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[CONTRIBUTION] « TANT QU’Il Y’AURA DES ETRES HUMAINS IL Y’AURA DES CRIMES »

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En ces termes s’achevait l’entretien que l’anthropologue Lamine N’DIAYE avait accordé au journal « Le Populaire », le mercredi 3 juin 2009. Le crime ferait donc nécessairement partie de la nature humaine et rien ne pourrait le faire disparaître dans une société. Loin de vouloir s’échiner à une apologie du crime comme se refusait, par ailleurs, Durkheim, premier sociologue à soutenir l’impossibilité de la résorption définitive des actes criminels en milieu social, l’enseignant-chercheur, Lamine N’DIAYE, minimisait,toutefois, aussi bien l’ampleur attribué à une quarantaine de meurtres perpétrés en l’espace de quatre mois, qu’au caractère révulsif et ritualiste que semblait revêtir l’assassinat de Fama NIANE dont le corps fut retrouvé en lambeaux. Il est évident que pour les individus non initiés aux règles de la méthode sociologique, de telles assertions seront ressenties comme un coup de massues infligé à leurs perceptions.



Dès les premières lignes de cette entrevue précitée, le professeur « conquit » les faits sur les préjugés. Cette démarche bachelardienne consiste à rompre systématiquement avec les fausses représentations, en l’occurrence, dans ce cas précis, avec celles qui tendraient à dramatiser des crimes dont la normalité ne souffre d’aucun doute aux yeux de l’anthropologue. Cette normalité du crime se mesurerait par son irréversibilité dans le temps et dans l’espace et par son utilité socio-juridique. De tout temps et en tout lieu, des personnes sont tuées. Toujours fidèle à la conception durkheimienne du crime, l’enseignant-chercheur ajoutait que les actes de déviation qui peuvent aller jusqu’à porter atteinte à la vie d’une personne, font partie de la bonne santé d’une société, en ce sens simplement qu’ils vivifient les lois. Ce serait donc grâce aux crimes que survivent nos institutions, que nos forces de l’ordre, nos avocats et nos juges sont payés et parviennent à remplir leur rôle de régulateur social et, pourquoi pas, de « chef » de famille.

Cependant, non seulement une telle conception des institutions et du rôle de ses agents contrôleurs relève d’un idéal fonctionnaliste soucieux des équilibres institutionnelles qui ne saurait être toujours légitime à cause des forfaitures qui peuvent conduire à l’usage de l’arbitraire, mais aussi les hommes sont capables d’user de mains subterfuges pour contourner les règles. Au Sénégal par exemple, l’on est parvenu à instituer la lutte avec frappe, sport mortel, puisqu’il se pratique avec une violence inouïe sans qu’aucune âme positive ne la condamne. Au contraire, ce sont nos hommes politiques et de soi-disant « chefs religieux » en manque de popularité qui parrainent de telles atrocités. Car, aujourd’hui, la lutte serait devenue un moyen de promotion social et politique. Voilà donc des faits tangibles qui confortent le socio-anthropolgue dans sa position de défense de l’inéluctabilité des comportements criminels. On pourrait dire sans nous tromper, que le crime ne disparaît jamais, mais change de forme.

C’est pourquoi, l’enseignant de l’UCAD préconisait, d’autre part, la mise en place de véritables mesures dissuasives et répressives, non pas pour freiner les actes délictuels, mais pour empêcher plutôt qu’ils n’atteignent une certaine proportion anomique. C’est avec une consternation indescriptible que nous avons assisté à l’attaque continue des locaux du groupe Walfadjri ce vendredi 25 septembre 2008 à 14 heures sans qu’aucun appareil répressif de l’Etat ne soit mobilisé pour assurer la sécurité de cet organe de presse. Cette situation de violence où n’importe quel citoyen s’arroge le droit de faire sa propre loi est la preuve, non seulement que certains hommes sont des démons dormant, mais aussi elle constitue un appel à la réhabilitation rapide de toutes nos institutions. Sinon, lorsque le crime supplantera les instruments juridiques, l’anarchie risquerait d’être la règle, chose que personne ne souhaite à ce pays qui nous est tous si cher.

Pour revenir à l’entretien de Monsieur N’DIAYE et éviter certaines confusions sémantiques, nous croyons que ce professeur aurait dû donner une définition claire de la notion sociologique du crime. Est crime, tout acte qui heurte la conscience collective et qui est perceptible extérieurement par la peine qu’il suscite. Aborder sous cet angle, le crime ne se réduirait pas seulement au fait de tuer, mais il désignerait tout comportement qui offusque les consciences prises collectivement. Un acte irrespectueux qu’un étudiant fait vis-à-vis de son professeur est un crime car il lui doit une certaine allégeance. la morale diffuse qui régit les rapports étudiant-professeur l’a érigé ainsi.

D’autre part, un autre besoin éthique nous astreint à déplorer toute thèse, fut-elle sociologique, qui tempère l’ire sociale, parce que considérant que l’assassinat d’une seule personne sur des milliers ou d’une quarantaine d’individus sur des millions, serait, d’un point de vue statistique, moins important. Chaque être humain est unique et irremplaçable. La perte de cet être quelle que soit son origine, occasionne de profondes douleurs chez ceux qui l’ont connu et aimé. Ne serait-ce que pour ces raisons, nul n’a le droit de minimiser une mort. L’émotion sélective face à l’assassinat d’êtres humains est également un crime.

Pour terminer, nous dirons que même si le crime ne saurait disparaître dans une société humaine, certaines valeurs comme l’amour, comme le souci permanent de l’autre, comme le pardon, car nul n’est infaillible, sont un gage de piété nécessaire à toute interrelation humaine et sociale.

Malick Gaye « sociologue rebelle »
mactko@yahoo.fr
www.myspace.com/mactko
Source Sununews.com

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Mercredi 30 Septembre 2009





1.Posté par RAHMANE le 06/04/2011 14:56
Bonjour,M Gaye
Apres avoir lu votre analyse sur ce fameux et violent sport qu'est la lutte senegalaise,j'ai juge utile de vous envoyer ce texto juste pour saluer votre courage et vtr analyse objective sur ce leurre qui,tot ou tard,a mon avis,aura des consequences fefastes sur les futures generations.
VEUILLEZ M'ENVOYEZ VOS ARTICLES
BON COURAGE

2.Posté par RAHMANE le 06/04/2011 14:56
Bonjour,M Gaye
Apres avoir lu votre analyse sur ce fameux et violent sport qu'est la lutte senegalaise,j'ai juge utile de vous envoyer ce texto juste pour saluer votre courage et vtr analyse objective sur ce leurre qui,tot ou tard,a mon avis,aura des consequences fefastes sur les futures generations.
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3.Posté par bill le 06/04/2011 21:38
Bonsoir M. Gaye,
j'ai lu un de vos texte que malheureusement j'ai pas terminé je souhaiterais l'avoir sur mon adresse. je trouve le terme important. VOUS SEMBLEZ BIEN l'aborder

4.Posté par GAYE le 21/04/2011 13:49
Bonjour chers lecteurs,

Le Sociologue Rebelle apprécie bien vos encouragements et vos promet d'autres articles. Je vous aime tous autant que vous êtes.

5.Posté par GAYE le 21/04/2011 13:59
Bonjour chers lecteurs,

Le Sociologue Rebelle apprécie bien vos encouragements et vous promet d'autres articles. Je vous aime tous autant que vous êtes.
Des précisions: Le groupe Walf fut attaqué le vendredi 25 septembre 2009 et non en 2008 comme nous avons dû l'écrire. Nous nous excusons pour cette erreur. Aussi "maints subterfuges" avec t.

6.Posté par Malick GAYE le 29/04/2012 21:39

7.Posté par las l jurisste ki a soif d justice le 18/05/2012 12:26
MONSIEUR GAYE C BIEN

8.Posté par Malick GAYE le 21/05/2012 22:26

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