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DROGUE: Bissau va-t-il envahir Dakar ?

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Cocaïne, héroïne, cannabis et autres drogues dures ont pris possession de la Guinée-Bissau. Les narcotrafiquants ont envahi Bissau et tiennent en coupe-réglée tout le pays. Ils y comptent des complicités locales au plus haut niveau des sphères de direction administrative, politique et même militaire, chuchote-t-on à Bissau de peur d’éveiller leur soupçon. Ils entendent « rayonner » impunément sur toute la sous-région pour élargir la plaque tournante avec le triangle des trois B : Bissau-Bignona-Banjul, entre l’Amérique du Sud et l’Europe desservi par voie maritime et aérienne, racontent les mêmes sources en sourdine.



DROGUE: Bissau va-t-il envahir Dakar ?
La Guinée-Bissau est devenue une plaque-tournante pour un transit important de drogues dures, notamment de la cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Les narcotrafiquants profitent de l’inefficacité des contrôles de police, de l’instabilité du gouvernement et de la pauvreté du pays pour mener leurs activités en toute impunité. Au point que le chef de l’Etat Bissau-guinéen, Joao Bernado Viera s’en est publiquement plaint à l’occasion d’une rencontre interafricaine organisée par le Codesria du 25 au 27 juin dernier à Bissau. Ne manquant certainement pas d’humour « historique », les narcotrafiquants veulent suppléer les politiques pour recréer l’ancien triangle constitutif du royaume du Gabbu : Bissau Bignona Banjul. Ils entendent, dit-on à Bissau, rayonner dans cet axe et bien au-delà, notamment au Libéria et en Sierra Léone pour offrir une plaque tournante qui desservirait l’Europe depuis les Amériques. Des projections inquiétantes pour cette partie de la sous-région ciblée quand on sait que seul Dakar y dispose d’institutions relativement solides et des forces de sécurité outillées et « républicaines ».

Bissau qui est aujourd’hui une planque tournante vie dans la peur. Et même si très peu d’autochtones y consomment de la drogue, les trafiquants en ont fait d’importants complices pour assurer la surveillance, le transport et la logistique pour leur trafic de la drogue où six grammes de cocaïne, par exemple, sont vendus à un prix avoisinant le revenu annuel moyen d’un fonctionnaire Bissau-guinéen. La situation est si grave qu’elle menace la stabilité du gouvernement, puisque les trafiquants sont parvenus à infiltrer les ministères, l’armée et la police, ont révélé plusieurs sources proches du milieu, sous couvert de l’anonymat. Le colonel Sangi Faty, ancien chef d’Etat major de l’armée de terre de la Guinée-Bissau, aujourd’hui responsable de la surveillance maritime pour la pêche, s’en désole. Abordé sur la question en marge mercredi 27 juin dernier des travaux sur le dialogue politique, organisé dans son pays par le Codesria, il confesse que la situation en est devenue inquiétante. N’en voulant pour preuve que la sortie même du chef de l’Etat dans son discours d’ouverture, Sangi Faty confie « que malgré la précarité des salaires et le fait qu’on les paye souvent difficilement, on note une certaine prospérité chez certains. D’où tirent-ils leur argent ? » L’officier supérieur n’est pas loin de penser que son pays risque de basculer dans la drogue ou d’être pris en otage par les narcotrafiquants. On peut bien le croire.

En effet, selon l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), il y a eu plus de 50 saisies de drogue officielles en deux ans. « Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », fera remarquer pour la presse, Antonio Mazzitelli, le représentant de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Classée 172ème sur les 177 pays couverts par l’indice de développement humain des Nations Unies, la Guinée Bissau se remet difficilement de la mutinerie qui s’est muée en coup d’Etat par la suite de juin 1998- à janvier février 1999.

Le Sénégal et la Gambie en point de mire

Des experts régionaux de la répression du trafic de drogue confient que les trafiquants utilisent des avions et des bateaux pour larguer et récupérer les paquets de drogue dans le chapelet d’îles et les criques qui se trouvent sur la côte de la Guinée-Bissau, notamment dans les belles îles Bijagos. De nombreux étrangers ont été interpellés la semaine précédant notre arrivée à Bissau, apprend-on dans la presse locale dans les Iles de Bidjagos, au large de Bissau. Le ministre de l’Administration interne, Baciro Dabo, a même organisé un point de presse pour expliquer à l’opinion les raisons de ces arrestations. L’identité des interpellés n’a pas été cependant divulguée. Notre confrère Alain Yerro Mballo correspondant de l’Afp nous a confié que sa maison sise à Baïro militaro (un quartier populaire de la capitale) a été « vigoureusement visitée » par des inconnus qui ont tout saccagé sur leur passage. Heureusement qu’il n’y était pas, car visiblement les visiteurs lui en voulaient et cherchaient à mettre la main sur ses notes. Notre confrère révèle mener une enquête sur le trafic de drogue qui gangrène son pays. S’en est-il ouvert aux forces de sécurité ? « J’ai effectivement porté plainte », assure-t-il, tout en précisant néanmoins, « que la situation est assez compliquée dans notre pays et requiert plus de prudence ». Veut-il dire par là qu’il ne faut pas trop faire confiance à certaines autorités de peur qu’elles soient impliquées ? Sans le dire, Alain n’en pense pas moins. Car si rien que pour l’année en cour, plus de 640 autres personnes dont une centaine de Bissau-Guinéens, ont été interpellées á Bissau dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue pendant une opération initiée par le ministre de l’Administration interne, on soupçonne que cela ne soit que menu fretin. En louchant aussi bien du côté des hautes sphères de l’armée que de l’administration, on pointe le doigt sur certains hauts responsables que l’on taxe d’être les véritables parrains locaux

On apprend également que lors de l’opération plus de 220 véhicules circulant sans immatriculation ou avec des immatriculations étrangères ont aussi été mis en fourrière par les services de sécurité. Mais les trafiquants qui ne veulent pas se contenter de la Guinée-Bissau entendent rayonner dans toute la sous-région. Ainsi, plusieurs pays côtiers africains dont la Guinée-Bissau, la Guinée, le Sénégal, le Nigeria, le Togo et Ghana sont devenus des points de transit où il n’est pas rare de voir des paquets de cocaïne s’échouer sur les plages.

Le Sénégal et la Gambie plus que les autres pays sont en ligne de mire des narcotrafiquants qui règnent à Bissau. La saisie récente aux larges des côtes de Mbour d’1 tonne et demie de cocaïne en témoigne. La gendarmerie nationale du côté sénégalais qui mène l’enquête n’exclut pas de débusquer des complices locaux dans cette affaire. L’officier supérieur Moussa Fall de la brigade de recherche entend tirer au clair l’affaire et mettre à la disposition de la justice de son pays, auteurs et complices. Mais si au Sénégal, on sait les services de sécurité déterminés à lutter efficacement contre les narcotrafiquants, qu’en est-il des autres pays limitrophes ?

L’armée accusée d’être complice en Guinée-Bissau

Sous le sceau de l’anonymat le plus strict, pour peu on vous fait même jurer de ne révéler vos sources, on pointe un doigt accusateur sur certains officiers supérieurs et des hommes de troupe de l’armée. Selon ces informateurs, la raison en est bien simple : « le gouvernement paye difficilement ses fonctionnaires et n’arrive pas à régler les indemnités de départ des militaires de son armée pléthorique. Résultat des courses : certains soldats n’hésitent pas à accepter l’argent que leur proposent les trafiquants de drogue pour assurer leur protection ». Faux rétorque-t-on du côté de l’armée selon la presse qui rapporte les propos du porte-parole de l’armée, le major Gomes. « La situation est mauvaise en Guinée Bissau, mais pas à ce point », déclare-t-il. Selon lui, lit-on dans la presse locale, « le système judiciaire et les forces de l’ordre du pays ne sont pas en mesure de faire face à ce problème. La guerre civile de 1999 a affaibli les institutions et il n’y a aucune coordination entre la police, le corps des gardes-frontière, la douane et l’armée. Nous n’avons même de maison d’arrêt digne de ce nom dans ce pays », a-t-il fait remarquer, « Lorsque nous arrêtons un individu, nous n’avons même pas les moyens de le maintenir en détention pendant plus d’un an. Nous sommes contraints de le relâcher ».

Il a indiqué comme pour dédouaner son pays et ses camarades militaires qu’il n’était pas raisonnable, de la part de la communauté internationale, d’exiger de la Guinée-Bissau qu’elle arrête les narcotrafiquants. Et d’ajouter : « La drogue ne provient pas de Guinée-Bissau et nous ne la consommons pas ; pourtant on nous demande d’effectuer des patrouilles dans les îles inhabitées alors que nous ne sommes déjà pas en mesure de le faire dans les régions habitées ». Certainement, mais il revient à nos pays de constituer le premier rempart contre les narcotrafiquants ainsi que l’a même reconnu le président Bissau guinéen, Joao Bernado Viera.

Madior FALL
Source: Sud Quotidien

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Samedi 30 Juin 2007

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