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DÉCHARGE DE MBEUBEUSS : Une source de survie pour démunis

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Une véritable source de survie. C’est ce que représente la décharge de Mbeubeuss pour les centaines de personnes qui y gagnent leur vie. C’est pourquoi, elles ne souhaitent pas la fermeture du site comme envisagée, même si elles vivent dans des conditions sanitaires exécrables.



DÉCHARGE DE MBEUBEUSS : Une source de survie pour démunis
Au bout d’un chemin cahoteux de près de deux kilomètres, des montagnes d’ordures s’érigent au milieu d’une vaste étendue. Nous sommes à Mbeubeuss. Un dépotoir d’ordures qui accueille chaque jour des centaines de personnes qui y trouvent leur gagne pain. Située à environ vingt kilomètres de Dakar, cette décharge a été ouverte en 1970, après la fermeture de celle de Hann. Cette vaste étendue est devenue aujourd’hui une montagne au milieu d’une plaine. Toutes les tranches d’âge s’y côtoient. Jeunes, adultes et même des enfants. Une barre de fer dans une main et dans l’autre un sac, ils fouillent quotidiennement dans les ordures à la recherche d’un objet quelconque qu’ils pourraient revendre. Ils ne semblent guère dérangés par l’odeur nauséabonde qui se dégage.

Dans un premier temps, les récupérateurs se montrent hostiles à toute communication. Mais, progressivement, ils acceptent de parler de leur quotidien dans cette décharge d’ordures. C’est ainsi qu’un jeune homme répondant au nom de Saliou Bane vient à notre rencontre. Ce ferrailleur est un des nombreux jeunes qui fréquentent ce dépotoir. « Je viens tous les jours à 7 heures. Mon travail consiste à chercher des toiles en plastique dans les ordures. Certains cherchent des barres de fer, d’autres des morceaux de bois etc. Je m’en sors pas mal. Parfois, je peux rentrer avec 10000 f Cfa ». Ce milieu n’est pas seulement fréquenté par des Sénégalais. On y trouve, entre autres, des Nigérians, des Maliens,des Guinéens.

C’est le cas d’Emmanuel, un Nigérian devenu récupérateur parce qu’il n’a pas pu trouver de travail, faute de pouvoir parler Français ou Wolof. « Je suis venu au Sénégal chercher du travail. Mais, puisque je ne parle ni Français ni Wolof, je n’ai pas pu en trouver. C’est ainsi que je suis venu ici pour subvenir à mes besoins. Cette décharge constitue ma principale source de vie. Je sais que ce n’est pas un travail honorable, mais je le fais, malgré moi ». En dehors des adultes, des enfants sont aussi parvenus à trouver leur place dans cette décharge. Sur les lieux, certains se précipitent sur des camions dès leur arrivée. Alors qu’ils sont en train de récupérer des objets à revendre dans les camions qui viennent de stationner pour déverser des ordures ménagères, certains sont projetés à terre en même temps que les ordures avant qu’ils n’aient le temps de sauter. Serigne Mbacké est l’un de ces enfants qui fréquentent Mbeubeuss. Il explique : « Je suis dans une école coranique. Je viens ici tous les jeudis quand je n’ai pas cours. J’accompagne mon grand frère et tout ce que je gagne je le donne à ma maman qui me le garde .

Hostilité à toute fermeture

Autour de la décharge sont érigés des abris qui servent de concessions. Deux villages sont situés de part et d’autre de la décharge : « Guy gui » et « Baol ». Si « Guy Gui » sert de résidence à certains récupérateurs, « Baol », par contre, est un lieu de dépôt et de revente des objets ramassés, puis triés. Des familles entières vivent de ces activités. C’est pourquoi, les récupérateurs disent être contre la fermeture du dépotoir comme prévu depuis quelques années. « S’il ne dépendait que de nous, on laisserait la décharge sur place, mais nous ne pouvons rien contre le gouvernement », confie le vieux Ibou Diop. D’ailleurs, ils sont nombreux les récupérateurs qui s’opposent à la fermeture de cette décharge. Dans ce cadre souligne un récupérateur qui porte le surnom de Zidane : « Nous aurions pu être des malfaiteurs, mais nous préférons gagner notre vie à la sueur de notre front. Donc, si le gouvernement doit fermer le site, il doit nous trouver une alternative. Sinon, nous serons obligés de nous déplacer là où la décharge sera transférée ».

L’hygiène, pas un souci pour les récupérateurs

A la décharge de Mbeubeuss, les mains des récupérateurs sont en contact direct avec les ordures. Leurs habits ont même fini de prendre la couleur noirâtre des saletés.

C’est sur des tas d’immondices que de jeunes femmes ont installé leur petit commerce. Ainsi, crème glacée, eau fraîche, cacahuètes, etc., cohabitent avec les ordures. A propos des risques de contraction de maladies, les récupérateurs sont unanimes.

Ils disent être immunisés avant d’évoquer la protection de Dieu. Zidane avance : « Nous sommes tous immunisés. Nous avons déjà réglé le problème des petites maladies que vous contractez ». Saliou Bane d’ajouter : « Il n’y a que la protection de Dieu qui peut sauver les personnes, même ceux qui ne sont pas au contact avec les ordures ».

Le Nigérian Emmanuel, pointant un doigt vers le ciel, lance : « Only God can protect us » (Seul Dieu peut assurer notre protection). Ces propos tenus par les récupérateurs sont corroborés par ceux de l’infirmier Mamadou Lamine Camara qui déclare, en six ans, avoir rarement reçu la visite de récupérateurs malades. Quant aux vendeuses, elles ne trouvent aucun inconvénient à exposer leurs marchandises dans ces saletés. « Nous avons toujours été ici, pourtant nous n’avons jamais rendu quelqu’un malade » Juste pour souligner que le risque de contracter une maladie au contact des objets récupérés dans ces ordures ne se limite pas seulement aux récupérateurs. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’ironie de Zidane : « Les gens s’acharnent sur nous, alors que tout ce qui est récupéré ici est revendu dans la ville ».

Babacar Willane et Ndèye Khady Niang Badji (Stagiaires)
Source Le Soleil




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Lundi 27 Juillet 2009





1.Posté par Moussa le 27/07/2009 09:12
cette zone est une honte pour notre ville capitale

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