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Crise à la Société générale de Paris : Les répercussions du scandale financier au Sénégal

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Si l’on s’en tient aux déclarations des autorités françaises, une Offre publique d’achat (Opa) franco-française est en train de se monter pour sauver la Société générale de Paris. Et il se pourrait bien que la banque soit absorbée, du moins en partie, par une de ses consœurs. C’est l’avis du président-directeur général de Cgf Bourse, Gabriel Fall. Dans ce cas, croit-il savoir, les conséquences de la crise en Afrique et particulièrement au Sénégal ne pourront être ressenties qu’à travers le changement de sigle et des dirigeants.



Crise à la Société générale de Paris : Les répercussions du scandale financier au Sénégal
Wal Fadjri : A votre avis, que s’est-il passé à la Société générale de Paris ?
Gabriel FALL : La Société générale était réputée avoir les meilleurs systèmes de contrôle en France et même en Europe. Sur la fraude qui y a été découverte, les enquêtes sont en cours. Par conséquent, il est difficile de se prononcer au stade actuel de la procédure. Mais, personnellement, je ne crois pas au trader fou ou au hacker surdoué qui aurait tenu tête aux systèmes de contrôle de la banque pour faire gagner de l’argent à la banque. Dans les opérations de marché, pour surveiller les positions d’un trader, il y a plein d’autres recoupements possibles, notamment au niveau des appels de marge, des mouvements de trésorerie, des liquidations de positions de change qui ne sont pas compatibles avec les premières explications données dans cette affaire. En plus, cette histoire d’affecter la récente levée de fonds de 5,5 milliards d’euros à la compensation de la perte sur les marchés est bizarre dans la mesure où une levée de fonds se prépare dans la durée pour des motifs préalables et non pas a postériori.

Wal Fadjri : Quelles peuvent être les implications pour les clients des filiales africaines de cette banque ?

Gabriel FALL : Si l’on s’en tient aux discours de M. Sarkozy et de M. Fillon (le président et le Premier ministre français, Ndlr), je pense qu’une Offre publique d’achat (Opa) franco-française est en train de se monter et il se pourrait bien que la banque soit absorbée, du moins en partie, par une de ses consœurs. Dans un tel cas de figure, les clients africains et sénégalais ne verront qu’un changement de sigle et peut-être de nouvelles têtes aux directions des filiales africaines.

Wal Fadjri : Peut-on pour autant d’attendre à une Opa hostile ?

Gabriel FALL : Il arrive souvent que les directions d’entreprises, objet d’une proposition d’Opa, oublient que ladite proposition est faite aux actionnaires, pas à la direction. Or, quand on parle d’hostilité en matière d’Opa, cela veut dire que la direction en place s’y oppose d’emblée, sans attendre la décision des actionnaires. Personnellement, je pense que dans ce type de dossier, ce sont les ‘grands’ actionnaires qui feront pencher la balance. Il se trouve que ces derniers sont des gens avertis auxquels il est bon de laisser la liberté de choix.

Wal Fadjri : On parle beaucoup du danger que représentent les traders, qui sont à la base de cette crise à la Société générale de Paris. Quel est leur rôle véritable ?

Gabriel FALL : Les banques sont en compétition les unes avec les autres et aussi avec les autres sociétés cotées en bourse pour pouvoir rémunérer leurs actionnaires et lever des capitaux dans les meilleures conditions possibles. Pour cela, il faut que les résultats financiers soient au rendez-vous. Aujourd’hui, on peut dire que 10 à 25 % du résultat des banques relèvent des activités de marchés. Or, les activités de salle de marchés pour compte propre ne sont rien d’autre que de la spéculation. Qui sont de loin les mieux payés dans les banques, si ce n’est le trader ? Mais avec des revenus d’environ 100 000 euros par an, Jérome Kerviel, le trader de la Société générale à l’origine du scandale, est à mon avis l’un des plus mal payés dont j’ai entendu parler. Certains gagnent facilement, entre leur fixe et leurs sacro-saints bonus, entre 1 et 5 millions d’euros pour les meilleurs, en fonction de l’argent qu’ils font gagner à la banque. Un trader est un opérateur très spécialisé qui gère du risque et quelquefois du très haut risque dans les salles de marché par l’intermédiaire de moyens techniques très complexes. Dans la mesure où il a le pouvoir d’engager la banque pour des sommes considérables, surtout sur les produits dérivés, (le produit dérivé d’une valeur représente l’équivalent de son exponentiel en mathématiques), il est strictement encadré par des systèmes de contrôles croisés humains et informatiques.

Wal Fadjri : Peut-on mettre des garde-fous contre les crises financières ?

Gabriel FALL : Est-ce souhaitable ? Les crises permettent de cerner les insuffisances des systèmes, de réduire les risques, de mobiliser les hommes et les compétences, d’améliorer la supervision et la réglementation des marchés. Bref, d’accélérer l’histoire, et ce dans tous les domaines, y compris la finance.

Propos recueillis par Fatou K. SENE

Source: Walfadjri

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Mardi 5 Février 2008

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