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Côte d'Ivoire : De nombreuses victimes des déchets toxiques pourraient ne pas être indemnisées

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Parce qu’elles ont été soignées dans des centres de santé non agréés par le gouvernement, des milliers de personnes empoisonnées par des déchets toxiques illégalement déversés en Côte d’Ivoire en août 2006 risquent de ne recevoir aucune indemnisation, selon un chercheur, qui a étudié les cas des victimes ; et ce malgré les 198 millions de dollars versés à l’Etat par les responsables dans le cadre d’un règlement à l’amiable. D’après le chercheur, son étude est la seule à dresser le bilan des victimes dont le nom est susceptible de ne pas figurer sur les listes d’indemnisation du gouvernement, listes qui reposent sur les registres d’inscription des hôpitaux agréés par l’Etat.
Seize personnes ont trouvé la mort et des dizaines de milliers d’autres sont tombées malades en août 2006, lorsque des déchets toxiques, acheminés par bateau, ont été déversés dans des quartiers résidentiels d’Abidjan, la capitale commerciale. Le gouvernement – après avoir signé un accord sur cette décharge illégale en février – a dressé une liste de quelque 95 000 victimes, en tenant compte des informations communiquées par les hôpitaux publics. Or, de nombreuses personnes sont allées se faire soigner dans des centres non agréés par l’Etat ou auprès de guérisseurs traditionnels, et ne se sont pas présentées à ces hôpitaux pour y être inscrits. Ces victimes, selon le chercheur, pourraient ne pas être indemnisées. ‘Il est évident que selon les critères [du gouvernement], de nombreuses victimes ne seront pas indemnisées, bien qu’elles continuent de souffrir’, a expliqué à Irin Dongo Kouassi, du Centre suisse de recherche scientifique (Csrs), en marge d’une conférence qui se tenait à Abidjan, la capitale commerciale. ‘Selon les conclusions d’une enquête menée par le centre, la première du genre dans le pays, plus de 60 pour cent des victimes des déchets toxiques sont allées se faire soigner dans des centres de santé non-conventionnels, non-reconnus par l’Etat’, a-t-il expliqué au cours de sa présentation, lors de la conférence. ‘Dès lors, il est évident que la majorité des victimes ne recevront rien’. Selon M. Kouassi, dans le cadre de son enquête, menée à la fin de l’année 2006, le Csrs s’est rendu dans plus de 800 foyers situés près de 14 sites pollués, à Abidjan. Le Csrs prévoit de présenter ses résultats au gouvernement à la fin du mois de septembre, avant de publier son rapport. Selon la liste du gouvernement, 95 247 personnes auraient été touchées par les déchets, acheminés jusqu’au port d’Abidjan à bord d’un navire affrété par Trafigura, une multinationale néerlandaise. Trafigura a eu recours aux services d’une société ivoirienne agréée par le gouvernement pour décharger les boues, déversées dans toute la ville. Le problème repose en partie sur le fait que l’on ne sait pas vraiment quelles sources a utilisées le gouvernement pour dresser sa liste.

'Nous devons déterminer clairement quels noms figurent sur la liste et comment ils y sont arrivés’, a déclaré M. Dongo à Irin. M. Dongo a dit espérer que la présentation des données recueillies sur les personnes qui sont allées se faire soigner dans des centres non-agréés permettra d’assurer que celles-ci seront ajoutées à la liste. Un porte-parole du ministère de la Santé a reconnu que certaines victimes risquaient de ne pas être indemnisées. ‘Nous savons que certaines personnes ont reçu des soins médicaux dans des centres [non-agrées] ou d’autres endroits’, a admis N’da K. Siméon. ‘C’est dommage qu’elles aient été exclues’, a ajouté M. N’da. ‘Nous ne nous occupons pas de cette question d’indemnisation. C’est l’unité présidentielle qui en est chargée et qui a défini les règles sans nous consulter’. Toutefois, à en croire le bureau présidentiel chargé de la question des déchets toxiques, ce serait l’inverse. ‘[La liste] nous a été envoyée par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publiques’, a indiqué Mathieu Zadi à Irin. ‘Ce travail a été réalisé par l’Institut d’hygiène publique, financé par l’Organisation mondiale de la santé. Si le ministère de la Santé ne reconnaît pas cela, c’est qu’il refuse de prendre ses responsabilités’. Les responsables du bureau présidentiel n’ont pas souhaité s’exprimer spécifiquement au sujet de l’étude du Csrs. Selon un avocat représentant les victimes des déchets toxiques, ses clients font pression en faveur d’une liste d’indemnisation supplémentaire. ‘Le gouvernement a dressé une liste des personnes qui sont allées se faire soigner dans les centres de santé publics’, a expliqué Martyn Day, avocat au cabinet britannique Leigh Day & Co ; celui-ci représente quelque 8 000 Ivoiriens qui disent avoir été affectés par les déchets toxiques, dans le cadre d’une action collective intentée par M. Day contre Trafigura, la multinationale pétrolière. ‘Ils ont fait un excellent travail, en dressant cette liste de 100 000 personnes qui [sont allées se faire soigner dans les centres publics].

Néanmoins, il est aujourd’hui évident que la liste ne tient pas compte de certains centres publics – nous pensons qu’il s’agit tout simplement d’une erreur administrative – ni des centres de santé privés. Nos clients demandent au gouvernement de dresser une liste supplémentaire qui inclurait [les personnes qui ont été soignées dans ces centres]’. ‘Nous suggérons [le recours à] une nouvelle méthode qui permettrait d’identifier les victimes réelles et de leur apporter l’aide dont elles ont besoin, au risque de les voir périr’, a déclaré M. Dongo du Csrs, lors de la conférence d’Abidjan. Dans le cadre d’un règlement à l’amiable conclu en février, Trafigura a accepté de verser l’équivalent de 198 millions de dollars au gouvernement ivoirien. Une partie de cette somme doit être consacrée au nettoyage des sites de déversement des déchets, une autre partie à l’indemnisation des victimes. Selon les autorités, la procédure d’indemnisation-compensation est une tâche délicate qui prend du temps, compte tenu du risque de revendications frauduleuses et parce qu’il est important d’indemniser les victimes légitimes. Selon le site du gouvernement, le 11 septembre, 36 467 victimes ou familles de victimes décédées avaient reçu des dommages. Les versements ont débuté le 29 juin et se poursuivent.

Source: Walfadjri

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Mercredi 19 Septembre 2007


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