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DOSSIER : RENCONTRE AVEC CES femmes qui font des métiers de « gars »

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Mécanicien, éleveur, chauffeur de taxi, pêcheurs … Des métiers d’hommes ? Pas vraiment vous répondent des femmes très passionnées et qui font souffler, avec intelligence, audace et énergie, un air renouvelé dans leur milieu de travail. Et, hormis quelques jaloux, leurs collègues masculins en sont ravis. Rien ne décourage ni ne rebute ces pionnières. Rencontre avec quelques femmes d'exception qui n'ont pas hésité à relever le défi des carrières 'masculines'.



DOSSIER : RENCONTRE AVEC CES femmes qui font des métiers de « gars »
Maïmouna Kâ, éleveur Membre du le Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux (Cncr) de Dakar et de l’Organisation des femmes d’affaires africaines, Maïmouna Kâ est issue d’une famille d’éleveurs. « Et voilà pourquoi je suis dans l’élevage », nous confie t-elle toute souriante.

Maimouna Kâ vend et propose comme principal produit à ses clients, le lait caillé qui se conserve plus longtemps. Du lait caillé sucré, non sucré conditionné en sachet plastique ou dans des bouteilles d’un demi litres ou d’un quart de litres, Mme Kâ a opté pour un prix raisonnable et à la portée de tous. Le prix du litre varie en fonction de la saison et de la destination. « Vous pouvez même avoir du bon lait au prix de 500 Fcfa », ajoute t-elle avant de préciser qu’elle effectue des livraisons à domicile, sur commande, les lundi et jeudi parce qu’étant basée à Malika.

Les règles d’hygiène et de gestion de la production sont bien respectées, ajoute t-elle avant d’insister sur le procédé qu’elle utilise pour faire son lait caillé. « Attention, je n’utilise pas de ferments mais le lait est mis à cailler pendant deux jours parfois, puis conditionné en sachant ». Et elle insiste d’ailleurs sur ce dernier point pour lancer un appel aux autorités pour une aide dans ce sens. « Le conditionnement nous pose vraiment problème, il nous faut une amélioration des emballages ».

Même si Maïmouna vend aussi des poulets, celle-ci estime que le projet de booster le secteur de l’élevage est une aubaine pour les femmes éleveurs qui trouvent ainsi un motif supplémentaire de s'activer davantage dans ce secteur. Ainsi, elle demande également la mise sur pied de points de vente afin de leur permettre de mieux écouler leur production.

DOSSIER : RENCONTRE AVEC CES femmes qui font des métiers de « gars »
Diodio Ndoye, transformatrice de produits halieutiques. Peu d’attention est consacrée au rôle économique des femmes dans le secteur de la pêche. Tous les ans, les femmes sont un peu plus nombreuses au bord de l’eau. Seulement, il n’est pas toujours facile de se lancer dans un secteur où les hommes règnent en maître. Certaines d’entre elles ont choisi de pêcher, de transformer les produits halieutiques…
Diodio Ndoye est dans le secteur de la pêche depuis près de 10 ans. Elle est transformatrice de produits halieutiques. Elle se plaît dans ce qu’elle fait au quotidien même si elle ne manque pas de montrer que c’est un travail dangereux qui demande sacrifice. « Déjà très jeunes, nous nous rendions en mer avec nos parents malgré tous les dangers qu’il y avait », explique cette dame rencontrée, devant son stand, à la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara).

Les transformatrices produisent trois types de produits, le poisson braisé séché (kethiakh), le Guedj (Fermenté séché), le Tambadian (Fermenté, séché), si l’on en croit encore Diodio Ndiaye. Et c’est bien dans ce sillage que la dame précise que l’essentiel des produits transformés est vendu soit sur place soit au niveau des marchés. La vente la plus fréquente reste celle auprès des grands commerçants qui passent des commandes.

Les espèces sont nombreuses et variées. On retrouve les pélagiques (Sardinelles, Capitaines, Carangues, Maquereaux, Carpes…), les démersaux ( Mérous, Daurades) ou les crustacés ( Crevettes, Langoustes…). Et les difficultés ou contraintes vécues par ces femmes sont multiples, nous confie t-elle. Pour Mme Ndoye, il y a beaucoup d’aspects à revoir. D’autres sur lesquels il faut nécessairement s’appesantir. Il s’agit de la préservation de la ressource halieutique, des accords de pêche, de l’accès au crédit pour ces braves dames. Car, nous dit-on, elles investissent localement les plus-values dégagées sous des modalités diverses…

DOSSIER : RENCONTRE AVEC CES femmes qui font des métiers de « gars »
Aïssatou Ngoundiane, chauffeur de taxi.

Des femmes au volant d’un taxi. Du jamais vu auparavant. Aïssatou Ngoundiane fait partie de ces « amazones du volant » qui ont pu bénéficier du projet « taxi-sister ». Elle fait son travail normalement et ne se soucie guère de ses collègues masculins jaloux.
Bien assise sur son siège, la ceinture de sécurité en place, la casquette bien visée sur la tête, Mamy comme l’appelle ses proches adore ce style. Jamais sans ses lunettes de soleil, elle nous propose un tour dans son taxi.

Mamy roule librement, intelligemment et bien 'en vue'. Les vitres sont baissées, la musique en sourdine. Elle refuse de se laisser tenter par une conduite « irresponsable». La conversation s’installe…

Contente d’avoir pu bénéficier de ce « taxi-sister », notre chauffeur du jour nous explique avoir toujours été passionné par des voitures. Seulement nous dit-elle, au début il était quasi impossible de bénéficier d’un tel projet. Mais par la suite les choses étaient devenues plus simples.
De temps à autre, notre interlocutrice baisse le son de la radio pour répondre au téléphone… avant de revenir à notre conversation. Sûrement, des clients !

« Le travail de chauffeur de taxi se passe très bien maintenant », nous confie t-elle avant de regretter la jalousie des autres taximan au début. Ces derniers voyaient d’un mauvais œil les « privilèges » accordés à leurs nouvelles collègues qui avaient l’autorisation de se poster à l’entrée de plusieurs prestigieux hôtels de Dakar. Depuis, les mentalités ont évolué et Mamy n’a jamais eu d’inquiétude à ce sujet dans la mesure où elle estime que chacun doit faire son travail.

La surprise et l’étonnement de voir une femme au volant d’un taxi commencent à se dissiper mais pas encore totalement. « Hey sister ! », lui lance t-on de temps à autre. « Voyez de vous-même, tous les jours c’est comme ça quand je suis au volant », raconte Mamy Ngoundiane. Sa relation avec les clients se passe très bien et pour ceux qui seraient tentés de lui faire des avances, elle prévient. « Je ne me laisse pas faire. Je sais gérer ces situations et aussi je suis une femme à très fort caractère ».

Certains clients estiment que les tarifs imposés par ces « dames du volant » sont chers. La raison, Mamy l’explique par le fait que leurs véhicules sont à essence mais insiste t-elle sur le fait que les prix sont tout de même raisonnables. Des anecdotes, elle en a connu. Des épisodes douloureux aussi. Mais sans trop s’attarder sur ces événements plutôt personnels, elle a voulu quand même nous raconter l’histoire de cette dame, accompagnée de son garde du corps, qui lui a fait faire le tour de Dakar presque toute une journée. « Elle ne m’a remis que 3.000 Fcfa alors qu’elle était persuadée que ce montant ne correspond même pas à une heure de course. J’étais très énervée ce jour-là. J’ai voulu déchirer les billets et les lui jeter au visage. Mais je me suis ressaisie et j’ai refusé de faire un scandale vu que je venais de débuter le boulot ».

Elle ajoute que ce métier est comme tous les autres métiers. « Vous pouvez tomber sur des gens qui sont bien, d’autres moins bien… Mais c’est la vie ». Le soutien de ses parents et parfois de personnes qu’elle ne connaît même pas est plus fort que tout. Et l’image de ce vieil homme, qui venait de la voir pour la première fois et sachant qu’elle faisait partie de ces bénéficiaires de « taxi-sister» lui a serré la main, lors d’une audience avec l’ancien patron de l’Assemblée Nationale, avant de pleurer à chaudes larmes et de formuler des prières à son endroit, la réconforte dans sa position de femme travailleuse…

DOSSIER : RENCONTRE AVEC CES femmes qui font des métiers de « gars »
Adama Diakhaté, mécanicienne auto.

Mécanicienne auto au Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), option poids léger, Adama Diakhaté a embrassé ce métier depuis bientôt 7 ans, suite à une formation en mécanique auto en 1995. Sa passion pour ce métier, jadis, considéré comme la chasse gardée des hommes s’explique par le fait que son père disposait d’un garage.
Dans ce métier qu’elle exerce avec passion, rien ne la décourage. Ni les énormes et bruyants moteurs de voiture, ni les machines et autres appareils propulseurs. «Tous les métiers qu’exercent les hommes, les femmes doivent être capable de les faire. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui estiment qu’il y a des métiers strictement réservés aux hommes. La preuve…», affirme t-elle sans complexe aucun.

Adama, ancienne capitaine des Lionnes du Basket ne côtoie dans son travail que des hommes. Ce qui n’émeut pas son mari qui n’hésite pas à lui dire lorsque une voiture tombe en panne : « Adama vient réparer ! ». Quelles sont ces relations avec ces collègues ? « Ils m’aident beaucoup. Il y a une entre aide et une convivialité qui font que tout se passe très bien ». Certes passionnant mais le travail de mécanicienne est très difficile. « Il m’arrive de soulever un moteur ou une pièce très lourde ».

DOSSIER : RENCONTRE AVEC CES femmes qui font des métiers de « gars »
Parfois également je démonte le moteur d’une voiture, j’essaye de trouver la panne durant des heures mais en vain. Ce qui fait que d’ailleurs je reste plusieurs heures ou même la journée sur un seul problème… Et là personne ne m’aide tout le monde me laisse faire. Non pas parce qu’il y a une certaine jalousie mais parce que mes collègues veulent que je trouve toute seule la panne ». Une manière, ajoute Adama, de me pousser à aller de l’avant.
Dans sa tenue de mécanicienne, cette maman de deux garçons ne fait pas trop attention aux curieux qui passent près du garage et qui la regardent bizarrement au moment où d’autres n’hésitent pas à l’encourager.

« Bravo Adama ! ». Cette phrase Adama Diakhaté l’entend souvent également. Pour certains, si l’on en croit encore Adama, « la place d’une femme ne se trouve pas dans un garage ». Un avis qu’elle ne partage pas. C’est pourquoi d’ailleurs elle ne néglige rien dans son travail pour convaincre toutes les femmes de faire le métier qu’elles désirent. L’essentiel étant d’y mettre de la bonne volonté…

Source: Orange Info

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Lundi 10 Mars 2008





1.Posté par vérité le 10/03/2008 13:32
bravoooo!!!!!!!!111 je suis fiere de vous et je vous dis ca kaw ca kanam rek!

2.Posté par mado le 10/03/2008 20:36
Bravo gainè... on est fiere de toi . Gros bisous a to cheri

3.Posté par ndiayeyankhoba le 10/03/2008 23:24
adama mom gerier la djigen yo melni mom la senegal sokhla

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