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DOSSIER : ZOOM SUR LES «THIANTACOUNES» Milice ou «Dahira» ?

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DOSSIER : ZOOM SUR LES «THIANTACOUNES» Milice ou «Dahira» ?
Élevé au grade de Cheikh par feu Serigne Saliou Mbacké, Cheikh Béthio Thioune a mis sur pied une communauté religieuse constituée d’hommes et de femmes qui se définissent comme des «thiantacounes». Régis par les «ndigëls», ils vouent une adoration sans faille au Cheikh qui est leur guide spirituel et trait d’union entre eux et le khalife. Leur responsable moral étant au-devant de la scène ces derniers temps, le prétexte est tout trouvé pour nous intéresser à ce singulier groupe de talibés.
Le «thiantacoune» n’est rien d’autre qu’un talibé du Cheikh, selon Ousmane Fall Sarr, «diawrigne» du «dahira» Touba université. Il fait acte d’allégeance (jebëlu) au Cheikh. Cat acte d’allégeance est un signe de soumission au Cheikh. Le «thiantacoune» est donc un disciple du Cheikh dont il suit à la lettre les prescriptions. Les Talibés de Serigne Béthio Thioune se distinguent aisément et ont un dénominateur commun : leur adoration pour le Cheikh. Ils portent aussi de grosses amulettes avec sa photo « le djéle », signe de leur allégeance au Cheikh. Le « jébelu » se fait en général lors des «thiants» (grandes manifestations qui se déroulent en général tous le samedi chez Cheikh Béthio et qui sont l’occasion de rendre hommage à feu Serigne Saliou Mbacké par des déclamations de «khassaïdes»). Les «thiants» sont aussi l’occasion de sceller des unions (mariages) entre les «thiantacounes», qui seraient au nombre de 4 millions.

«Jebëlu» ou acte d’allégeance

Selon le site santati.net, ceux qui font leur acte d'allégeance à Cheikh Béthio accomplissent une prescription divine. Cheikh Béthio a reçu de Serigne Saliou la recommandation d'accepter des actes d'allégeance. Cela ne souffre l’ombre d’aucun doute que Serigne Saliou, en sa qualité de Guide de la «Mouridiya», est le seul à pouvoir avaliser ces actes d’allégeance. Par dérogation, il a enjoint au Cheikh de les recueillir et a ajouté : «Celui qui te fera allégeance, m’apaisera ici-bas et dans l'au-delà». Dans ce même ordre d'idées, il lui a dit : «Tu es la porte d’accès. Quiconque passe par toi parviendra à moi et verra ses vœux exaucés». Sans parler du privilège que Serigne Saliou a fait au Cheikh en 2003 à Darou Salam : l'agrément divin. Cette grâce que les compagnons du Prophète (Psl) ont eu au sortir de dures épreuves et que le Coran rapporte en ces termes : «Allah a réellement agréé les croyants quand ils ont prêté serment d'allégeance au Prophète (Psl) sous l'arbre (à Houdaybya)» (S48, V18, La Victoire Eclatante). Le «jebëlu» est le moyen par lequel l’individu se rallie à la lumière divine et à son principe d’origine. Cet acte est, en fait, une obligation qui incombe à tout musulman et dont la légitimité et la valeur religieuse sont à chercher dans les exemples fournis par l'histoire de la religion. Donc, il ne faut pas le rattacher obligatoirement au Mouridisme.

Vous avez dit ésotérisme ?

L’investiture initiatique est différente des conventions confrériques qui font qu’un fils, un petit-fils et tous les descendants d’un Cheikh, bénéficient du titre de Cheikh. La voie spirituelle est aujourd’hui très mal comprise par les exotériques, qui pensent qu’il n’y a rien en dehors de l’enseignement classique au-delà de la Charia. Comme pour les ésotériques qui pensent que la Haqiqa est incompatible avec la Charia.?En vérité, il y a des méthodes initiatiques différentes, adaptées aux conditions de chaque société et aux réalités de l’époque.?Il y a aussi des réalisations spirituelles différentes, liées aux aptitudes et aux compétences des aspirants. ?Il y a surtout la puissance spirituelle de l’autorité suprême de la voie, qui soutient et assiste la progression du disciple et l’élève vers les hauteurs qu’il ne peut pas atteindre par ses propres efforts.?Ceux qui veulent comprendre la vraie spiritualité doivent en faire l’expérience, car elle est de l’ordre pratique et non de l’ordre théorique. Le choix du guide authentique est la condition la plus importante, car nul ne peut donner ce qu’il n’a pas.?Il y a ensuite la sincérité dans la quête et le rattachement initiatique (jébëlu) qui permettent de recevoir le flux spirituel (madad) du Cheikh.?La droite intention, la sincérité dans l’action, la confiance totale dans la voie et la conformité absolue aux directives du guide sont le gage du succès de la quête, qui sera couronnée par la réalisation.?Beaucoup de détracteurs de la voie spirituelle (tarîqa) se référent à des comportements non exemplaires de certains talibés de telle tariqa ou telle autre.?Mais certains ne peuvent pas réaliser qu’un talibé n’est qu’un élève qui apprend et est donc perfectible tant qu’il chemine dans la voie.?Il y a ceux qui avancent comme des fourmis, et d’autres comme des lièvres, d’autres comme des antilopes ou à vol d’oiseau. Ce n’est qu’à la fin du parcours que la réalité de la voie transparaît sur le disciple.?Les vrais disciples d’un guide authentique sont concentrés sur l’œuvre de leur Cheikh et ne se mêlent ni aux polémiques ni aux futilités.?Ce sont toutes ces réalités que Cheikh Béthio répand autour de lui avec le «Sant Serigne Saliou», où des milliers de personnes se déplacent constamment pour bénéficier de sa baraka et pour s’imprégner de la réalité de Serigne Saliou Mbacké. Une affluence extraordinaire est notée lors des tournées que Cheikh Béthio effectue dans les villes du Sénégal pour ses «Thiant». Cheikh Bethio a bénéficié d’une grâce. Serigne Saliou Mbacké lui a dit en réponse à une question qui portait sur le secret du jebëlu : «En vérité, ceux qui te font allégeance le font à Allah. La main d’Allah est au-dessus de leurs mains». Il lui signifia que chaque tournée serait encore plus efficiente et cela ne cessera pas tant que durera le flux de Serigne Touba. Et ce flux est éternel. Il appuya cela par un des vers de Serigne Touba :??«Il m’a raccordé à un flux éternel. Mon âme est purifiée. Mon esprit est immaculé. L’Unique Généreux m’a accordé des dons qui me distingueront à jamais».

KALLY NIANG, SOCIOLOGUE : «La spiritualité débordante peut être fatale aux thiantacounes»

Les «thiantacounes» constituent une communauté religieuse regroupée autour de Cheikh Béthio Thioune à qui ils ont fait acte d’allégeance. Adeptes des «thiants» ou actions de grâce envers le vénéré Serigne Saliou Mbacké par le canal de Cheikh Béthio Thioune, ils ont cependant une «spiritualité débordante» qui peut se traduire parfois par des actes «incontrôlés». N’empêche, ils excellent souvent dans leurs différents secteurs d’activité. Dès lors, l’érection de garde-fous par leur guide se révèle être une nécessité pour éviter tout dérapage. De l’avis de Kally Niang.

Pouvez-vous nous expliquer le phénomène des «Thiantacounes» ?

Les «thiantacounes» constituent un mouvement religieux qui a les caractéristiques d’une secte, un code sacré et un modus vivendi propres. Le mot «thiantacoune» provient de «thiant». Ce sont les adeptes du «thiant» ou actions de grâce envers le vénéré Serigne Saliou Mbacké par le canal de Cheikh Béthio Thioune. Il y a donc un acte d’allégeance à Cheikh Béthio qui est considéré comme étant l’ombre du vénéré Serigne Saliou Mbacké. Ce qui est intéressant parlant de ces «thiantacounes», c’est qu’ils ont compris la philosophie travailliste de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké mais aussi celle de Mame Cheikh Ibra Fall qu’ils essayent d’adapter à la modernité. Ils ont une spiritualité débordante mais en même temps incontrôlée qui quelques fois peut rendre ces jeunes complètement irrationnels. Cette irrationalité dans le raisonnement et dans la conduite est la source des dérives notées chez les jeunes «thiantacounes». Ils sont dans un processus de déification de leur maître qu’ils considéraient comme un surhomme et qui pouvait d’ailleurs marcher sur la mer (Référence à Cheikh Ahmadou Bamba) car possédant le «kun» (ce qui fait qu’une chose soit). Il y a donc une analogie qui s’explique par un excès de zèle et c’est pour cette raison qu‘ils ont tendance à se comporter d’une manière très irrationnelle, tout simplement parce qu’ils n’ont pas en face d’eux un humain. Ils ont tendance à surestimer ou à surévaluer les capacités morales, spirituelles et même intellectuelles de leur guide religieux.

Les « thiantacounes » ne jouent-ils pas aussi un rôle positif dans la société si on sait que l’on retrouve dans leurs rangs des toxicomanes ou des délinquants repentis?

Certainement oui. Les «thiantacounes» ont aussi des points positifs. Car il faut le reconnaître, ils font de bons résultats dans leurs domaines de compétence. S’il s’agit d’élèves, ils sont dans les collèges, les lycées. Nous pouvons remarquer que ces élèves sont parmi les meilleurs de leurs établissements, quoiqu’ils passent la majeure partie de leur temps à organiser des «kurel» ou des «guddi ajjuma». S’il s’agit de cadres ou d’intellectuels de haut niveau, c’est tout simplement parce qu’ils ont intériorisé cette discipline qu’ils ont tendance à faire de bons résultats dans leurs domaines d’activité. Il y a aussi le fait que cela draine pas mal de jeunes et nous avons la possibilité de voir qu’il y a des jeunes qui, peut-être, sont des repentis, des exclus sociaux victimes du système de socialisation, des jeunes qui étaient complètement marginalisés et que ces dirigeants ont quand même pu réhabiliter et intégrer dans la vie sociétale. C’est un aspect positif mais, à la condition qu’ils ne soient pas trop zélés et qu’ils gardent la tête sur les épaules. S’ils sont conscients, s’ils maîtrisent les textes sacrés, parce que la philosophie de Cheikh Ahmadou Bamba se résume autour de la discipline et du travail bien fait. Mais malheureusement avec cette spiritualité débordante, certains jeunes peuvent même verser dans la violence, tout simplement parce qu’ils se sentent différents de nous autres mortels. C’est pour cette raison que la prudence s’impose, car on peut faire une double lecture de cette philosophie des «thiantacounes».

N’y a-t-il pas des conséquences ou des risques à long terme ?

Absolument, il peut y avoir des conséquences. Car c’est une situation inquiétante. En tant que sociologue, je prévois des crises à moyen et long terme si on n’y prend garde. Car dans une communauté religieuse ou dans une secte, il y a une ligne d’orientation que les gens doivent suivre et s’il y a dysfonctionnements dus à la méconnaissance des textes ou à un excès de zèle, cela devient inquiétant. Souvenez-vous des élections passées, beaucoup de choses qui se sont passées et sont à l’actif de ces «thiantacounes» : ces agressions et ces violences qui ne disent pas leur nom. Alors que ce ne sont pas ces genres de pratiques que l’on attend des «thiantacounes». Avec cette page nouvelle qui vient de s’ouvrir avec le décès du vénéré khalife, la question qui se pose est : quelle sera l’attitude de ces «thiantacounes» vis-à-vis de la confrérie Mouride et à l’égard du successeur du khalife? Si on considère qu’ils sont maintenant conscients de leur poids numérique.

Vous déplorez donc certains de leurs comportements et conduites?

Oui, justement. Mais malheureusement, leurs guides spirituels n’ont pas les moyens de canaliser et de mettre des garde-fous pour empêcher certains débordements injustifiés. Ils doivent donc travailler dans ce sens car ils doivent éviter l’étiquetage, qui est négatif. On ne doit pas parler des «thiantacounes» en pensant à la violence et au banditisme

Leur poids numérique ne constitue-t-il pas un risque, une menace pour la société ?

Sur le plan numérique, ils sont conscients de leur force. Ils sont présents sur toute l’étendue du territoire et ont beaucoup de moyens. Le danger peut provenir du fait qu’ils s’auto-suffisent ou qu’ils pensent qu’ils peuvent aller seuls ou que le vénéré Serine Saliou est effectivement dans la tête et dans l’esprit des gens, par conséquent il n’est pas parti. Ce qui veut dire qu’ils auront du mal à faire un acte d’allégeance à l’actuel khalife. Là il y aura un problème fondamental.

Source: L'observateur

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Samedi 5 Janvier 2008





1.Posté par Tieuy li le 07/01/2008 17:56
MILICES plus tot avec tout ce qu'il a dit ces temps-ci PERSONNE n'ose lever le petit doigt.Il fait du blasphème sur le GRAND PERE et sur le FILS ,mème les "PETITS FILS" autrefois prompts ne rèagissent pas à plus forte raison le nouveau qui s'est dèjà frottè à sa milice.

2.Posté par coumba le 08/12/2008 11:50
dieureudieuf serigne saliou chiekh betio diamou serigne saliou yalla na fi yague té ande ak wer gou mate seuk


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