avoir fait un bref rappel, à l’endroit des jurés, l’avocat mettra à nu la légèreté de l’accusation surtout quand elle a été portée par une personne de moralité douteuse. Moustapha Tall, principal accusateur, est en effet un repris de justice. Pour lui l’accusation est d’autant moins fondée que Moustapha Tall, dans sa déclaration, n’a à aucun moment donné des indications précises pouvant permettre aux enquêteurs de vérifier ses déclarations. S’y ajoute, pour Me Sène, le fait que Moustapha Tall ne se fonde que sur le fait qu’il aurait aperçu un homme qu’il croit être El Hadji Malick Sall courir dans les champs. Pis, il ne peut même pas dire ce que portait l’homme ni la couleur de ses habits. Aussi, acculé par l’avocat, il finira par douter puisqu’il dira devant la barre que le criminel pouvait effectivement être quelqu’un d’autre. Des imprécisions sur lesquelles l’avocat de la défense se fondera pour demander à la cour de relaxer son client, ne serait-ce qu’au bénéfice du doute puisque le principal accusateur est lui-même entrain de douter et devant la barre.

Après une audience qui aura duré de 10 h du matin à 21 h 30, la cour a prononcé son acquittement et a débouté la partie civile qui réclamait 3 millions de dommages et intérêts. Un verdict qui devrait permettre à El Hadji Malick Sall de retrouver enfin ses trois enfants desquels il a été séparé par une détention de six longues années.

Sidy DIENG Saint-Louis : Huit ans de travaux forcés pour Mame Sidy Dièye

Pour la deuxième affaire, la Cour d’assises a reconnu Mame Sidy Dièye coupable de meurtre sur la personne de Doudou Dièye, tout en lui reconnaissant des circonstances atténuantes et lui ôtant toute excuse de provocation. Par conséquent, elle l'a condamné à 8 ans de travaux forcés et au paiement d'une amende de 700 mille francs. La partie civile, représentée, à la barre, par Me Alioune Abatalib Guèye a demandé que le sieur Sidy Dièye soit maintenu entre les liens de la détention. Selon l'avocat, le détenu est coupable des faits qui lui sont reprochés et a bien muri son coup. Comme s'ils s'étaient passé le mot, l'avocat général a arpenté le même sillage que Me Guèye. Poussant son réquisitoire, Cheikh Ahmed Tidiane Ndour a longuement insisté sur le fait que Sidy Dièye avait l'intention de donner la mort à sa victime. En témoignent, relève-t-il, la force du coup de couteau mortel qu'il a asséné à Doudou Diaw et l'arme que le détenu est allé acheté de sang froid à la boutique du quartier. En outre, M. Ndour a fait noter que deux versions ont été servies par Mame Sidy Dièye entre l'enquête préliminaire et son audition par la cour d'assises 2007. L'avocat général requerra 10 ans de travaux forcés.

Se relayant à la barre, les avocats de la défense, Mes Alioune Badara Cissé, Cheikh Ahmed Tidiane Diouf, Mamadou Ciré Bâ ont tous plaidé pour la disqualification des faits de meurtre à coups ayant entraîné la mort. La défense a aussi mis l'accent sur le fait que la bande à Doudou Diaw, la victime a cherché, vaille que vaille, à faire sa fête à Mame Sidy Dièye et s'est munie, la première, d'armes. Mes Cissé et compagnie n'ont pas manqué de signaler, que, dans un instinct de conservation, devant la furie des assaillants, M. Dièye s'est senti en danger et a voulu, bien évidemment se défendre. Ils ont alors parlé, à ce niveau de légitime défense et ont mis en exergue l'excuse de provocations car leur lient n'avait aucune raison de vouloir ôter la vie à Doudou Diaw qu'il n'avait jamais connu auparavant.

Le 22 Octobre 2003, selon les termes de l'arrêt de renvoi, Mame Sidy Dièye a poignardé mortellement le nommé Doudou Diaw. Les éléments de la police centrale de la capitale du Nord se sont transportés sur les lieux où la victime a été évacuée à l'hôpital régional. La victime y succombera de ses blessures. L'auteur de l'acte odieux prendra la tangente avant d'être rattrapé par son frère Boye Dièye qui le conduira jusqu'aux limiers enquêteurs.

A l'enquête préliminaire, le mis en cause déclare avoir accidentellement blessé Doudou Diaw qui, d'après sa déclaration, le poursuivait, armé d'une barre de fer pour se battre avec lui. Il ajoutera avoir acheté le couteau auprès du boutiquier du quartier pour faire peur à Doudou Diaw et sa bande qui venaient en découdre avec lui parce qu'ils lui reprochait d'avoir informé des contrebandiers peulhs spécialistes d'activités frauduleuses qu'ils étaient des indicateurs de la douane.

Le certificat de genre de mort établi le 23 Octobre 2003 par le Dr Makhtar Lô fait état d'un ‘décès causé par une plaie pénétrante transversale de 5 centimètres de la face antérieure du thorax avec fracture des arcs antérieurs de la dernière côte, une plaie traumatique cardiaque et pulmonaire droite’. A cause de ce coup de couteau porté à Doudou Diaw, Mame Sidy Dièye, 26 ans, né à Saint-Louis de Diadji et de Thiappe Seck, pêcheur domicilié à la rue Gambetta de Guet Ndar chez Massène Fall est inculpé de meurtre et est détenu suivant le mandat de dépôt du 27 Octobre 2003.

Gabriel BARBIER
Source: Walfadji

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Mercredi 18 Juillet 2007

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