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COTE D’IVOIRE - Enquête : Le cacao a alimenté la guerre

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«Chocolat chaud : comment le cacao a alimenté le conflit en Côte d’Ivoire», tel est le titre du rapport de 70 pages que Global Witness vient de publier, à la suite de plusieurs enquêtes effectuées sur le terrain en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Togo en juin et juillet 2006. Cette organisation, basée à Londres, a voulu rendre compte «de la façon dont les revenus dégagés du commerce du cacao ont contribué à financer le conflit armé et des opportunités d’enrichissement dont ont bénéficié les gouvernements et les Fn (Forces nouvelles), à travers des pratiques corrompues et l’utilisation abusive des bénéfices du cacao, et qui continuent de compromettre la résolution de la crise». L’enquête décrit tous les mécanismes mis en place, à la fois, par le gouvernement et les rebelles pour capter l’argent du cacao.



COTE D’IVOIRE - Enquête : Le cacao a alimenté la guerre
Global Witness souligne que «les institutions nationales de la filière cacao de la Côte d’Ivoire, avec l’assentiment de la plus importante organisation professionnelle d’exportateurs, ont contribué directement à l’effort de guerre en fournissant au gouvernement de l’argent, des véhicules et des armes à partir des fonds dégagés des prélèvements parafiscaux sur le cacao. Ces paiements ont coïncidé avec une période où ont été perpétrées les pires atteintes aux droits de l’homme par les forces du gouvernement». Le rapport inclut un tableau détaillé couvrant les «violations des droits de l’homme à l’encontre des populations civiles par les forces gouvernementales dans la région principale de production de cacao», entre octobre 2002 et avril 2003.

En plus des taxes habituelles, le gouvernement du président Laurent Gbagbo a mis en place des contributions appliquées aux institutions nationales de la filière, comme la Bourse du café et du cacao, des captations d’argent effectuées sans que les exportateurs et des compagnies étrangères ne protestent le moins du monde. En moins d’un an, près de 60 millions de dollars ont, ainsi, été détournés au profit du gouvernement loyaliste. Après 2003, l’opacité des comptes est telle que l’Ong ne peut publier des chiffres.

DU CACAO CONTRE DES HELICOPTERES

L’Ong s’est, particulièrement, intéressée aux liens entre la Banque nationale d’investissement (Bni) par l’intermédiaire de son responsable Nembéléssini-Silué et un marchand d’armes israélien, Moshe Rothschild Cassin. Global Witness cite, également, dans son rapport l’«affaire Gambit», un cas d’échange de cacao contre des hélicoptères de combat, une transaction facilitée par le négociant français Christian Garnier.

Le nom de Robert Montoya, un autre négociant français bien connu, est également cité pour avoir vendu de l’équipement à l’armée nationale ivoirienne. Selon Global Witness, «une société de Montoya aurait fourni des fonds aux Fn en achetant du cacao originaire du nord de la Côte d’Ivoire».

Selon le rapport, «des éléments des Fn ont retiré des bénéfices financiers et politiques du conflit et de la division du pays. (…) Le commerce du cacao participant de manière significative aux finances des Fn, il a contribué de fait à retarder la résolution de la crise». Les rebelles, de leur côté, ont aussi mis en place un système de taxes sur la production, le transport et l’exportation du cacao.

Ces exportations passaient par le Burkina Faso, avant d’arriver au port de Lomé au Togo, pour atteindre ensuite l’Europe. Étant donné que les Fn ne contrôlaient que 10% des plantations de cacao ivoiriennes, leurs profits sont moins importants que ceux du gouvernement : près de 30 millions de dollars par an.

Le rapport dénonce, également, l’enrichissement personnel du commandant de la zone de Korhogo, Fofié Kouakou, qui est tenu comme responsable «de certaines des plus graves violations des droits de l’homme qu’ait connues la Côte d’Ivoire depuis le début du conflit», notamment le massacre de Korhogo où des enquêteurs des Nations-Unies ont découvert 99 cadavres dans trois charniers en juillet 2004.

Global Witness souligne que, à la date de rédaction de son rapport, il est encore trop tôt pour savoir si l’accord signé en mars 2007 entre le président Laurent Gbagbo et le secrétaire général des Forces nouvelles, Guillaume Soro, «sera effectivement mis en œuvre et quel en sera son impact». Le document dénonce également le climat de peur qui règne autour de la filière cacao. Les acteurs sont très réticents à parler. Certains ont été menacés et tout le monde a encore en mémoire le nom de Guy André Kieffer, ce journaliste franco-canadien qui a disparu sans laisser de traces en avril 2004, alors qu’il enquêtait sur la filière cacao à Abidjan.

La Côte d’Ivoire produit 40% du cacao mondial. L’Union européenne importe plus de 60% de cette production, qui est la principale ressource économique des Ivoiriens.

Source: Le Quotidien

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Samedi 9 Juin 2007

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