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[ DOSSIER ] Les Sénégalais d’Amérique et la crise financière: Modou et Fatou broient du noir

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Les conséquences désastreuses de la crise économique et financière des Etats-Unis, avec son lot de deux millions de pertes d’emplois, n’épargnent pas les Sénégalais installés au pays de l’oncle Sam. « Modou » et « Fatou » se bousculent aux portillons de la misère. Le commerce, un des secteurs florissants très prisé par les Africains, ne nourrit plus son homme. Les grandes compagnies ne recrutent plus. Le métier de chauffeur de taxi, jadis, prospère, chute. Les coiffeuses ont mis les clefs sous le paillasson. Conséquences : Les locaux de l’Association des Sénégalais d’Amérique (Asa) deviennent le mur de lamentations des Sénégalais menacés d’expulsion de leur domicile, pour non-paiement de loyer.



[ DOSSIER ] Les Sénégalais d’Amérique et la crise financière: Modou et Fatou broient du noir
Que l’on ne soit, surtout pas ébloui par les beaux carrosses à bord desquelles roulent les émigrés en provenance du pays l’oncle Sam. Il leur a fallu suer sang et eau pour y arriver. Qui plus est, les Etats-Unis ne sont plus cet eldorado qui a tant fait rêver les jeunes du monde. Certes le pays conserve toujours son statut de première puissance mondiale, mais aujourd’hui, le pays s’est enlisé dans une crise financière sans précédent. Depuis deux ans, les Etats-Unis vivent sous perfusion. Georges Bush a dû batailler ferme avec le Congrès pour décrocher, de l’Etat fédéral, une manne de 700 milliards de dollars (plus de 300 mille milliards de francs Cfa, soit presque 200 fois le budget annuel du Sénégal) devant servir à sauver City Bank qui pataugeait dans la mélasse, Bank of America qui titubait, Lehmann Brothers et Wall Street (le poumon de l’économie). Et cela, en toute violation des principes ultraconservateurs des capitalistes qui honnissent tout interventionnisme de l’Etat. Le nouvel homme fort du pays, Barack Obama, négocie déjà pour obtenir 815 milliards de dollars, somme jugée modique, selon des experts, pour faire sortir le pays du naufrage.

Deux millions d’emplois perdus, tout s’embrase

Comme des anguilles, les Modou et les Fatou, (noms donnés aux émigrés sénégalais) s’accrochent toujours aux basques de l’économie chancelante du pays. Time Square 42nd street, en ce jour glacial, le thermomètre affiche -10 degrés. Deux jeunes se disputent un couple de touristes européens. Comme à Sandaga ou ailleurs dans les rues de Dakar, les marchands ambulants font partie du décor des rues de New York. Mohamed, la silhouette longiligne, porte au dos, un sac très lourd. Ce jeune trentenaire propose à la sauvette gants, bonnets et turbans aux passants. Son compère, Khadim, un baol-baol, dispose, pour sa part, d’un petit espace sur la chaussée. Tout dépité et accablé par le froid et le vent glacial qui souffle sur la capitale économique américaine, il rebrousse chemin laissant le couple à son concurrent. Ce dernier parvient à soutirer aux touristes quelques billets verts en échange de quelques étoffes. A peine a-t-il encaissé ses sous, le voilà qui prend ses jambes à son cou, détalant comme un lapin pourchassé par une meute de chiens pour avoir aperçu des agents de police. C’est la routine, renseigne-t-on, dans le milieu. bien que les contrevenants risquent des condamnations aux travaux publics. Nombreux sont les jeunes Sénégalais qui n’acceptaient jamais de travailler dans les entreprises du pays . Un compatriote rencontré aux abords de World Trade Center, avec son pousse-pousse rempli de sacs à main, témoigne : « moi, je n’ai jamais travaillé pour un Américain. Depuis 12 ans que je suis là, je suis dans le business ». Pour ces commerçants, souvent anciens pensionnaires de Sandaga, la conversion est facile. Ils préfèrent récolter çà et là de petites monnaies qu’à gagner 7,15 dollars de l’heure, le minimum wage (Salaire minimum interprofessionnel garanti, Smig) que l’on propose souvent aux émigrés en situation irrégulière qui parviennent à se faire embaucher dans un restaurant américain, ou dans une boutique. « Si je vends deux paires de gants, cela fait déjà le prix de la douzaine, ce qui me fait un gain de plus de cent pour cent », confie notre interlocuteur. Seulement depuis quelques mois, écouler sa marchandise sur le marché américain relève d’un miracle. Comme, du reste, semble le confirmer une Fatou-Fatou, visage émacié et ridé par une dépigmentation mal réussie. Jean et jaquette bleu-ciel, bottes atteignant les genoux, Kiné a son chariot rempli de marchandises. Rencontrée le long de la 46ème avenue, elle ne semble pas rechigner à la tâche. Ni le froid, encore moins les policiers à l’affût tel un chat guettant une souris, n’ont pu entamer sa détermination à vendre dans la rue. Il était 16h, le soleil avait déjà plié, se dirigeant vers son couchant. « Je suis obligée de courir à gauche et à droite parce que je dois payer mes factures et puis n’oubliez pas que c’est nous qui nourrissons nos familles au Sénégal », explique-t-elle. « J’envoyais 150.000 francs par mois pour la dépense, mais au Sénégal, cela ne couvre plus que le petit-déjeuner. Les gens croient qu’on roule sur l’or. Vous avez vu, chaque matin c’est comme ça jusqu’au soir. Tu n’as même pas de vie de famille, mais gare à toi si tu dis que tu n’as pas de sous, on te traite de tous les noms d’oiseaux alors que tu vis le calvaire », fulmine Kiné avant de disparaître subrepticement à la vue d’un véhicule de police qui stationnait à côté de nous. Mayata Ndiaye, un autre commerçant sur la 7ème avenue au cœur de Manhattan, n’en dit pas moins, lui qui toute la journée durant, n’a pu glaner plus de 30 dollars. Et comme par enchantement, un Africain vient se confier à notre interlocuteur qu’il cherche du travail. Jadis secteur florissant, le commerce ne nourrit plus son homme. Beaucoup de nos compatriotes se sont retrouvés au chômage parce que n’ayant plus les moyens d’honorer le loyer mensuel de leur magasin. « Les Américains n’achètent plus, il n’y a plus d’argent dans ce pays, puis comme on ignore quand cette crise va prendre fin, tout le monde réduit sa consommation », fit M.Ndiaye. Dans les entreprises américaines, on licencie à tour de bras. Khadim Diaw est bijoutier et travaillait depuis plus d’une décennie dans une compagnie américaine. Il vient de décrocher un emploi, après 5 mois de chômage. : « Je suis là depuis 12 ans, le prix de l’or a flambé, j’ai perdu mon emploi avec 5 autres compatriotes, c’est avant-hier seulement que j’en ai eu un autre, mais je n ai même pas le 1/3 du salaire que je gagnais auparavant », a-t-il martelé.

Taximen en difficultés

Les Crésus de la communauté sénégalaise de New York n’en croient pas leurs yeux. Chez les chauffeurs de taxi, le revenu hebdomadaire est passé de plus de 1000 dollars par semaine à 700 voire 600 dollars. Certes, des restaurants sénégalais foisonnent dans les quartiers populeux de Harlem et de Brooklyn où l’on retrouve, le « Grand Dakar », « les Ambassades », « Africa Kinet », « Dibiterie Cheikh », « le baobab », « Kaloum », « Blues Café » ou « Keur Sokhna », mais toujours est-il que c’est la même rengaine : pertes d’emplois, baisses drastiques des recettes. « J’ai travaillé aux Ambassades pendant longtemps, mais je vous assure que ce que nous vivons avec la crise est terrible, on a diminué nos jours de travail et pire, les pourboires sur lesquels reposent en partie nos salaires se sont effroyablement réduits », se plaint l’un d’eux qui a requis l’anonymat. Ibou qui travaille dans un restaurant malien confie : « vendredi dernier, j ai fait une recette de 40 dollars toute la journée, cela veut dire que je n’ai même pas 6 dollars de tips ». Dj Khoule, un jeune sénégalais, animateur à ses heures perdues, vit une peur bleue. Opérant dans le secteur audiovisuel, l’entreprise pour laquelle il travaillait a déclaré faillite. Il s’y accroche pour nourrir sa petite famille qui vient de s’élargir avec la naissance d’un mignon petit garçon. Pour lui, il n’y a pas un seul secteur épargné. « Je présente les émissions radio de l’Association. De trois heures par semaine, l’Asa n a plus qu’une heure par semaine, car les gens ne peuvent plus payer le droit d’emission, les membres ne peuvent plus s’acquitter de leur cotisation mensuelle ». Pourtant, il ne se passe pas un jour sans que des compatriotes ne frappent aux portes de l’Asa pour demander de l’aide. « Regardez, tout ce beau monde ne travaille presque pas, c’est un facteur d’indication. Beaucoup faisaient le business, ils ne peuvent plus payer le loyer, ils sont menacés d’expulsion. Chaque jour, des gens qui ont perdu leurs emplois viennent nous voir pour solliciter de l’aide afin de payer leur loyer, car ici, on peut vite se retrouver comme un homeless (sans domicile fixe). Nous les émigrés, nous ressentons la crise beaucoup plus que ceux qui sont au pays, car il nous faut d’abord payer nos factures ici, ce qui est cher, et puis envoyer de l’argent aux parents restés au pays », a expliqué le président de l’Association des Sénégalais d’Amérique. Et d’ajouter : « les tresseuses qui sortaient du lot et prenaient en charge leurs époux, ne savent plus où donner de la tête ». « Les Américaines ne se tressent plus, elles n’ont pas ce temps, elles n’ont plus de sous. Aujourd’hui, nous vivons une situation complexe », confirme F.Baldé trouvée à la station de métro. C’est qu’en plus de l’exigence de licence pour exercer le métier, il faut dire qu’avec la situation qui prévaut, « avant de penser à se faire belle, il faut avoir de quoi se mettre sous la dent », explique-t-elle. Si Obama n’apporte pas le changement attendu de lui, au plus vite, le pire risque de s’abattre sur son pays, car, il faut vivre ici pour voir la réalité de la crise, surtout au sein des communautés africaines, où l’on vit un dilemme : retourner à la misère du pays natal ou alors vivre le calvaire dans ce pays, dans l’espoir d’un jour meilleur. Quel mirage !

Amadou BA correspondant permanent aux Usa

Source: L'as

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Vendredi 23 Janvier 2009





1.Posté par sam le 23/01/2009 21:26
ce qui peuvent revenir en afrique attendre c est mieux.....

2.Posté par T.Geithner le 23/01/2009 22:47
Il faut arreter d'acheter des maisons a plus de 300,000 dollars et des voitures 4x4 superieures a $7,000 si vous ne voulez pas que la crise vous secoue. Khamlenn Senn Dolai foumou yamm so lenn teuddai nelaww ba yandorr. J'ai vu que les gorjigguen Senegalais ont envahi NY lors de vos ceremonies cela ce voit que certains ne sont pas touche par la crise. Un autre conseil:songez a bien eduquer vos enfants, beaucoup d'entre vous ont des enfants qui ne parlent ni ouolofs, ni poulars, ni serere, ni diolas, ni francais, c'est dommage. en les envoyant dans de bonnes ecoles au lieu d'acheter des voitures et des bijoux. Je crois qu'un President americain originaire du Senegal est possible

3.Posté par T.Geithner le 23/01/2009 22:50
Arretez aussi de dire a vos concitoyens de vous co-sign pour gater leurs credits

4.Posté par amelie le 24/01/2009 00:30
oh my gosh! faut qu'on retablisse la situation car ça risque d'empirer...

5.Posté par waallo le 24/01/2009 00:34
pauvre l'immigree,ils envoie des mandats aux famille,qui croit que nous sommes des millardaires,au lieu d'investire sur leurs enfants ici ,non il reponde toujours a un membre de la famille qui leur disent que amna xew.
il faut se reveiller garder votre dollars ,et investir a vos enfants.

6.Posté par dieng le 24/01/2009 00:56
il feux niu kham linu takh diok, pour agg finu diam,ndakh nèk ci allabi di ligèèy,diyakh takhola am dara, nanu fattalio dèmba,pour defar sunu allak, ak sunu allagui domyi ,sunugalgui desna ci niun pour mudèm,

7.Posté par diop le 24/01/2009 22:02
il est temps de penser au retour.

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