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CONTRIBUTION: Ne pas franchir le Rubicon des inondations

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Le prétexte d’une rencontre entre le premier ministre et les nouveaux pouvoirs locaux de Dakar a été l’occasion de poser la question de la prise en charge des inondations.



CONTRIBUTION: Ne pas franchir le Rubicon des inondations
A un mois de l’hivernage, on a eu l’impression que le gouvernement issu d’un régime bientôt décennaire semble mettre en avant sur une question aussi complexe les élus notamment de l’opposition installés seulement depuis deux mois. Que peuvent faire ces élus dans moins d’un mois eux qui, pour l’essentiel, ont trouvé des situations financières désastreuses du fait de gestions précédentes opaques. Les nouveaux élus locaux n’ont pas encore dit la vérité aux populations sur l’état des lieux de la gestion des équipes sortantes. Cela permettra déjà à la puissance publique d’en tirer toutes les conséquences de droit s’il est vrai que nous ne sommes pas sous le règne de l’impunité. Sans dédouaner les nouveaux élus, nous devons à la sincérité de dire qu’ils ont trouvé des budgets en cours d’exécution avec des engagements qu’ils n’ont pas pris. Ils auront, ces nouveaux élus, un état de grâce tolérable pour juger de la révolution locale dont ils seraient porteurs. Ils n’ont pas le droit de faire comme leurs prédécesseurs enfermés dans un système opaque et limitatif. Leurs pouvoirs et leurs moyens sont limités et le risque est grand que toutes les demandes populaires leur soient adressées dans une totale confusion.

Alors, pourquoi cette communication bizarre de l’exécutif central sur les soi-disant responsabilités locales dans la gestion d’une affaire assimilable au cas de force majeure pour ne dire de la catastrophe naturelle ou du sinistre ?

Nous savons tous que les inondations notamment dans l’agglomération dakaroise sont le résultat final d’une série de questions relevant de plusieurs paramètres qu’il n’est pas donné de régler en deux temps trois mouvements. La cause principale du problème est un manque de réseaux d’assainissement dans des zones au niveau desquelles les lits naturels de drainage des eaux ont été habités par des populations durant la longue période de sécheresse. Aujourd’hui que les populations sont bien établies sur place, il n y a que deux solutions définitives majeures : le relogement massif dans d’autres zones habitables ou bien un investissement tout aussi massif dans des infrastructures artificiels de drainage des eaux. En attendant l’une ou l’autre des deux solutions qui demandent une planification cohérente au moins dans le moyen terme, l’urgence est à l’amortissement des conséquences de ces calamités sur les populations qui sont bien là et qui souffrent. Il est illusoire de prétendre trouver une solution dans un mois à cette question que l’alternance n’a pas résolu depuis près de dix ans. Des populations pataugent encore aujourd’hui dans les eaux verdâtres de l’année dernière.

Par quelle baguette magique les nouveaux élus pourront régler ce problème à un mois de l’hivernage ? Exposer ces élus et faire jouer à l’Etat le simple rôle de soutien logistique n’est pas cohérent quand on sait que l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) dépend du même Etat central. Dans la loi n° 96-02 du 22 Février 1996, et le décret 96-667 du 07 Août portant création et organisation de l’ONAS, les missions de cette dernière sont entre autres la gestion en amont et en aval des installations d’assainissement d’eaux usées et pluviales, le développement de l’assainissement autonome, la valorisation des sous produits des stations d’épuration et, toutes opérations se rattachant directement ou indirectement à son objet, dans la limite des zones urbaines et périurbaines.

L’ONAS doit être au centre de la question des inondations même si elle soutient avoir trouvé en 96 la banlieue dakaroise pour l’essentiel sans réseau. Elle doit intervenir et devrait même voir son domaine d’intervention aller au-delà des zones urbaines et périurbaines pour prendre en compte la question de l’assainissement à l’échelle nationale. Le Sénégal n’est pas seulement le milieu urbain.

En réalité, les nouveaux élus locaux ne sont pas les magiciens pouvant régler du tic au tac la question des inondations mais ils doivent quand même s’impliquer pour aider à en atténuer les conséquences humanitaires. Ils doivent dans le moyen et le long terme être aux côtés des populations pour poser le débat en vue de solutions définitives en relation avec l’Etat.

Les inondations ne sont pas dans la liste des neuf compétences transférées par La loi 96-07 du 22 mars 1996. Certes, des questions comme l’environnement, l’aménagement du territoire, l’urbanisme et, l’habitat qui sont bien transférés, constituent des ingrédients pouvant impacter sur les inondations mais, on ne peut pas en moins d’un mois régler ces questions pour influer sérieusement sur l’irréversibilité des inondations.

En vérité, les inondations interpellent l’Etat central d’abord avec ses moyens logistiques. Les élus locaux devant s’impliquer pour atténuer les effets et s’organiser avec l’Etat pour mettre en place un plan gradué et transversal de règlement définitif de cette question. Leur démarche doit être de faire ce qu’ils ont à faire et d’insister aussi pour que l’Etat fasse ce qu’il a à faire. Déjà dans le court terme, ces élus doivent prendre des mesures énergiques dans le sens d’une implication des populations qui n’accepteront plus d’être des spectateurs. Ces nouveaux élus pourraient, par exemple, mettre sur pied des collectifs de jeunes volontaires pour agir sur des problèmes de salubrité, d’environnement, de santé etc. Ces collectifs pris en charge directement par les communes pourront travailler à coté des acteurs publics et privés. Dès après l’hivernage, une réflexion sérieuse sans calculs politiciens doit être menée avec l’Etat pour envisager des solutions globales et nationales.

En définitive, le transfert des compétences ne signifie pas pour l’Etat central un désengagement dans les secteurs transférés. Dans l’attelage gouvernemental actuel, pas mois de 12 ministères ont des compétences au niveau national qui croisent les compétences transférées au niveau local. Cela veut dire qu’un Etat ne peut pas ne pas être responsable.

Le Ministère d’Etat, Ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de la Décentralisation doit accompagner objectivement les élus locaux sans coloration politique. Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature, des Bassins de rétention et des Lacs artificiels doit aussi jouer un rôle à la mesure de ces larges attributions textuelles. A quoi servira le Super Ministère d’Etat en charge entre autres de l’Aménagement du territoire et des Infrastructures ? Ira-t-il aussi au charbon des inondations ? Quid du Ministre d’Etat, Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, de l’Hydraulique et de l’Assainissement ? Assainissement. Le mot est enfin lâché. Ce Ministre d’Etat est responsable au premier chef dans un mois quand les inondations seront là. Il devra plus agir que polémiquer. Et que dire du Ministre délégué auprès du Ministre de l’Intérieur, chargé des Collectivités locales et de la Décentralisation ? Sera-t-il un missionnaire anti Benno Siggil ? Les actes que posera ce Ministre très polémiste les jours à venir nous édifieront.

Aujourd’hui avec quatre ministres d’Etat plus un ministre délégué à plein temps, et pas moins de six autres ministres à cheval sur les neuf compétences transférées, nous pensons que l’Etat, à un mois de l’hivernage, ne se dérobera pas en mettant les nouveaux élus locaux à l’épreuve sur une question aussi vitale et sensible que la gestion des inondations.

L’article 6 de la loi 96-07 du 22 mars 1996 dispose « Les transferts de compétences par l’Etat doivent être accompagnés au moins du transfert concomitant aux régions, communes et communautés rurales des moyens et des ressources nécessaires à l’exercice normal de ces compétences dans les conditions prévues par le Code des Collectivités locales….. Dans les cas où l’insuffisance des ressources financières des collectivités locales risque de compromettre la réalisation et l’exécution des missions des services publics, l’Etat peut intervenir par l’octroi de dotations spéciales aux collectivités locales concernées ». Les maigres budgets des collectivités locales ne peuvent pas régler la question des inondations. L’Etat ne peut pas se dérober et ne doit pas être la roue de secours qui viendrait après avoir mis les nouveaux élus notamment de l’opposition à l’épreuve.

Nous savons que 2012 vaudra pour certains tous les calculs et intrigues politiciens. Nous savons aussi que 2012 semble être la seule préoccupation centrale mais, faut-il pour autant jouer avec la vie des milliers de populations pour qui l’hivernage à venir n’est pas forcément sous le signe de l’espoir. Le Rubicon des inondations ne doit pas être franchi par la politique politicienne. Dans le confort des salons douillets, les hommes politiques doivent savoir que les populations attendent et n’attendent que des solutions. Les inondations sont des questions vitales qui nécessitent des solutions totales. Et justement la totalité c’est l’Etat. Que l’intérêt supérieur des populations prime sur tout ! Tout voulant dire simplement tout.

Mamadou NDIONE
Mandione15@gmail.com
Source SudQuotidien

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Mercredi 3 Juin 2009





1.Posté par babou le 03/06/2009 10:04
c'est enervant de voire les gens vivre dans la precarité , dans des condition minable aujourdhui au senegal.

2.Posté par Badiane le 04/06/2009 11:12
Accuses, levez-vous ! Vous qui avez refuse de voter aux Presidentielles de 2007 ainsi qu'aux munipales de 2007 ! Vous avez ete les complices actifs du crime perpetre contre le peuple par la famille Wadienne.

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