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Communication Parents-Enfants : Les tabous sur la sexualité persistent

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Au Sénégal, la sexualité demeure un tabou. Rares sont les parents qui discutent de ces questions avec leurs enfants. Cependant, certains d’entre eux sont en train de faire des efforts en initiant, à leur manière, une forme de communication ayant trait à la sexualité avec leurs enfants.



Communication Parents-Enfants : Les tabous sur la sexualité persistent
« Au Sénégal, parler de la sexualité n’est pas une chose facile. C’est même complexe. C’est pourquoi, je n’aborde pas directement les problèmes de sexe avec ma fille âgée aujourd’hui de 17 ans. Mais, il m’arrive de lui donner des conseils sur la façon dont elle doit se comporter pour éviter de tomber dans les pièges des garçons », confie Vincent Gomis sur un ton ferme. Connaissant les pièges de la drague, M. Gomis invite les parents à communiquer avec leurs enfants sur les questions liées à la sexualité même s’il pense, comme Abdoulaye Diop, que c’est un travail qui doit être fait par les femmes.

Justement, sur le rôle principal des femmes dans la sexualité de leurs enfants, des jeunes filles apportent leurs idées. Binta Diallo, 17 ans et élève dans un établissement de la place, déclare avec beaucoup de regret n’avoir jamais bénéficié des conseils de sa mère lorsqu’elle a commencé à voir ses premières règles, par exemple. « Elle m’a laissée me débrouiller toute seule, malgré tous les problèmes que j’avais et dont j’ignorais l’origine en ce moment-là, car j’étais encore plus jeune, je n’avais rien compris et j’avais honte d’en parler. Ma mère ne me donnait pas l’occasion de le faire », soutient la jeune collégienne au milieu de ses copines très gênées par les propos de leur camarade.

Une autre demoiselle, l’air timide, signale dans la même foulée que sa maman lui demande souvent de se méfier des garçons si elle veut rester vierge jusqu’au mariage. « Mais, jamais elle n’aborde la sexualité en tant que telle avec moi. Je crois que c’est quelque chose de tabou au Sénégal, et c’est à nous, jeunes d’être vigilants », conseille la jeune fille à ses camarades en baissant sa tête.

Si les jeunes filles regrettent le fait que leurs mamans ne parlent pas de sexe avec elles, pour leur permettre d’en savoir plus, Fatou Ndiaye, jeune mère, n’est pas du même avis. Mère d’une fille de deux ans, elle estime que c’est aux jeunes filles d’aller vers leurs mamans et de leur poser des questions sur le comportement à avoir face aux premières règles, par exemple.

Difficile d’en parler devant les enfants

Quant à la question liée directement à la sexualité, la jeune femme est restée plusieurs secondes avant de balancer sa tête et d’avancer : « Je suis désolée, mais je n’aime pas parler de ces questions avec des personnes que je ne connais pas, surtout les garçons, « baalma rek » (désolée) ».

Plus loin, interpellées, des femmes, après avoir furtivement jeté des regards à gauche et à droite refusent tout simplement de répondre à nos questions. À une dizaine de mètres, une femme de teint clair, assise à côté de ses filles dont l’âge varie entre 18 et 20 ans, est en pleine conversation avec ces dernières. Codou Sow nous reçoit sans ses enfants. A la première question, elle souffle, reste statique en cherchant ses mots avant de répondre. « Vous m’avez posé une question difficile. Je ne parle pas directement des questions de sexualité avec mes enfants. Ce n’est pas facile d’en parler », avoue-t-elle. Mais, il y a plusieurs manières d’aborder les questions de sexualité avec les jeunes. « Quand ma fille commence à voir ses règles, je l’aide en la préparant psychologiquement car, vous savez, il y a plusieurs types de règles. Certaines se manifestent par des douleurs et la jeune fille doit prendre des médicaments pour les atténuer. Quant à parler de la sexualité, j’avoue encore une fois que ce n’est pas facile, il m’arrive de temps à temps de demander à mes filles de préserver leur virginité jusqu’au jour du mariage », explique Mme Codou Sow.

L’éducation joue un rôle important dans la sexualité, selon Etienne Diène. « On peut ne pas parler directement de la sexualité à son enfant. Mais, il faut lui donner une bonne éducation basée sur la religion. Car, en inculquant à une jeune fille les valeurs religieuses, cela peut l’aider à se méfier et à ne pas tomber dans les pièges des garçons », estime notre interlocuteur.

Mme Aminata Abou, foulard à la tête, invite les parents, principalement les mères de famille, à parler des questions relatives à la sexualité à leurs filles. Selon elle, la communication, sur ce plan-là, peut aider les filles à ne pas s’exposer aux maladies sexuellement transmissibles. Au Sénégal, regrette Vincent Gomis, beaucoup d’hommes ne sont pas corrects avec les jeunes filles. C’est pourquoi, « les parents doivent rester vigilants avec leurs enfants, les contrôler, fouiller leurs bagages chaque jour et discuter avec elles sur leur sexualité », pense-t-il.

Si notre interlocuteur estime que cette tâche doit être partagée entre époux, les autres hommes soutiennent que c’est du ressort exclusif de la femme de s’en occuper. Mamadou Diop est catégorique sur le rôle de son épouse quant à la sexualité de leurs enfants, surtout des filles. « Si ma fille tombe en état de grossesse avant son mariage, c’est parce que sa maman n’a pas bien fait son travail. Et je suis prêt à mettre la fille et sa maman à la porte parce que ce serait un déshonneur pour la famille. Cette fille ne mériterait plus de porter mon nom de famille ! », s’exclame-t-il à côté de sa femme qui ne dit rien.

Les garçons très peu concernés

Si du côté de jeunes filles adolescentes il arrive, même si c’est rare, que les parents leur donnent des conseils sur la sexualité, cela ne se fait pas chez les garçons du même âge. Selon les adolescents rencontrés, les parents ne leur parlent pas de sexualité. Et un jeune garçon de 16 ans, après quelque moment de réflexion, parle avec beaucoup de méfiance en avouant que c’est honteux d’aborder la sexualité avec les parents. « Les miens me donnent toute sorte de conseils, mais jamais ceux liés à la sexualité. Seuls les grand frères abordent des fois, cette question avec moi, mais tout juste pour me demander de faire attention, de me concentrer sur mes études, ou de prendre des précautions en me protégeant parce qu’il y a beaucoup de maladies sexuellement transmissibles ».

Ousmane Sarr confirme les propos de son ami et déclare : « Moi, je vois rarement mes parents et quand ils sont devant moi, ils sont préoccupés par autre chose que par les questions de sexualité. Je pense que les parents doivent prendre un minimum de temps pour nous donner des conseils sur ces genres de phénomènes et nous permettre de ne pas commettre des erreurs que nous pourront regretter durant toute notre vie. La sexualité ne doit plus être une question taboue dans nos familles », lance le jeune élève sous les regards du premier intervenant.


Eugène Kaly
Source: Le Soleil

Article Lu 1920 fois

Mardi 25 Septembre 2007





1.Posté par NDIAYE le 25/09/2007 13:27
dssd

2.Posté par Chimère le 25/09/2007 15:01
je sui parfaitment daccord avec ce père de famille qui dit qu'il faut donner aux enfants une éducation religieuse car c'est l'essentielle. avec une bonne éducation ............

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