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DEGUERPISSEMENT A COLOBANE: 3 jours sinon. ce sera encore l’Intifada

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Binta : « je vends de la bouillie de mil ici depuis 30 ans. Ils ont tout pris »

Rescapé des « lothios » ne craint pas la grande faucheuse


Les marchands ambulants et tenanciers de petits commerces sur les chaussées du marché Colobane, déguerpis dans la matinée d’hier, mercredi 13 novembre, donnent un ultimatum de trois jours aux autorités pour les laisser rejoindre leurs espaces. Sinon, ce sera à leur tour de mettre Dakar à feu, comme l’avaient fait leurs compagnons d’infortune, un certain mercredi 21 novembre. C’est justement en cette période de pré-Tabaski, l’an dernier, que les marchands ambulants déguerpis de Sandaga, ont instauré une véritable Intifada dans la capitale, obligeant l’Etat à reculer. Pour le préfet de Dakar qui a dirigé les opérations, il est impossible de développer un pays en laissant des gens occuper la chaussée sept jours sur sept.



DEGUERPISSEMENT A COLOBANE: 3 jours sinon. ce sera encore l’Intifada
Regards hagards, assis à même le sol le long du mur de la gare routière urbaine de Colobane, indifférents aux rayons solaires, sacs au dos, chapelets autour du cou pour certains, marchands ambulants, vendeuses de lait caillé, de bouillie de mil, de soupe, de riz…assis à même le sol, regardent des agents de nettoiement, masques sur la bouche et le nez, râteaux à la main, mettre en tas sachets en plastique, gobelets à jeter, pierres, bouts de papier, ferrailles…. Ces débris sont tout ce qui reste de leurs cantines et étals, déguerpis la nuit dernière. Disséminée ça et là en groupes de cinq, une cinquantaine d’éléments du groupement mobile d’intervention, armées jusqu’aux dents, veille au grain. D’autres « bérets rouges » sont restés dans les véhicules, prêts à intervenir en cas de besoin. Fait inhabituel en cette fin de matinée, pas une table sur la chaussée, ni de marchands qui proposent divers articles à la hâte. La circulation a rarement été aussi fluide.

Binta : « je vends de la bouillie de mil ici depuis 30 ans. Ils ont tout pris »

« Je ne sais pas ce qu’il en est pour les autres mais je n’ai pas été avertie », s’insurge Binta Mandian, vendeuse de bouillie de mil et de couscous, la cinquantaine, doyenne au garage de Wembé où elle exerce son commerce depuis 30 ans. « Quand je suis arrivée ce matin aux environs de 7 heures, je n’ai pas trouvé ma table. Mes quatre bancs, mes bols, mon fourneau, tout est parti ! », s’exclame-t-elle en tapant des mains. Lorsqu’elle est venue à Colobane pour la première fois, ajoute-t-elle pathétique, il n’y avait que des champs dans les alentours. C’est avec son activité qu’elle nourrit toute sa famille. Sans attendre qu’on lui donne la parole, un autre lance, avec une exactitude digne d’un horloger, : « Ils sont arrivés hier à 23 heures 20 minutes ». Vendeur de friperie, il concède que les autorités préfectorales leur ont servi des sommations la semaine dernière. Un troisième intervenant apporte son grain de sel pour se lamenter sur l’argent qu’il a dépensé pour rien. « Il y a une semaine, on nous a demandé d’enlever les pneus sur lesquels on exposait nos marchandises, pour mettre des tables à la place. J’ai dépensé 10.000 francs Cfa pour cela et maintenant je les ai perdus ».

Rescapé des « lothios » ne craint pas la grande faucheuse

Momar Guèye, marchand ambulant, souhaite qu’on les laisse travailler en paix. « Il ne nous reste que nos yeux pour pleurer ! Nous ne voulons pas voler, mais gagner honnêtement notre vie. C’est à croire que ces gouvernants attendent exprès les moments où nous avons le plus besoin d’argent pour s’acharner sur nous. L’an dernier, justement en cette période d’avant-Tabaski, ils ont fait déguerpir les marchands de Petersen et de Sandaga. Cela leur a coûté cher, mais ils risquent de voir pire, s’ils ne nous laissent pas mener nos activités tranquillement ». Presque tous, se vante Momar Guèye en se bombant le torse, sont passés par les « lothios », (pirogue artisanales). « Si nous avons bravé la mort ainsi, c’est que nous n’avons plus peur de rien ! ». Et Ndongo Sène de poursuivre de plus belle :« depuis que Wade nous a demandé de lever la main pour savoir qui est sans travail, nos bras sont restés suspendus en l’air. S’ils sont dans des bureaux climatisés actuellement, c’est que nous les avons élus. Nous leur donnons trois jours pour nous permettre de rejoindre nos places, faute de quoi, nous sommes disposés à y laisser ce qui nous reste de vie. Et pendant que nous y sommes, où sont passés les 13 milliards des Espagnols ? Plan Reva et Goana, on veut bien, mais personne ne nous donne les moyens et nous savons tous que ce sont les fonds qui manquent le plus. C’est avec ce que nous gagnons que nous entretenons nos familles, payons nos factures, nos loyers. Si on nous met dos au mur, nous allons nous mettre sur la route. Quelqu’un s’est immolé avec le feu devant le Palais, nous pouvons bien le faire ». Pendant que les adultes, autour de lui, se lamentent sur leur triste sort, un gamin d’environ 10 ans, la main sur le menton, tourne la tête en les regardant sans piper mot. A cette heure de la journée, il devait être sur le chemin de la maison de retour de l’école, au lieu de se faire de la bile pour la dizaine de misérables paquets de mouchoirs à jeter qu’il ne pourra pas écouler aujourd’hui. Hadja Diaw NDIAYE

PREFET DE DAKAR « On ne peut pas développer un pays en laissant les gens sur la chaussée » Joint au téléphone, le Préfet de Dakar s’étonne que des commerçants aient soutenu n’avoir pas été avertis. « Ce genre d’intervention, nous ne les faisons pas sans sommation. D’ailleurs, ils avaient demandé un délai supplémentaire de cinq jours et nous le leur avons accordé. Il expirait samedi dernier. Malgré cela, certains, qui avaient déjà fait leurs bagages, sont revenus parce qu’on leur aurait dit qu’il n’y aurait pas de déguerpissement. Certains tenaient là-bas des recharges de gaz, une activité extrêmement dangereuse que nous devions stopper vaille que vaille. Les autorités veulent aménager un espace vert et permettre aux véhicules de mieux circuler. On ne peut pas développer un pays et laisser les gens carrément sur la chaussée sept jours sur sept’ . Nos tentatives de joindre le directeur du Conseil Exécutif des Transports de Dakar (Cetud), qui était sur les lieux hier, sont restées vaines.

Source: L'as

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Samedi 15 Novembre 2008





1.Posté par new york le 15/11/2008 06:20
MAIS WHAT'S UP? MEME A BROADWAY NEW YORK CITY IL YA DES MARCHANDS AMBULANTS .ROI DU SENEGAL PLEASE.

2.Posté par diallo le 15/11/2008 12:43
vous avez tout a fait raison freres, wade est un batard. un badolo de 1er ordre

3.Posté par aDAMA le 15/11/2008 18:16
WADE DAFA DOF .LA PREMIERE CHOSE A BALAYER C LE SENAT MERDE KI NE SERT A RIEN E C MINISTRE IGNORANT

4.Posté par pointini le 15/11/2008 18:27
mais il faut quand meme combattre l'anarchie. peut etre les trouver quelque part d'autre.

5.Posté par Lamnie le 15/11/2008 21:15
Maintenant c'est à la population de Colobane et HLM de se battre à côté de la police pour combattre cette anarchie, s'en est trop de ces sauvages qui ne respectent rien.

6.Posté par cool les gars le 16/11/2008 00:27
eh oui les promesses de campagne voila le resultat pire qu il ya juste huit annees

7.Posté par wore le 16/11/2008 09:06
les membres du gouvernement sont vraiment des ordures sans coeur ! ils ne se demandent meme pas comment ces pauvres gens vont nourrir leur famille !!!
C triste

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