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Ces fautes de Me Madické Niang qu'on risque de payer cash

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En rompant les relations diplomatiques avec Taiwan pour renouer avec la Chine populaire, les autorités sénégalaises, sans se soucier des formes, avaient clamé sur le toit du monde que les «Etats n'ont pas d'amis mais des intérêts». La poursuite de ces mêmes «intérêts» qui ne sont pas forcément ceux du nombre, les a peut-être encore poussées à rompre - toujours en piétinant les formes - avec la société sud-africain. Oubliant que les règles de la diplo­matie n'ont rien à voir avec celles du marigot des affaires où pataugent des caïmans comme le holding anglais Anglo-American - il a dans son escarcelle Kumba, mais aussi la puissante et sinistre De Beers -, épinglé en 2005 par Human Right Watch pour sa complicité dans les atrocités commises au Congo.



Ces fautes de Me Madické Niang qu'on risque de payer cash
En somme, dans cette affaire la précipitation, l'amateurisme et l'incurie - le mot n'est pas fort - ont prévalu, côté sénégalais, lorsqu'il s'est agi de tacler par derrière - le mot - Kumba. Nous savons de sources sûres que la tutelle - c'est-à-dire le ministre des Mines - s'est substituée à la partie contractante séné­galaise pour signifier à Kumba la rupture du contrat qui la lie à la Miferso. Et avec quels arguments ! Selon toujours nos interlocuteurs, le ministre des Mines, pourtant avocat de for­mation, a, dans sa lettre, opposé à la société sud-africaine la violation d'une disposition du Code des Obligations de I ’Administration, igno­rant manifestement que, dans le cas d'espèce, on est en matière commerciale.

L’autre élément qui renseigne sur le cafouillage des autorités sénégalaises réside dans leur débauche d'énergie pour faire revenir dans l'affaire Kumba, après l'avoir défenestrée. Seulement, le procédé qui, dans l'affaire du Terminal à conteneurs du Port autonome de Dakar, a permis de «calmer» le groupe Bolloré après ses menaces de déballage, échoue avec Kumba. «Nous avons dit aux gens de Kumba Resources, restez dans le projet et nous discu­tons des modalités de votre maintien. Mais, ils veulent continuer à être majoritaires dans la mine Ç ...) C'est inacceptable», disait Me Madické Niang dans l’interview accordée en juin dernier au quotidien gouvernemental «Le Soleil».

Les autorités sénégalaises ignoraient-elles les véritables raisons qui faisaient que déjà, à cette période, au moment où le ministre des Mines usait d'un propos emphatique - «Nous les attendons de pied ferme» -, Kumba se payait le luxe d'adopter une posture aussi rad­icale ? La suite des événements prouvera que oui !

Primo, on semblait ignorer que Kumba qui s'active dans l'exploitation minière et Mittal, reine de la sidérurgie, on deux domaines de compétence certes complémentaires, mais différents.

Secondo, à l’antijeu du Sénégal, Kumba va répondre par deux petits ponts qui restent à ce jour en travers de la gorge des autorités. En effet, de sources dignes de foi, nous savons que la société sud-africaine, qui, apparemment, était informée des «préparatifs» du Sénégal, a planqué l'ensemble des études géo-physiques qu'elle avait faites sur le terrain. Ce qui signifie que Mittal, pour être opérationnelle, doit reprendre un travail que Kumba, spécialiste en la matière, a mis deux années à achever, Et manifestement, Me Madické Niang ; était dans le noir, lui qui affirmait, volontariste, dans les colonnes du «Soleil», que «les premiers coups de pioche devront être engages, dans le dernier semestre de 2007 (...) nous avons (donné) à Mittal (...) un délai de six mois (pour) réaliser toutes les études (et) engager les travaux. Nous ne voulons même pas perdre du temps. Nous lui avons dit six mois. Si vous êtes en mesure de le faire, on continue. Vous n'êtes pas en mesure de le faire, on tourne la page.»

A ce jour, c'est toujours le silence.

Mais Kumba ne s'est pas simplement contenté de mettre en lieux sûrs le fruit de ses recherch­es. Elle a administré un autre petit pont, pour ne pas dire un coup de Jarnac, au Sénégal. En juillet, parallèlement à l'introduction de sa requête auprès du tribunal de Dakar, elle débauche - à prix d'or disent d'aucuns - la «tête» de la Miferso, Sadio Kandé. Ce géo­logue, à la Miferso depuis trente ans, était le lien scientifique entre les Sud-africains et la société d'Etat. C'est lui qui étudiait les échan­tillons de terres extraites par Kumba. Assommé par pareil coup, les autorités ont un réflexe primaire : recourir à la Division des investigations criminelles (Dic). Sadio Kandé est convoqué et gardé à vue, «pris en otage» dit-on du côté de Kumba. Alertés, les Sud-africains activent Me Boucounta Diallo, en même temps qu'ils menacent d'orchestrer un raffut. Les autorités finiront par céder : après quatre jours et quatre nuits passées dans les locaux de la Dic, le géologue est libéré. Sans que l'affaire ne s'ébruite. Après ces péripéties, qui renseignent amplement sur l'évolution du dossier, reste maintenant le face-à-face de Bruxelles (ou la Cour arbitrale de Paris si les parties en conviennent, comme le permettent les termes du contrat) qui verra deux mastodontes jeter toutes leurs forces dans la bataille : Anglo American qui pèse dix-huit mille (18 000) milliards de chiffre d'affaires annuel (40 milliards de dollars) et Lakshmi Mittal, troisième fortune du monde avec onze mille deux cent cinquante (11 250) milliards de franc Cfa (25 milliards de dollars).

Dans ce choc le «nain» Sénégal qui sera défendu par Me Razek Bourgui, un ancien sta­giaire du cabinet de Me Wade, et dont le budg­et annuel - mille six cent (1 600) milliards de francs Cfa - n'équivaut qu'au dixième de la moyenne des avoirs de Kumba et Mittal, a de fortes chances d'y laisser des plumes. Une addition que les générations futures paieraient.

A la question : «Vous ne craignez donc nullement de voir l'Etat du Sénégal traîné devant la justice internationale pour rupture abusive de contrat, par exemple ?», Me Madické Niang disait dans les colonnes du «Soleil» : «Ça ne manquera pas. Mais, nous aurons nos arguments. (...) Ils ne l'accepteront pas. (...) Pour cela, ils vont se battre. Mais, ils n'ont pas intérêt. Ils n'ont pas de raison sérieuse pour le faire. Ce qui aurait été intéressant, c'est qu'ils acceptent de discuter et de continuer à rester dans le projet, mais dans des formes qui seront définies entre Mittal Steel, Kumba Resources et nous-même, Etat du Sénégal. Ce serait la meilleure formule. Mais s'ils veulent aller au contentieux, nous les attendons de pied ferme.» Selon nos sources, six mois après, cette décla­ration a fait place nette à une peur panique lorsque le Sénégal a pris connaissance, en même que la Cour arbitrale, des éléments du dossier de défense de Kumba. Un travail tech­nique ficelé au terme de cinq jours de conclave, dans un grand hôtel dakarois, entre les cabinets de Mes Boucounta Diallo et Mame Adama Guèye et deux avocats de la branche new-yorkaise de Linklaters.

Source: Le Populaire

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Jeudi 27 Décembre 2007

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