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CRIME ODIEUX : 32 coups de ciseaux à son épouse coûtent au tailleur 15 ans de travaux forcés

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Tout le Sénégal s’était ému, comme un seul homme, en apprenant l’atrocité avec laquelle le tailleur Thiem Mboup avait agressé son épouse qui succomba par la suite. En lui donnant trente-deux coups de ciseaux, il ne lui offrait aucune chance de survie.



C’est dans la nuit du 29 au 30 juillet 2001 que Thiem Mboup, accompagné de sa femme Aby Sall, âgée de 25 ans, a eu à commettre l’irréparable. Pourtant, ils avaient quitté leur domicile ensemble pour aller rendre visite à la grande sœur de Thiem, qui est de surcroît l’aînée de la famille. Tout s’est bien passé cette nuit là, selon l’accusé qui poursuit : « c’est en cours de route que nous avons été pris à partie par deux agresseurs. Pendant que je me battais contre l’un d’eux, ma femme recevait de violents coups de la part de l’autre malfrat qui tenait coûte que coûte à emporter ses bijoux. Après avoir réussi leur forfait, les malfrats se sont fondus dans la nature ». L’accusé dit s’être rendu au domicile de ses beaux-parents pour annoncer la mauvaise nouvelle.

Pour le témoin Assane Ndiaye, maître d’Arabe, il a bel et bien vu Thiem courir dans la nuit et c’est surtout son changement de tenue qui l’a un peu intrigué. A l’en croire, le mis en cause portait un blouson. Mais, bizarrement, il est reparti pour se rhabiller quelques minutes après. « Quand j’ai vu des gens pointer du doigt Thiem, j’ai tout compris », a indiqué Assane. C’est comme la dame Ndèye Diodio qui affirme être tombée sur Aby Sall très mal en point et qui la suppliait de venir à son secours parce qu’elle avait reçu plusieurs coups de couteau de la part de son époux. Et que cette dernière, avant son évacuation, tenait sans cesse ces propos : « aidez-moi, sinon je vais mourir ». A la barre, l’accusé a argué de troubles comportementaux dont l’origine remonte à une chute chez lui. A la maison d’arrêt et de correction, on le dit sujet à des crises d’épilepsie. Les gardes pénitentiaires le qualifient de très dangereux puisque doté au cours de ces moments, d’une force physique difficile à annihiler. Selon son père Modou Mboup, le mis en cause a commencé ses crises depuis qu’il est revenu de son fameux voyage à travers l’Afrique. Au centre psychiatrique de Thiaroye où Thiem s’est rendu pour un examen, le médecin d’alors parlait de troubles caractériels dus à son hyperémotivité et non de démence. Au fond, Aby Sall est morte de quoi ? Une question qui a été longuement débattue à la barre du tribunal. Le médecin qui a eu à suivre Aby Sall a indiqué qu’elle présentait des complications, notamment avec cette atteinte de l’intestin grêle, suivie d’une péritonite suite à l’infection causée par la présence de sang et de matières fécales dans la même cavité péritonéale. Ce n’est que le 12 août que la jeune dame Aby Sall fut rappelée à Dieu.

Tout le monde, particulièrement les associations féminines, s’était indigné. Et au procès, des responsables de ces associations ont été présentes. A propos des bijoux soi-disant emportés par les malfrats, ils ont été retrouvés deux jours plus tard, enfouis au seuil de la porte où vivait le couple. Le témoin Ami Guèye, mariée dans la maison des Sall où vit le père de la défunte et sa maman Ami Diallo, a indiqué avoir ramassé les bijoux. Ce qui ne milite pas en faveur de l’accusé.

Sur les relations au sein du couple, le témoin Moussa Sy, frère de la défunte, a eu vent du problème de cornet de chanvre indien trouvé dans l’une des poches de Thiem par Aby Sall. Cette révélation a été faite par sa sœur Aby. En tout cas, Moussa Sy n’en a jamais parlé et a préféré recoller les morceaux lors de la brouille qui a opposé les deux conjoints.

Pour l’avocat général, il s’agit bel et bien d’une simulation et d’une jalousie morbide. Le ministère public a mis en exergue tous les éléments qui expliquent la culpabilité du prévenu, à savoir les ciseaux utilisés, les bijoux enfouis, le changement de tenue, avant de conclure que l’accusé est bien l’auteur du meurtre qui a été commis avec préméditation. Ainsi, il a requis une peine de 20 ans de travaux forcés. Assimilant l’accusé à un boucher, Me Sonko de la partie civile a réclamé la somme de cinq millions de francs pour les père et mère de la défunte, deux millions de francs pour les collatéraux et 10 millions pour la petite Penda Mboup.

Défendant l’accusé, maîtres René Lopy et Ibrahima Baïdy Niane ont invité la Cour à requalifier les faits en coups mortels. Selon Me Lopy, il ne s’agit nullement d’un acte commis à froid, mais à chaud puisqu’il a été reconnu que le mis en cause présente des troubles comportementaux. Pour Me Lopy, Thiem n’a pas sa place en prison mais dans une maison d’accueil. Mais la Cour a reconnu l’accusé coupable de meurtre et l’a condamné à quinze ans de travaux forcés.


ABDOURAHMANE SARR GONZALES
Soure: Le Soleil

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Mardi 24 Juillet 2007

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