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[CONTRIBUTION] Président Abdoulaye Wade : le sacerdoce électoral du mois de mars 2009

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Certaines défaites politiques restent gravées, dans l’esprit des hommes et des femmes politiques (des politiques), que mêmes amnésiques, ils s’en souviennent, et les portent comme un sacerdoce. Celle que vient de subir le président Abdoulaye Wade et, la coalition sopi 2009, lors des élections municipales du 22 mars dernier, est de cette trempe. Etant donné, qu’ils ne s’attendaient surtout pas, à un mini tsunami électoral pour anéantir toutes leurs prétentions.



[CONTRIBUTION] Président Abdoulaye Wade : le sacerdoce électoral du mois de mars 2009
Nous concédons volontiers, que sa récente déroute électorale est l’expression, de la démocratie. Mais dans son message à la nation (du 03 avril 2009), le président de la République reconnait sa défaite en la minorant, ce qui est non seulement un mépris pour le peuple mais encore, un déni de démocratie. Car, pour nous, l’ampleur d’une défaite politique se mesure aussi, par la symbolique qui y est attachée. Etant donné que, dans sa substance, la symbolique d’une défaite est souvent consubstantielle du message implicite (rejet d’une politique) ou explicite (son expression dans les urnes), que les électeurs ont entendu délivrer en sanctionnant le pouvoir. D’autant que, dans cet échec électoral du Chef de l’Etat, il y a les deux entités (la symbolique et l’ampleur), ayant leurs origines dans les actes antidémocratiques d’avant les élections et, dans le nombre de circonscriptions remportées par les coalitions de l’opposition politique.

En réagissant de la sorte, il n’a peut être pas compris ou, il n’arrive pas à décrypter le message des électeurs, qu’il prend comme une manifestation d’humeurs peu importante, ce qui est le comble du cynisme. A moins que, cela ne soit vraiment une incompétence notoire de son gouvernement, à résoudre les problèmes des sénégalais ce qui serait inqualifiable. Et pourtant, cet insuccès électoral risque d’augurer bien d’autres, du fait que, le pays est sous perfusion financière de l’extérieur, depuis longtemps. Et que, le train de vie, du gouvernement est inchangé, comme si la crise s’est arrêtée, aux portes de nos frontières. D’où, une absence totale de prise de conscience réelle, du degré des difficultés du pays. Au lieu, de prendre de vraies mesures, le président de la République nous propose des « mesurettes » inappropriées, aux attentes de la population, complètement aux antipodes des réalités et, disproportionnées par rapport à la gravité de la situation économique et sociale (chômage, précarité, coût excessif de la vie, insécurité…), et pourtant, le peuple attend des solutions concrètes, visibles et lisibles dans tous les domaines.

1) - Une défaite politique personnelle du Président Abdoulaye Wade

Par essence, les élections locales sont des élections de proximité où, l’encrage sur le terrain est porteur pour les candidats sortants, surtout s’ils ont bien utilisé leurs mandats pour satisfaire les attentes des administrés. Mais, le gouvernement, avec un bilan catastrophique, et des projets en berne, dont s’y rajoutent entre autres l’accroissement du déficit (intérieur et extérieur), une répartition inéquitable des richesses, délaissement d’une partie de la population, un clientélisme très ciblée, font que l’électorat a tenu, à sanctionner durement le président de la République, en lui attribuant la paternité de la défaite et pour causes.

D’une part, en se fondant sur une appréciation purement subjective, sans motifs légitimes, il dissout certains Conseils Municipaux, quelques mois avant les élections locales, pour les faire gérer par des personnes choisies par lui. Puisqu’il soupçonnait les Maires de ces communes, de délit d’amitié à Macky Sall ou à Idrissa Seck. Pourtant, le délit d’amitié n’est prévu par aucun texte et, n’est de surcroit pas une cause valable, de dissolution d’un Conseil Municipal. Ayant jugé nécessaire de satisfaire son désir personnel, il va les sanctionner en se débarrassant des dits Conseils Municipaux.

D’autre part, il a procédé à du gerrymandering en procédant au saucissonnage de circonscriptions, pour créer de nouvelles collectivités territoriales. Cette démarche étant simplement fondée sur des considérations purement politiciennes et électoralistes, parce que n’obéissant à aucune logique et, non plus guidée par l’intérêt général ou, par des nécessités objectives. Vu que, pour nous, autant de régions (14), dans un petit pays tel que le Sénégal, nous parait beaucoup trop. A titre d’exemple, la France avec une superficie égale, au moins à trois fois celle du Sénégal, et une population de plus de quatre fois la notre, ne dispose en fait que de 26 régions dont 22 en France métropolitaine.

De troisième part, pour apporter son concours à la coalition sopi 2009, il s’est immiscé de façon déguisée, dans la campagne en visitant certaines villes, qui n’ont pas été choisies fortuitement, ce qui a failli piper le déroulement des élections. Heureusement, le peuple par sa maturité politique a compris, la manœuvre et déjoué la stratégie du piège tendu. Aussi, malgré ce sérieux coup de pouce, à la coalition sopi 2009, le résultat espéré et attendu a fait défaut.

Et enfin de part, le président Abdoulaye Wade excelle bien, dans l’art de l’endormissement et, de la duperie en cherchant à nous imposer sournoisement son fils. Le laudateur du clan wadiste (Ahmed Khalifa Niasse), a même vu dans ces manœuvres antidémocratiques, l’œuvre d’un grand homme politique. Ainsi, en essayant, de promouvoir et, d’imposer gauchement Karim Wade à l’opinion publique, il a découragé plus d’une personne de voter pour la coalition sopi 2009. Pareillement, il a créé autour de lui, un rejet perceptible dès, le début de la campagne (les brassards rouges et les huées), qui s’est matériellement traduit dans les urnes, le 22 mars 2009. Tout comme, en le mettant excessivement en avant, il a fini par exacerber beaucoup de monde, pour le faire détester et/ou le faire haïr.

Lors de ces élections locales, Karim Wade découvre, que ne s’improvise pas politicien qui veut. Pour preuve, les huées et les brassards rouges ont causé, de sérieux troubles dans son attitude et comportement. Ces faits ont raréfié ses sorties, le choc de l’apprentissage, pour son initiation est énorme pour un agoraphobe. Sa rentrée tardive dans la campagne électorale, et ses meetings limités, voire inexistants sont intimement liés à sa phobie. Toutes ces raisons conjuguées font que, le plébiscite attendu pour son intronisation, n’a pas eu lieu. Même au sein du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), selon nos informations, certains militants et sympathisants ont préféré voter autrement, ou encore ne pas exercer leurs devoirs civiques, que de soutenir cela.

Ces quelques entorses à la démocratie montrent et confirment, comme dans un passé récent (augmentation de la durée du mandat du président de la République, réduction de la durée du mandat du président de l’Assemblée nationale…), une conception assez étrange et, très particulière du respect de la légalité républicaine, par quelqu’un censé la protéger et la défendre.

Nous avons relevé dans son discours, un hommage très appuyé à l’armée, pourquoi pas, si cela est sincère et sans relation avec la conduite discutable des affaires de la nation. Si son souci, de toujours, a été la recherche de l’intérêt général, il n’y avait pas lieu de tresser autant de lauriers en or aux militaires, à moins que cela ne soit par craintes inavouées. Si tel est le cas, pour dissiper ses inquiétudes, nous le suggérons, d’être moins erratiques et, moins détaché du vécu bien pénible de ses concitoyens. Pour enfin mettre à profit, le temps qui lui reste pour l’exercice de son mandat, au service de la population, qui est sérieusement demanderesse.

2) - Des dommages collatéraux et des difficultés au sein du PDS

Beaucoup de Maires sortants de la coalition sopi 2009, sont des victimes collatérales du président de la République. Ils n’ont pas été sanctionnés pour leurs politiques, un certain nombre d’entre eux ont des bilans positifs. Seulement, les électeurs ont voulu manifester, le reniement de la politique pernicieuse du gouvernement qui a emporté leurs mandats. A titre d’exemple, Pape Diop le Maire sortant de la ville de Dakar, n’a pas été spécifiquement battu, sur son bilan qui n’est pas si mauvais. Ses accointances, avec Karim Wade et Farba Senghor, ont irrité une partie du peuple de Dakar. Mieux encore, les votants le soupçonnent de duplicité, à savoir ne pas se représenter au poste de Maire, au profit de Karim Wade. Tout comme, ils voyaient dans sa candidature le clone politique de Karim Wade et, qu’en votant pour la liste menée par lui, ils votaient pour Karim Wade comme Maire de Dakar.

Il serait vraiment malhonnête intellectuellement, de ne pas désigner l’auteur principal de cette déroute électorale de la coalition sopi 2009 sur l’ensemble du territoire (le Président Abdoulaye Wade), pour la faire porter à telle ou telle personne. Comme les autres, Karim Wade pour qui, nous avons beaucoup d’aversions, est aussi une victime de son père. D’une part, son engagement en politique n’est pas sa décision personnelle mais, celle de ses parents surtout de sa mère (Viviane Wade). Celui-ci (le Chef de l’Etat), pensait, que par mimétisme, les électeurs avaliseraient sans discernement son choix, en se rangeant derrière son fils en votant massivement pour lui, comme s’il était, le centurion du peuple de Dakar. D’autre part, même si sa « surmédiatisation » et, sa surexposition, par le truchement de son père, ne suffisent pas, à expliquer sa déroute, elles y ont sérieusement contribué. Certains électeurs ont fini par le rejeté par dégout, en pensant à juste titre qu’on les considérait comme ne pouvant pas faire un choix lucide, et qu’on voulait les imposer le futur Maire.

En outre, le peuple a cru être traité d’immature politique, dans l’expression de sa souveraineté. De plus, avec la gestion chaotique de l’Agence Nationale de l'Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI), confier la Marie de la ville de Dakar à Karim Wade, c’est le laisser manipuler une boite d’allumettes à proximité d’un gazoduc en fuite. Ce rappel à l’ordre au président de la République a pour but, de lui faire comprendre que, les citoyens n’adhèrent pas à ses manipulations. Par ce refus, la communauté des votants, s’approprie en connaissance de cause, son propre destin au grand dam, des coaches de Karim Wade.

Les élections qui viennent de se dérouler confirment, et accentuent les difficultés et malaises au sein du PDS. Actuellement, le parti est sans réel leader politique, et risque de se désagréger, si aucune solution n’est trouvée. Le Président Abdoulaye Wade voulait et, espérait à travers ces élections locales, légitimer tacitement son joker politique (Karim Wade). Il cherchait aussi, de façon déguisée, à organiser sa succession politique au sein du parti. Etant donné que, celui-ci (Karim Wade) a été massivement désavoué, il va devoir maintenant se retourner, vers les proscrits dont, il cherchait la destruction politique (Idrissa Seck et/ou Macky Sall,) pour les confier la direction du parti.

Pour nous, le salut du parti ne pourrait venir, que d’un rapprochement avec un de ses anciens fils spirituels (Idrissa Seck ou Macky Sall). Même si en politique, rien est impossible, nous pensons néanmoins qu’avec Macky Sall, la rupture est bien consommée parce que, le malaise est trop profond entre eux. Idrissa Seck, pour qui, « le PDS est sa famille politique naturelle » le réintégrer, nous semble normal, mais il ne peut faire abstraction de sa mise à l’écart. Donc, les sollicitations, dont il fait ou pourrait faire l’objet, se situeraient dans la continuité de sa rencontre du mois de janvier 2009, avec le Secrétaire Général du parti. En tout état de cause, il est urgent pour lui de patienter, de ne pas précipiter son retour (s’il doit le faire), pour analyser les conditions dans lesquelles, il va prendre, gérer et conduire le parti.

Actuellement, Karim Wade et ses partisans commencent à découvrir et, aussi à comprendre d’une part que, être leader politique ne se décrète pas, et n’est pas seulement, une question de cautionnement électoral. Tout comme, n’est pas guide politique qui veut (ceux qui le sont, ont une histoire de militant à faire valoir). Et d’autre part, derrière un parti politique, il y a des hommes et des femmes avec lesquels, il faut discuter, se concerter, définir et arrêter des positions, des projets et des stratégies. Entre autres, ces raisons font que, depuis la proclamation des résultats, ils (Karim Wade et ses sympathisants) cherchent à se faire oublier, en se faisant très discrets.

Selon nous, l’apport de la Génération du Concret, dans la coalition sopi 2009 est très limité voire inexistant. A part de rares exceptions comme Ziguinchor avec Abdoulaye Baldé, presque tous les candidats qui se réclamaient de la Génération du Concret avant les élections, qui avaient pour ambition d’être Maires de grandes ou moyennes villes ont été battus. Karim Wade est archétype même de ceux-ci. C’est pourquoi, son rêve de prendre le contrôle du parti, et de se positionner en leader, et candidat du PDS à la prochaine élection présidentielle, nous semble sérieusement hypothéqué et, annihile par voie de conséquence, son ambition politique.

Au terme de notre réflexion, au risque de nous tromper, nous prenons date, en avançant, seuls les naïfs et/ou les non avertis politiquement vont penser, que le président Abdoulaye Wade, va se satisfaire de la situation actuelle. Et qu’il va rester à l’écart, en portant doctement son havresac de désolation et de déception, en laissant par exemple les Conseillers Municipaux remplir leurs missions en toute sérénité, jusqu’aux prochaines élections locales. Les majorités sorties des urnes dans les Conseils Municipaux, administrés et gérés par des coalitions autres que celle de sopi 2009, sont certes assez hétéroclites dans leurs compositions, mais cela ne devrait pas empêcher ses membres d’être vigilants. Surtout les nouveaux venus, c’est à dire ceux qui n’ont jamais exercé de mandat électif.

Leurs victoires les positionnent stratégiquement d’où, les tentations du pouvoir, de les approcher (si ce n’est déjà fait), et de les débaucher pour reconfigurer, à son avantage ces municipalités. Par ces manœuvres, il (le pouvoir) chercherait le pourrissement en rendant « non administrables » et, non gérables ces communes, pour les dissoudre et organiser de nouvelles élections. C’est pourquoi, il faudra beaucoup de sens de l’honneur, de respects des électeurs et, de convictions politiques, à ces Conseillers Municipaux pour résister aux propositions et tentations du pouvoir.

Les adversaires politiques du Chef de l’Etat (que nous félicitons très chaleureusement) ne doivent pas oublier, que cette victoire n’est que le commencement du travail ; pour atteindre l’objectif du grand tsunami électoral (les élections présidentielles de 2012). Ce ne sera certes pas facile, mais pas impossible si, l’opposition politique arrive à faire la jonction avec le peuple et, continuer à consolider les coalitions, pour enfin les unifier. La durée, des trois années, qui nous sépare des futures élections présidentielles, est une donnée, à considérer comme intemporelle. Et, elle doit être utilisée judicieusement, pour entre autres définir et, mettre en place des stratégies pour combattre et, vaincre le clan wadiste, en proposant au pays un projet crédible et alternatif.

Par Daouda N’DIAYE

Juriste/Analyste politique

Article Lu 1992 fois

Lundi 20 Avril 2009





1.Posté par alain le 20/04/2009 09:53
la racle de wade face a la demande de la population du pays..................c est un signal fort..............pour les elections de 2012.................

2.Posté par xibar le 20/04/2009 14:18
D'après le site de Abdou Latif Coulibaly(La Gazette) Macky Sall a discuté avec Me Wade de son retour probable au PDS;il aurait imposé 3 conditions:

-prendre la direction du PDS
-prendre le poste de Vice-Président
-retrait de Wade 2 mois après sa nomination.
Repondre

3.Posté par anamoo le 21/04/2009 23:48
AVEC CETTE RACLEE IL NE VA PLUS NOUS PARLER DE SON FILS. MAINTENANT LE PEUPLE EN A ASSEZ DE LUI ET DU PDS. GAGNI TAKU LENE DIELE KO FI

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