La dette des établissements publics qui avait gonflé les dépenses extrabudgétaires avait été jugée très élevée par les autorités. À ce moment, des sanctions avaient été annoncées contre les autorités contractantes ayant dépassé le seuil de leurs prévisions budgétaires. Malgré cette mesure dissuasive, la dette de ces établissements publics n’a pas baissé, bien au contraire, elle a connu une hausse sensible de 2,2 milliards de francs Cfa entre 2008 et 2009. En effet, un audit est en préparation à l’Inspection générale des finances (Igf), au plus tard au mois de septembre prochain, pour permettre d’actualiser les chiffres contenus dans un document provenant de la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor (Dgcpt). Selon ce document dont l’Observateur détient une copie, la dette des établissements publics est passée de 2008 à 22,6 à 24,6 milliards de francs Cfa en 2009.
Dans le lot des cinq structures répertoriées, c’est l’Hôpital Principal de Dakar qui traîne la plus lourde créance avec 8,5 milliards en 2009, soit une hausse de plus de 400 millions de francs par rapport à sa dette de 2008. Pourtant, l’établissement a fait des efforts en diminuant la créance qu’il doit à ses fournisseurs car ce chapitre est passé de 3,1 à 2,5 milliards de francs Cfa. Par contre, les dettes fiscales et sociales ont crû respectivement de 500 et de 400 millions de francs. L’Hôpital Principal de Dakar est suivi par l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar avec une ardoise globale de 5,6 milliards de francs dont 4,6 milliards pour les fournisseurs. De même, dans le tableau dressé par la Dgcpt à partir des agents comptables des établissements publics, on peut lire que les dettes sociales et fiscales de l’Ucad ont aussi connu des hausses par rapport à 2008. Il en est de même pour l’Hôpital général de Grand-Yoff dont la dette est passée de 4,8 milliards en 2008 à 5,6 milliards en 2009, avec une hausse généralisée dans les trois chapitres (fournisseurs, dette fiscale et sociale).
Autre structure dont la dette a enregistré une hausse, le Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) pour 2,2 milliards contre 1,7 milliard. Par contre, l’hôpital de Fann enregistre la plus faible dette avec 740 millions, avec aussi une baisse sensible de sa créance de plus de 200 millions entre 2008 et 2009. Il est à noter, en effet, que la dette sociale de cette structure est à zéro franc, même si la créance fiscale a augmenté de plus de 100 millions. L’hôpital Aristide Le Dantec ferme la liste des établissements publics dont la dette a chuté. Celle-ci est passée de 2,1 à 1,9 milliard entre les deux précédents exercices budgétaires.
NDIAGA NDIAYE
Source L'Observateur