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DIASSAP OU LE « PAYS DES GROSSISSEURS DE SEXE »: Malade de ses infrastructures

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Depuis son rattachement à la commune de Thiès en 1978, le village de Diassap (situé à trois kilomètres sur la sortie de Thiès vers Tivaouane) jadis partie intégrante de la communauté rurale de Fandène, a perdu son statut de village, sans pour autant bénéficier des privilèges attendus avec son statut de quartier auquel il a toujours du mal à s'adapter. C'est pour cette raison que les populations de cette localité de près de quatre cents âmes ont saisi l'opportunité de l'inauguration de leur nouvelle église le 24 juin dernier pour tirer la sonnette d'alarme et interpeller les pouvoirs publics sur la situation d'extrême pauvreté dans laquelle elles se meuvent. Parmi leurs innombrables problèmes, les questions foncière, éducative et socio-économique. Diassap est réputée par ses dames qui ont la compétence de « grossir des sexes ».



Les populations par le biais du curé de la paroisse, ont pointé un doigt accusateur sur cette urbanisation qui n’existe que de nom, les dépouillant de toutes leurs terres de cultures, en leur imposant un statut hybride sans retombée aucune. En effet, étant un quartier de la commune de Thiès, Diassap ne peut plus disposer des vivres de soudure qui sont distribués aux autres villages, encore moins de semences alors que c’est un village qui dépend de la terre. C'est ce qui a fait dire au curé de la paroisse de Lalane Diassap que cette question urbanistique est à l'origine de tous les maux de Diassap. Cet état de fait se traduit par l'accentuation de la pauvreté qui s'est accrue avec le taux élevé de chômeurs et l'absence d'ONG dans la localité pour aider les populations à sortir de l'ornière.
Pour le curé de la paroisse, des mesures d'accompagnement doivent êtres trouvés pour ces semi- villages rattachés à la commune sans aucun privilège. Poursuivant son argumentaire, l'abbé Epiphane Mbengue se désole de l'absence de concertation qui a prévalu lors du processus d'élaboration de la Zone d'Aménagement Concertée (ZAC) de Nguinth. Ce qui a fini par dépouiller les diassapois et autres villages environnants de leurs terres sans aucune indemnisation. Pour lui, les autorités municipales ont le devoir de réparer le préjudice subi par ces agriculteurs qui, du coup, n'ont plus aucune terre de culture. Il trouve d'ailleurs injuste que des paysans, après avoir entretenu une terre pendant des décennies, se retrouvent du jour aux lendemains expropriés sans aucune forme de procès. Ainsi, ils sont sevrés de leur principale activité de subsistance qu’est l’agriculture.

La question éducative

L’urbanisation n'est pas le seul problème de Diassap. En effet, la question éducative est également un des problèmes majeurs de cette localité. Les enfants de cinq à six ans qui démarrent leur cycle primaire sont obligés de faire trois kilomètres le matin pour rallier le village de Lalane, où ils passent la journée avant de refaire la même distance le soir pour rejoindre le domicile familial. À midi, ils mangent à la cantine installée par l'ONG Charites moyennant 25 francs de participation. Des enfants qui arrivent à l'école fatigués le matin et qui rentrent le soir éreintés au point de ne pouvoir faire leur devoir. Une mère de famille interrogée sur la question explique que ce problème est à l'origine du nombre important de déperdition scolaire. Ainsi chaque année, beaucoup d’enfants se retrouvent sur le banc de touche et embrassent pour les garçons, le secteur informel et pour les filles, le travail de domestique en ville où elles sont souvent laissées à elles mêmes.
Notre interlocutrice a saisi l'occasion pour lancer un appel au ministre de l'éducation pour que son village puisse disposer d’une école primaire et d'une case des touts petits réglementaire. La féminisation de la pauvreté. Pour Mme Anna Diop, une des initiatrices du mouvement féminin de Diassap, les femmes, en plus de souffrir de la mauvaise scolarisation de leurs enfants, sont éprouvées par la pauvreté qui se féminise de plus en plus, du fait du taux de chômage important qui sévit dans le village. "La plupart d'entre nous vivent avec leur mari qui ne travaillent pas. Une situation qui nous oblige à prendre en charge nous même les problèmes du foyer alors que nous n'avons presque pas de revenus" s’est-elle désolée, et selon elle ce n'est pourtant pas faute d'organisation car les femmes se sont organisées en Groupement de Promotion Economique qui n'a malheureusement pas beaucoup de ressources, renchérit-elle. Poursuivant sur cette même lancée, une autre habitante du village, pardon du quartier, Mme Mame Diarra Mbaye trouve que les femmes de Diassap ont plus que jamais besoin d’être soutenues et encadrées dans leurs activités.
En effet, comme toutes les femmes du village, notre brave dame tire ses principales ressources de la vente de quinquéliba, de produits de vanneries et de fruits saisonniers. Elle a par ailleurs lancé un appel aux ONG et au ministère de la femme, leur demandant de soutenir ses soeurs qui ne cherchent qu'à relever le défi de la pauvreté dans ce village sérère noon.

Ibrahima NDIAYE (Correspondant à Thiès)
Source: Le Matin

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Samedi 30 Juin 2007

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