Référence multimedia du sénégal
.
Google

Chronique de l’improviste: Le pouvoir en Wadésie

Article Lu 1509 fois

Au beau milieu d’un quartier chic de Paris, l’Elysée bénéficie d’un parc de deux hectares, dans lequel se déroule notamment, chaque 14 juillet, la fameuse "garden party", réception donnée en l’honneur de la Fête nationale de la République française.



Chronique de l’improviste: Le pouvoir en Wadésie
C’est donc dans cet immense jardin, que Maître, sûrement ébloui par la beauté des lieux, entre une rivière (La Serpentine), des bosquets, des statues, des îlots, des massifs floraux, complètement détaché de la réalité, comme un essuie-glace, a effacé les décomptes de voix sanctionnés par l’imprimatur du Conseil Constitutionnel, seule autorité en matière de validations de scores électoraux, pour « gratifier » l’opposition d’un score de 1,1 ou 1,2%. Après s’être arraché les cheveux (je ne trouve pas d’autre expression), parce que l’opposition, disait-il portait les problèmes internes du Sénégal à l’étranger, c’est Maître lui-même, dans les jardins de l’Elysée, qui en débat, avec de prompts réflexes accompagnés d’une moue dédaigneuse et que n’ont entamés ni le grand âge venu, ni les législatives « gagnées » avec 64% d’abstention. Mais nous commençons par y être habitués. Chaque fois qu’il se retrouve parmi les "grands" et les "puissants" de ce monde (il revenait de la réunion du G8), et après avoir posé pour l’éternité avec les (vrais) décideurs, le président sénégalais (des Sénégalais) perd, par moment le sens des réalités.

Le choc de la non-participation de 64% des électeurs inscrits sur le fichier, a dû être vertigineux et fait perdre à Maître, de sa superbe. A force de croire que nous sommes encore en mars 2000, Maître, président de la République du Sénégal, Secrétaire général du Pds a fini par prendre le melon. Lorsque la totalité des institutions, ajoutez-y la télévision nationale se mettent en alignement avec sa seule volonté, à son service et celui de sa famille, de ses amis et des siens, alors, la caste, éblouie par les mille reflets complaisants des écrans cathodiques, danse la farandole épanouie de l’ivresse du pouvoir.

Pour nous expliquer le fort taux de non-participation aux législatives, les trente-six raisons d’Arlequin ont été évoquées. « C’était le jour de la Pentecôte (pour les militaires et para-militaires). Or vous savez que les Sénégalais ont un sens élevé de la religion. Les militaires ont été envoyés en mission à Poponguine » (Mbaye Ndiaye, chargé des élections au Pds). « Les femmes sont allées au marché et après avoir fait la cuisine, elles viendront voter » (Pape Diop- Maire de Dakar). Comme si le 25 février, les marchés étaient fermés ! La bêtise, quand elle est dite par des « responsables », c’est là qu’elle brille ! Mais au Sénégal, le ridicule ne tue pas. Sinon, ils tomberaient comme des mouches

La présidentielle est dépassée depuis bientôt quatre mois et nous sortons des législatives, et Maître continue d’animer les deux campagnes. Preuve s’il en est, est cette grande affiche de campagne électorale (pour ne pas être « brouillée », elle est gardée le soir par deux policiers,) ayant pour cimaise le mur de la gare ferroviaire de Dakar. Même Dupond et Demba semblent presser le pas, se demandant sûrement pourquoi ils sont dévisagés de cette façon depuis quelques mois. Ruades pour ses concurrents à la présidentielle et boycotteurs des législatives. Roucoulades pour les 13 partis (d’opposition) qui ont compéti aux législatives, et siégeront avec le sien à l’Assemblée nationale. En fait, il a perdu de sa superbe, si superbe il y avait, depuis le 25 février. Il a beau essayer de se la jouer grand seigneur, grand horloger de la scène politique et du monde, il vient seulement de se rendre compte qu’[il] a « perdu trop de temps avec le Nepad ». Temps perdu ou simplement parce qu’il n’en est pas la « vedette » ? En Espagne la semaine dernière, il a demandé « plus d’investissements » pour endiguer le flot continuel des jeunes qui s’embarquent dans les pirogues, malgré le dispositif Frontex. Le plan Reva ne devait-il pas calmer leurs angoisses qui minent cette jeunesse au pied du mur de l’avenir ?

Lui, président attrape-tout, qui préside, insuffle, explique, inspire. Toujours en première ligne. Il gouverne. Certainement. Il a tellement gouverné que le conte de fée s’est mué en compte de faits. Tout est déglingué. De haut en bas. Un colonel de la Grande Muette discourt et se fait porte-parole de Idrissa Seck, avec, précise t-on, l’autorisation de ce dernier. Et nous qui croyions naïvement, qu’un officier, de surcroît en activité à la Présidence de la République était soumis à une stricte obligation non pas de réserve, mais de silence et devait se tenir hors de la sphère de la politique ! S’il pouvait lui arriver de rompre ce silence, cela ne pourrait être qu’avec l’autorisation expresse de sa hiérarchie, par laquelle, même le président de la République est tenu de passer. Et voilà qu’on apprend qu’il tenait son autorisation de parler de politique politicienne d’un chef de parti proscrit et en rupture de ban. Quel pays ! Confusion des rôles, mélange des genres. Il est vrai, rien n’étonne plus dans la galaxie Wade.

Au temps de sa très longue carrière pamphlétaire, Maître flagella les abus et violations de toutes sortes, ouverts ou sournois, qu’il imputait à la République de Senghor puis à celle de Diouf. Il leur reprocha sans discontinuer, des abus de pouvoir permis par une Constitution trop souvent tournée ou remodelée au gré des circonstances. Venu au pouvoir, sa lecture des institutions, dès mars 2000, et l’idée même qu’il se fait de sa fonction ont laissé très peu de place à une logique républicaine. En République, par exemple, on ne se choisit pas un successeur. D’abord, à l’évidence, parce que le suffrage universel est le seul arbitre qui légitime un Chef d’Etat. Ensuite parce qu’un président n’a jamais eu le goût d’envisager sa fin politique. Au mieux, il s’y résigne, comme on abdique.

Mais en Wadésie, on n’abdique pas. On lance un ballon de sonde et on observe. Et on fait des promesses. « Le président fait dire qu’il n’a pas de dauphin et ne compte pas en avoir. Le moment venu, des élections ouvertes, libres et démocratiques permettront au peuple sénégalais de choisir son successeur ». Maître ne nous a-t-il pas habitués à clignoter à droite et tourner à gauche en remontant allègrement tous les sens interdits ?

Promesses répétées par des précieux ridicules. C’est un luxe dans ce pays que de plus en plus de Sénégalais ne peuvent se payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés ou pas logés. Ils chôment. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés et peuvent mourir, la bouche ouverte avec leur ordonnance en guise de bavoir. Leurs enfants n’hériteront que de leur seule fragilité. Encore un tour. Jamais leur tour. D’ici qu’on nous mette une liste paritaire familiale, pour appliquer la politique « genre », si chère à Maître, après Karim « W », Sindjéli ne pourrait-elle pas incarner « la génération dauphine concrète » ?

Henriette Niang-Kandé
Source: Sud Quotidien

Article Lu 1509 fois

Mercredi 20 Juin 2007





1.Posté par Amy le 20/06/2007 18:39

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State