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DÉTOURNEMENT DE FRAIS DE TIMBRES DES CARTES D'IDENTITÉ NUMÉRISÉES Des agents des commissariats de Guédiawaye et de Grand-Dakar épinglés pour plus de 10 millions

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Une affaire de détournement de frais de timbres est venue se glisser dans les palabres des milieux de la police. Plus de 3500 citoyens ont vu leurs frais de timbres des dossiers de cartes d'identité numérisées disparaître dans la nature. S'élevant à 1000 francs l'unité pour les nouveaux dossiers et à 6000 francs pour un duplicata, la somme constitue un pactole non négligeable. En moyenne, cela constitue plus de 10 millions de francs pour les deux commissariats. Assaillie par une série de réclamations, la Direction de l'Automatisation des Fichiers (Daf) du ministère de l'Intérieur a mené une enquête. Qui a fini par épingler les éléments chargés des cartes d'identités numérisées des commissariats de Guédiawaye et de Grand-Dakar. Nous sommes retournés sur les traces de cette affaire dont nous vous proposons le récit.
Tout est parti d'un constat de la Direction de l'Automatisation des Fichiers (Daf) du ministère de l'Intérieur sur le nombre important et grandissant de réclamations portant sur les cartes nationales d'identité numérisées. Ces réclamations concernaient essentiellement les zones de Guédiawaye et de Grand-Dakar, mais aussi de la Médina. La Daf recevait, en effet, les images des citoyens qui déposaient pour l'établissement ou le duplicata d'une pièce d'identité sans les dossiers et les frais de timbres qui devaient les accompagner. Lesquels s'élevaient à 1000 francs ou 6000 francs Cfa selon qu'il s'est agi d'une nouvelle pièce ou d'un duplicata. Pour s'enquérir de la situation, la Daf dépêche deux de ses inspecteurs de l'annexe de Sicap Plateau auprès des commissariats concernés, notamment ceux de Guédiawaye et de Grand-Dakar qui remportent la palme de dossiers disparus avec respectivement 2400 et 1097 cas. En faisant approximativement le calcul de la moyenne de la somme en question, on se rend compte que plus 10 500 000 francs Cfa ont été détournés rien que pour les commissariats de Guédiawaye et Grand-Dakar. Précisément, le premier se retrouve avec un gap de 7 200 000 francs Cfa, l’autre avec 3 291 000 francs Cfa. Les deux inspecteurs de la Daf ont ainsi saisi Arona Sy, commissaire central de Guédiawaye. Lequel se tourne naturellement vers le chargé des opérations concernant les cartes d'identité numérisées, un brigadier-chef répondant au nom de Mbaye Diémé.

La Brigade Prévotale place le brigadier-chef en arrêt de rigueur

Des sources proches du dossiers précisent que le commissaire Arona Sy lui aurait demandé comment se fait-il que des dossiers soient enregistrés (donc les frais perçus) au niveau du commissariat sans parvenir à la Daf, notamment à son annexe de Sicap Plateau qui se charge de centraliser les données des cartes d'identité. Devant les tergiversations du mis en cause qui ne put apporter une réponse claire à l'interrogation de son supérieur, ce dernier insiste et évoque une possibilité de le faire accompagner par des membres de la PJ (police judiciaire) pour une éventuelle perquisition chez lui. Une insistance qui a fini par payer puisque Mbaye Diémé, qui dans un premier temps avait déclaré que les dossiers s'étaient sans doute égarés, finira par «retrouver» 400 puis 1400 dossiers. Le reste demeurant toujours introuvable. Mise au parfum de l'affaire, la Brigade Prévotale mêne une enquête. Un de ses commissaires se déplace pour cueillir et entendre M.Diémé sur les faits qui lui sont imputés. La suite devient moins gaie pour lui car il sera placé aux arrêts au camp Abdou Diassé, qui sert de geôle aux policiers. Son arrêt de rigueur (équivalent d'une détention préventive dans le jargon policier) durera près de 10 jours. Selon des sources, il a été libéré le jeudi 13 mars ou le lendemain.

Une civile citée dans l'enquête, le mis en cause s'engage à payer

Après avoir humé l'air de la liberté, Mbaye Diémé a été dessaisi des opérations des cartes d'identités numérisées, comme prévu par la procédure d'enquête, celle-ci étant toujours en cours. Pour l'instant, c'est un certain Diagne qui a hérité du poste. De manière provisoire ou définitive ? Cela dépend des résultats de l'enquête. Nos sources révèlent d'ailleurs qu'au cours de l'enquête, le nom d'une civile aurait été évoqué comme complice de M.Diémé. Une certaine Madame Ndiaye, opératrice de saisie au commissariat de Guédiawaye. Elle a été entendue. Toutefois sa culpabilité n'a pas (encore ?) été établie. Toujours, selon des informations de gens proches des services de la police, Mbaye Diémé s'est engagé à restituer le montant, somme toute consistant. Il aurait, d'ailleurs, en ce sens contracté un prêt à la Dmc (direction de la monnaie et du crédit), bien connue des fonctionnaires du service public. Mais ce n'est pas tout !

Les populations participent-elles au remboursement sans le savoir ?

En même temps, les populations qui réclament leurs pièces d'identité sont tenues, si elles font partie du lot disparu, de passer une seconde fois à la caisse, pour, sans le savoir, atténuer la charge qui pèse sur le principal accusé dans cette affaire. Après qu'une de nos sources nous a informés de cette manoeuvre, nous avons jugé utile de nous déplacer jusqu'au commissariat de Guédiawaye, sous le voile d'un citoyen anonyme venu chercher sa carte d'identité déposée entre novembre et décembre. Nous sommes le mercredi 26 mars 2008. Entre 10h 35 et 11h. Le scénario prévu par nos confidents se produit alors. Après avoir consulté une liste pour chercher un nom fictif que nous avons donné, on nous demande, en effet, de revenir le lendemain. Pourquoi ? Pour qu'on puisse vérifier si “notre” pièce fait partie du lot disparu. Le cas échéant, on nous aurait demandé de payer une seconde fois, renseignent nos confidents. Nous ne fûmes malheureusement pas en mesure de vérifier la suite car n'y ayant pas en réalité déposé de dossier. Toutefois, un constat a été fait sur place: plusieurs citoyens ont été trouvés en train de réclamer leurs pièces d'identité. Certains avec succès, d'autres, moins heureux, sont renvoyés à une date ultérieure. Deux d'entre eux, dont une jeune dame, près de la trentaine, assurent avoir déposé depuis plus de 4 mois. Une période qui remonte au mois de décembre, donc à une période pendant laquelle la plupart des dossiers disparus ont été déposés.

Le commissaire Sy parle de défaillance technique et «ignore l'arrestation de (son) élément»

Interrogé par nos soins, le commissaire central de Guédiawaye a naturellement pris la défense «de (son) élément.» Il se refuse ainsi d'évoquer le terme «détournement», préférant mettre en cause «une défaillance technique du système» imputable à une liaison satellitaire qui a longtemps échoué (sans qu'ils soient au courant, au niveau du commissariat). En effet, nous apprend-il, un satellite relie les commissariats et la Daf. Lequel satellite capte les images enregistrées et les transmet à la Daf pour la vérification, avec les dossiers qui viennent après, avant l'établissement de la carte par la société Delarue, sise au sous-sol du bâtiment abritant le siège de la Daf. Se montrant très disponible à notre endroit bien que gêné à l'évocation de cette affaire, il affirme que le problème du réseau informatique, indépendant de leur volonté, est la cause des malheurs de M.Diémé, «un père de famille qui ne mérite pas qu'on tire sur lui pour une affaire dont il n'est pas coupable.» Et s'il consent à reconnaître que son élément a d'abord été entendu et dessaisi momentanément du service des cartes d'identité, «comme l'exige toute procédure dans un souci de transparence». Le commissaire Arona Sy, qui vient de passer la main à Demba Sarr à la tête du commissariat de Guédiawaye (voir index) refuse, toutefois, le fait qu'il a été mis en arrêt de rigueur. Il déclare, dubitatif : «À vrai dire, je ne pense pas qu'il soit arrêté. Car j'estime devoir être au courant quand un de mes éléments devrait être arrêté. Je n'y crois pas, et c'est de bonne foi que je vous parle.» C'est qu'en réalité, M.Sy était occupé par le sommet de l'Oci pour lequel il était enrôlé au sein du poste de commandement lors de la période de la mise aux arrêts. Il prend, d'ailleurs, le soin de le préciser tout en restant ancré dans sa conviction : «Je ne crois pas qu'il soit arrêté…». Sa religion est faite sur ce dossier. «Ne parlez pas de détournement, c'est juste un problème technique comme il peut en arriver partout.» Soit. Mais seule l'issue de l'enquête pourra lever la vérité sur ce cas. Toujours est-il que l’avis des supérieurs sera requis après le bouclage de l’enquête. Les mis en cause risquent, si leur culpabilité est avérée, d’être traduits devant le Conseil d’Enquête. Une éventuelle peine pourrait dans ce cas aller du rabaissement d’échelon, à l’affectation dans une zone rurale ou éloignée, ou même à la radiation. Cela sans préjudices des peines encourues car ils pourraient en plus être traduits devant le tribubal militaire.

Au commissariat de Grand-Dakar, c'est motus et bouche cousue

Assez loin de la banlieue, c'est toujours le même cas qui est signalé. Et ailleurs encore, nous dit-on, même si c'est à un degré moindre par rapport à Guédiawaye et Grand-Dakar. Cette dernière zone est concernée à hauteur de 1097 cas. C'est un autre brigadier-chef, Alioune Diallo, qui est ici dans la peau de l'incriminé. Selon des personnes qui suivent ce dossier de près, lui aussi s'est engagé de payer le gap. À la différence de son collègue de Guédiawaye, il n'a pas contracté de prêt Dmc, mais compte passer l'éponge par le canal de son fils établi au Canada. Seulement, nous n'en saurons pas davantage. Les langues ont littéralement refusé de se délier cette fois. Le Colonel Aliou Ndiaye, chef du bureau des relations publiques de la police, interrogé, ne voulait pas trop s'avancer sur un sujet dont il n'avait pas encore connaissance et nous demanda dès lors de nous orienter vers les commissaires des zones concernées. Ce que nous avons fait avec Guédiawaye. Le commissaire Daouda Bodian de Grand-Dakar aura été moins expansif que Arona Sy. Il a été difficile, voire impossible de lui en faire dire un mot. Au bout du fil, il lâche, un brin ironique : «Je n'ai pas le droit de claquer ma langue. Il faut d'abord l'autorisation de mes supérieurs, notamment du bureau des relations publiques. S'ils me donnent le signal, je m'épancherai autant que vous voudrez, mais vous savez bien combien il est difficile de parler de “sa famille” ! Si vous voulez, on parle de faits divers que nous avons l'autorisation d'évoquer.» Ce sera peut-être pour une autre fois, M. le commissaire. Nous l'espérons...

Source: L'observateur

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Vendredi 28 Mars 2008





1.Posté par dieng le 03/04/2008 02:41
un peu de dignite les gars arrete de voler l'etat , cet argent nous sert tous vos enfants , mes enfants les enfants l'autre l'Etat en quelque sorte cause la vie est chere

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