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DECLARATION ET CADRE DE COOPERATION DU SOMMET INDE-AFRIQUE : Les termes d’un partenariat bénéfique aux deux parties

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DECLARATION ET CADRE DE COOPERATION DU SOMMET INDE-AFRIQUE : Les termes d’un partenariat bénéfique aux deux parties
Le ton a été donné avec la mesure permettant l’accès, sans taxe, des produits africains au marché indien, le deuxième au monde, après la Chine qui le dépasse d’une centaine de millions d’habitants. Au deuxième et dernier jour du sommet Inde-Afrique, la Déclaration de Delhi revisite la dimension économique et la met en perspective face aux défis comme la pauvreté, l’agriculture, la démocratie, la santé, les changements climatiques, la démocratie internationale, la technologie... Vaste chantier car, au-delà des discours, il faudra produire. Alors, le cadre de coopération, véritable feuille de route, exerce une fonction de veille pour une coopération qui se veut profitable aux deux parties.

Retour sur le théâtre des annonces faites par le Premier ministre indien. Retour sur la scène qui a vu le deuxième marché au monde (1,2 milliard d’habitants) s’ouvrir aux produits de l’Afrique. 34 des 53 pays du continent, classés parmi les moins avancés, sont concernés. Ce n’est pas la saison aux aumônes, ainsi que l’a clarifié le président de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré. Mais c’est tout de même « une révolution », comme l’a affirmé le président de la République, Me Abdoulaye Wade, défenseur du libre partenariat en dehors des canaux traditionnels offerts ou imposés par le Nord. Ce matin du mercredi, le Palais des congrès du South Plaza, joyau architectural sans fards de la capitale indienne, n’accueille pas « le cavalier » et « le cheval », rapport de serviabilité dénoncé par M. Konaré dans ses derniers mots sur les rapports traditionnels Nord-Sud. Il est plutôt question de partenariat, aussi bien dans la déclaration finale que dans le cadre de la coopération. Ces documents ont été adoptés par acclamation. Les esquisses de cette feuille de route, qui consacre un « tournant », ont été élaborées, dans un premier temps, par les ministres des Affaires étrangères.

Avant-hier, le huis-clos des chefs d’Etat, chefs de gouvernement et de délégation, ne s’est arrêté que des aspects essentiels, selon le Premier ministre du pays hôte, Manmohan Singh. Ses invités ont confirmé. Débats et discussions sans contrainte. Ce n’est pas une simple précaution diplomatique qu’ils ont prise. Le souci de traiter en partenaires est réel. Il n’y a pas, dans les discours, des envies de domination.

Quand les relations traditionnelles sont convoquées dans la longue marche vers l’indépendance, c’est pour saluer, aujourd’hui, les changements réalisés, en Inde comme en Afrique, en matière de démocratie, d’environnement économique et social. Les instruments de cette volonté de faire bouger les lignes sont l’Union africaine et ses institutions comme le Parlement panafricain, le Conseil économique, social et culturel, la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. Il y a aussi le Nepad, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep) et le Conseil de paix et de sécurité. L’Inde a emprunté la même trajectoire de renforcement de l’armature institutionnelle, de renforcement de la démocratie et de progrès économique à travers la réalisation de la sécurité alimentaire.

Développer les convergences

La Déclaration de Delhi engage les deux parties à développer ces convergences. D’ailleurs, le cadre de coopération, appelé de tous leurs vœux par les différents chefs de délégation, permettra d’assurer un suivi de ce partenariat dans les domaines politique, économique, sécuritaire, social et culturel. La science, la technologie, les ressources humaines, ainsi que d’autres domaines dignes d’intérêt, sont concernés. Le principe du « gagnant-gagnant » est fortement réaffirmé.

La Déclaration de Delhi souligne que tout partenariat doit profiter aux peuples. L’Inde, qui ne vient pas en donneuse de leçons, convient, avec l’Afrique, de la nécessité du respect de la souveraineté, de l’égalité, de l’intégrité des Etats membres ainsi que du renforcement de l’intégration africaine. Les différences ne seront pas un abîme infranchissable pour la rencontre des cultures. Le sommet encourage le dialogue des civilisations dans la perspective de la promotion de la culture de la paix, la tolérance et le respect de la diversité religieuse, culturelle, linguistique et raciale. L’égalité des sexes est aussi une préoccupation. Dans la mise en œuvre de cette coopération, les deux parties tiennent compte de la pluralité de systèmes sociaux et économiques, des niveaux de développement et de la promotion de la démocratie plurielle.

Le sommet de Delhi insiste sur ces points afin qu’ils portent une Afrique et une Inde fortes et prêtes à assumer leur destin, confrontées qu’elles sont aux défis du monde. Les changements climatiques, par exemple. Les Etats africains et l’Inde soulignent, au passage, que cette question est une des plus cruciale à l’heure actuelle. Les pays en développement, peu dotés de moyens adéquats, sont les plus vulnérables. Dans la déclaration, les pays développés sont invités à mettre en place un financement approprié et plus efficace que les fonds destinés au développement. Ils sont aussi invités à respecter leurs engagements pris dans le cadre de la réduction des gaz à effets de serre, à travers le Protocole de Kyoto. Le Premier ministre indien a proposé une convergence des émissions par tête d’habitant, dans les pays en développement comme dans les pays développés.

Démocratie internationale

Enfin, les promesses concernant les transferts de technologies, le financement et le renforcement sont dépoussiérées par les participants au forum de Delhi. Ces pays sont décidés à faire valoir leurs points de vue aux négociations dans le cadre du Plan d’action de Bali. Ces échanges, conformément à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, peuvent favoriser l’application du principe fondamental des responsabilités communes mais modulées en fonction des capacités respectives des pays.

Le commerce n’échappe pas à l’analyse des Etats ayant pris part au sommet. Se félicitant de l’engagement des pays les moins avancés dans le Cycle de Doha, des négociations sous la coupe de l’Organisation mondiale du Commerce (Omc). L’agriculture est un point essentiel, estime la déclaration. La sécurité alimentaire aussi. Le sommet en appelle à « une réduction considérable du soutien interne et des subventions accordées par les pays développés qui faussent le commerce ». Toujours sur cette question, les services et l’accès aux marchés préoccupent l’Inde et l’Afrique. Les deux parties réclament l’accès en franchise et sans quota pour les produits des Pays les moins avancés (Pma). Ces mesures doivent être doublées d’une assistance technique et d’un renforcement des capacités dans le domaine du commerce pour ces Pma.

Le sommet demande, en urgence, la réforme de l’architecture financière internationale, en particulier les institutions financières internationales, afin de permettre aux pays en développement de se faire entendre dans la définition des quotas et des droits de vote. Dans le sillage de cette demande, la réforme des Nations unies est souhaitée en vue d’une meilleure démocratisation de cette organisation.

L’élargissement du Conseil de sécurité à des membres permanents et non permanents est visé. L’Inde soutient la position africaine défendant l’idée d’un siège. L’Afrique rend les civilités à son hôte. Au-delà des Nations unies, les signataires de cette déclaration donnent des assurances sur leur engagement à renforcer leur coopération au G77 et au sein d’autres instances. L’objectif est de faire valoir leurs intérêts communs.

La Déclaration de Delhi dénonce aussi la prolifération de toute Arme de destruction massive. Elle en appelle à la mise en oeuvre du document final de la dixième session de l’Onu consacrée au désarmement, qui accordait la priorité au désarmement nucléaire. L’esprit de ce texte est conforme au Plan d’action Rajiv Ghandi de 1988 et au Traité de Pelindaba de 1995 faisant de l’Afrique une zone exempte d’armes nucléaires.

Enfin, un point a été consacré à la dénonciation du terrorisme international. Le document final du sommet met l’accent sur l’importance d’une Convention globale sur le terrorisme internationale sous l’égide des Nations unies. Une feuille de route a été adoptée pour la mise en œuvre des axes de coopération dans un délai d’un an. Le prochain sommet Afrique-Inde aura lieu en 2011, en terre africaine.

Ce que la feuille de route va changer : L’ouverture des marchés... et après ?

Ouvrir le marché à l’Afrique. Et après ? L’interrogation a été soulevée à l’ouverture par le président ougandais, Yoweri Museveni. Fustigeant le retard accumulé à cause de la mal gouvernance, des conflits entre Etats ou communautés, il étend ses craintes aussi à la capacité des producteurs africains à tirer profit des mesures douanières.

Comment produire ? Dans quel environnement économique ? Avec quels investissements ? Il urge d’y répondre, d’autant que le président de la République, Me Abdoulaye Wade, en économiste et homme d’Etat averti, a invité l’Afrique à saisir cette belle opportunité.

Le sommet a tenté d’apporter des réponses à de telles interrogations, à travers le cadre de coopération qui est une véritable feuille de route. Elle est destinée, dans un délai d’un an, à donner corps aux engagements pris à Delhi.

Il faut dire qu’ici, personne n’a voulu prononcer un beau discours et repartir en laissant les conclusions dans un tiroir. Dans la coopération économique, l’investissement direct étranger bénéficiera d’une attention particulière. Il apportera un souffle nouveau sur les Petites et moyennes entreprises (Pme) et aux programmes entrant dans le cadre d’une intégration de l’Afrique. L’agriculture est une priorité. Dans cette conférence, la question de la sécurité alimentaire a été récurrente. Elle est connexe à la pauvreté et à l’amélioration du mode de vie des populations. Le document cadre propose l’accès au crédit, le renforcement des capacités, le partage des expériences, la coopération dans la gestion de l’eau, le développement des infrastructures agricoles, le transfert des technologies agricoles appliquées, le renforcement des capacités des petits producteurs africains, la diversification des produits alimentaires et agricoles. Sur ce point, le traitement, la transformation et le stockage des produits sont des pistes qui ont eu du succès. Les produits seront hissés au niveau des standards internationaux. Pour le commerce et l’investissement, les tâches sont aussi importantes. En plus de l’assistance technique et du renforcement des capacités en vue d’une meilleure compétitivité, l’Inde et l’Afrique consolideront les échanges entre leurs entreprises, mettront en place un mécanisme de participation commune aux foires, organiseront des délégations d’affaires, se battront pour la mobilisation des ressources et promouvront la gouvernance des entreprises et leur responsabilité sociale.

Le volet Pme est important à travers un programme de développement de l’esprit d’initiative, le renforcement des capacités dans la formulation de politiques, le développement d’un cadre institutionnel, la promotion de joint-ventures africaines et indiennes, la promotion de l’exportation des projets des Pme sur la base de contrats clés en main. Face à ces programmes, les finances ne sont pas absentes du pipeline.

L’Inde et l’Afrique veulent renforcer les cadres de politiques et de réglementation du secteur financier avec un accent particulier sur la micro-finance. Il y a aussi le partage d’expériences sur la mobilisation de l’épargne nationale, le développement des systèmes commerciaux automatisés pour la Bourse des actions, ainsi que le développement de la Bourse des actions transfrontalières (exemple de la Bourse panafricaine). Enfin, des ressources financières seront mobilisées pour le financement de divers projets entrant dans le cadre de la coopération.

Source: Le Soleil

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Jeudi 10 Avril 2008

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