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Cinéma Projection du documentaire Cette couleur qui me dérange : Khady Pouye sonne l’alerte sur le xessal

La dépigmentation a pris des proportions inégalées au Sénégal. De nombreuses femmes leaders d’opinion en sont même devenues les promotrices. Une situation qui a poussé la réalisatrice Khardiata Pouye à produire un film intitulé : Cette couleur qui me dérange. Ce documentaire engagé et au titre évocateur a été projeté jeudi dernier à l’Institut français de Dakar.



Cinéma Projection du documentaire Cette couleur qui me dérange : Khady Pouye sonne l’alerte sur le xessal


Ministres, directrices de société, vedettes, artistes ou encore intellectuelles de renom… Elles sont nombreuses les Sénégalaises, leaders d’opinion, qui participent incidemment à faire la promotion des produits de dépigmentation appelés xessal. Un constat qui a poussé la réalisatrice Khardiata Pouye Sall à prendre sa camera pour dénoncer le phénomène. Dans un film de 26 mn au titre assez évocateur, la réalisatrice a brisé le silence des autorités sur ce phénomène dévastateur. Pour elle, le xessal cause énormément de souffrances aux femmes qui s’y adonnent. Khardiata Pouye Sall, estime pour cela que l’alerte n’est pas suffisamment donnée, hormis les quelques activités menées par des associations de médecin et qui n’ont pas beaucoup d’impact. Cette couleur qui me dérange (le titre du film documentaire) s’emploie donc à sonner l’alerte. Surtout devant la passivité des pouvoirs publics. «Si les autorités bloquent l’entrée de ces produits dans le pays, les femmes n’auront plus le moyen de s’adonner à cette pratique», s’indigne Mme Sall dont le film donne la parole à plusieurs personnes ressources dont un douanier. Celui-ci, comme pour mettre le doigt sur le mal, précise même que «tout ce que la loi de­mande, c’est que ces produits s’acquittent des droits de douanes». A quand donc la prise de conscience et la volonté politique des gouvernants pour enrayer le mal ?
Ce documentaire projeté jeudi dernier, à l’Institut français de Dakar, révèle par ailleurs, les astuces des femmes qui s’adonnent à cette pratique. Aidées par des hommes avides de gains faciles, ces femmes détournent de leur destination première, nombre de produits naturels pour en faire les vecteurs de leur changement de peau. «Devenir clair à tout prix.» Tel semble être le crédo de ces femmes qui ne lésinent ni sur les moyens, ni sur l’imagination pour concocter des recettes meurtrières qui finissent à la longue par avoir raison de leur magnifique peau noire. Mais qu’est-ce qui les poussent à cette pratique autodestructrice ? «Les femmes sont souvent influencées par leur entourage. Elles ont une sœur qui le fait, elles sont allées à une cérémonie ou elles n’ont pas eu de succès parce qu’elles étaient noires, ou encore c’est parce qu’il y a un homme derrière qui leur dit qu’il préfère une femme claire. Il y a tout un tas de raisons qui font que ces dames font le xessal sans se rendre compte de ce qu’elles sont en train de perdre» explique Khady Pouye, par ailleurs réalisatrice à la Radio­diffusion télévision du Sénégal (Rts).

Une large diffusion pour enrayer le mal

Cette couleur qui me dérange, prouve image à l’appui que dans un premier temps, le xessal fait la fierté de ces dames. Mais ce documentaire révèle tout aussi qu’au fil du temps, le revers les amène irrémédiablement chez un dermatologue. Pour preuve, au service dermatologie de l’hôpital Aristide Le Dantec où la réalisatrice a fait promener sa caméra, les consultations liées au xessal constituent 30% des motifs de consultation. Aussi, les images terribles des séquelles que peut entraîner cette pratique, sont autant de mises en garde qu’elle laisse voir aux adeptes. Des séquelles qui peuvent entraîner aussi bien un cancer de la peau qu’une Érysipèle mortelle. Dans une autre dimension, les souffrances psychologiques sont tout aussi incalculables ont expliqué les médecins, pour décourager toute personne qui se dépigmente. Ce film documentaire mérite bien une large diffusion sur les chaînes de télévision du pays. Mme Gnagna Sidibé, directrice de la Télévision nationale, venue rehausser de sa présence cette projection, s’est déjà engagée pour une large vulgarisation de Cette couleur qui me dérange.

mamewoury@lequotidien.sn

Dimanche 9 Septembre 2012



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