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CONTRIBUTION: La génération qu’on crée ou la génération du bluff ?

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Ainsi donc il y aurait des correctifs à apporter aux travaux de la Corniche ? Ces travaux, on nous les avait présentés comme devant déboucher sur «la plus belle corniche de l’Afrique avec des ouvrages de dernières générations». Aujourd’hui, alors qu’on est arrivé au terme du délai de livraison (normalement mai 2007) nous en sommes à une réunion de coordination avec les architectes sénégalais pour rectifier le tir. Et pourtant on nous parle de génération du concret : le premier test de la corniche montre en fait une «génération qu’on crée» qui ne verse que dans le bluff croyant que le Sénégal est un pays d’ignares à qui on peut raconter ce qu’on veut, l’essentiel étant de bien enrober ses déclarations.



On croit ainsi qu’on peut décider du jour au lendemain, en utilisant les deniers publics et des positions de pouvoir, de se construire un chemin vers «le sommet» avec un label «génération du concret» qui n’est rien d’autre qu’une négation de cette nation bâtie par des générations entières qui ont donné leur sang et leur sueur pour en faire aujourd’hui ce pays phare de l’Afrique qui a donné au monde d’illustres fils : Léopold Sédar Senghor, Ahmadou Mokhtar Mbow, Jacques Diouf, Lamine Diack, Kéba Mbaye, Youssou Ndour, etc….

Je veux revenir aujourd’hui sur ce qui devait être fait au commencement : il faut ouvrir un débat sur ce que cette «génération qu’on crée» veut présenter comme ses trophées et comme palmarès dans sa quête du sommet, c’est-à-dire les travaux de l’Anoci, le financement de l’aéroport de Diass et la mise à mort de la plateforme de Diamniadio.

SUR LES TRAVAUX DE L’ANOCI

Alors que les Sénégalais attendaient la livraison, comme promise, de la corniche en mai 2007, on leur annonce que ces travaux devaient subir des correctifs car les architectes sénégalais qui n’étaient pas associés au projet ont décelé des erreurs dans la conception et la réalisation de la corniche.

C’est de cette corniche que Karim Wade avait enregistré son émission spéciale sur la Rts où il nous a parlé de la plus belle corniche de l’Afrique et d’ouvrages de dernière génération. Ces ouvrages de dernière génération m’ont tellement fait rire, car je me suis rappelé qu’en 1987, alors jeune étudiant débarquant en Tunisie (un pays africain), j’y avais déjà trouvé ces tunnels. Ils ne doivent pas connaître la signification du mot génération. Je me suis dit aussi que ces gens là connaissent peut être l’Europe mais, ils ne doivent pas connaître l’Afrique car ce n’est sûrement pas avec ces travaux qu’ils pourront faire ne serait-ce qu’une corniche qui ressemble à celle de Sousse, troisième ville de Tunisie.

Cependant, ce qui m’a surtout marqué, c’est lorsque Karim Wade répondait à une question du journaliste sur la différence entre ces travaux et ceux de Thiès. Deux points ont constitué son argumentaire : d’abord il n y pas de détournement d’objectifs comme à Thiès et ensuite, les financements étaient des ressources additionnelles qu’ils sont allés chercher.

Sur le premier point : on reproche à Idrissa Seck d’avoir fait du détournement d’objectifs (dixit Karim) mais, on devrait expliquer aux Sénégalais pourquoi le fonds Koweitien qui s’était engagé à financer le prolongement de la Vdn jusqu’à Diamniadio finance à la place une partie de la corniche ? Pourquoi aussi les travaux du tronçon Patte d’Oie – Aéroport portent le label Anoci alors que ce sont des travaux de l’Aatr sur financement aussi du fonds koweitien? L’Aatr est elle devenue une dépendance de l’Anoci ? Si ce n’est pas du détournement d’objectifs, j’y comprends plus rien.

Sur le second point, et venant d’un banquier, j’étais très surpris qu’on nous parle de financements additionnels trouvés auprès des bailleurs. Les seuls financements jusqu’ici trouvés proviennent de la Bid, du Fonds Koweitien et du Fonds Saoudien. Ces bailleurs sont des bailleurs traditionnels du Sénégal et en présentant des requêtes de financements pour des montants aussi élevés que les travaux de l’Anoci, on exclut de facto d’autres projets sénégalais ou tout au moins, on diminue les chances de financements de ces projets tout aussi prioritaires. La gestion de portefeuille est en effet régie pour un bon banquier par des règles prudentielles et de diversification. A côté de ces financements, il y a les 12 milliards provenant du budget de l’Etat et devant financer le tronçon Atépa – Pharmacie Mamelles. Ce tronçon est-il plus urgent que le tronçon Ourossogui-Matam, avec ses trois ponts qui sont la seule voie d’entrée d’une capitale régionale ? On avait dit aux matamois depuis 2004 que le financement de la route Linguére-Matam, y compris les trois ponts, était bouclé. On avait même annoncé les travaux alors que ce qu’on est en train de construire n’est que le tronçon Linguère-Boulel, le second tronçon Boulel-Ourossogui n’ayant pas encore fait l’objet d’appels d’offres et le troisième Ourossogui-Matam n’ayant pas encore de financement.

Sur le financement de l’aéroport de Diass

Lors de la cérémonie de lancement des travaux de l’aéroport de Diass, Karim Wade, présenté comme le président du comité chargé de trouver le financement de l’aéroport de Diass nous a parlé de «financement structuré innovant sans garantie de l’Etat et sans ressources tirées du budget».

Ce qu’on présente comme un financement structuré innovant n’est en réalité que la plus grosse arnaque du siècle. Un vrai tour de passe-passe : on va taxer les Sénégalais pendant 25 à 30 ans avec la Redevance de développement des infrastructures aéroportuaires (Rdia) pour rembourser plus de 200 milliards de francs Cfa alors que les propriétaires de l’aéroport c’est-à-dire les actionnaires de Aibd Sa ne vont débourser que 55 millions de francs Cfa. En effet, l’Etat du Sénégal a signé une «Convention relative à la conception, la réalisation, l’entretien, la maintenance, l’exploitation et le développement de l’aéroport international Blaise Diagne» avec Aibd Sa au capital de 100 millions de francs Cfa détenue à 55% par des privés. Ah ! Si je pouvais vendre la maison familiale pour devenir actionnaire de Aibd Sa !

Sur l’absence de garantie de l’Etat, on peut se demander si les privés cachés derrière Aibd Sa seraient capables de lever, comme annoncé par Karim, 350 millions d’euros sur les marchés financiers internationaux. S’ils ont pu lever cette somme avec l’aide de la Bnp Paribas et de la Bmce, c’est qu’ils se sont adossés à la Rdia, qui est une taxe créée par l’Etat du Sénégal et qui est donc en fait, la garantie offerte par l’Etat sénégalais. Car disons-le tout de suite, la Rdia c’est de l’argent public, même si elle est prélevée directement par l’Iata et versée dans un compte séquestre.

On peut aussi se poser des questions sur l’optimalité du coût de financement de l’aéroport international de Diass. Le Sénégal peut, en effet, obtenir sur le marché sous-régional des emprunts obligataires au taux de 5,5%. Dans le cadre du financement d’une partie de l’autoroute à péage, le Sénégal a déjà eu à faire appel à ce marché. Il était donc tout à fait possible de financer l’aéroport à ce taux avec de l’argent public. Il était, en effet, possible de faire prélever cette taxe par le Trésor public et laisser le ministère des Finances gérer les fonds comme savent si bien le faire ses techniciens. A la place, le Sénégal va payer une commission de 1,5% à l’Iata et une commission de 2% à la Bmce. Si on peut comprendre la commission payée à l’Iata, on ne peut comprendre celle payée à la Bmce. Rien qu’en commissions, le Sénégal approche de son coût de financement sur le marché sous-régional alors qu’on ne nous dit rien sur les taux de l’emprunt de 350 millions d’euros. Quand est-ce que cet argent a-t-il été emprunté ? À quel taux ? Quel type d’emprunt ? Sur quelle place financière ?

La seule lecture qu’on peut faire de ce financement est la suivante : des privés sénégalais vont sortir 55 millions de francs Cfa pour constituer une société (donc ils risquent 55 millions), l’Etat crée une taxe (la Rdia) qui garantit et rembourse le coût de l’aéroport, un constructeur saoudien construit, se paye avec l’emprunt et empoche au passage quelques milliards, un gestionnaire allemand exploite l’aéroport et prend sa part du gâteau. Les actionnaires de Aibd Sa prennent du bon temps pendant trente ans, ne font rien, ne prennent aucun risque (à part les 55 millions) empochent quelques milliards et tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes.

Sur la mise à mort de la plateforme du millénaire de Diamniadio

On ne peut pas parler de Diamniadio sans parler de la concession du terminal à conteneurs du Port autonome de Dakar (Pad). En effet, la concession du terminal à conteneurs du Pad a été attribuée à Dubaï Ports World tandis que la zone économique spéciale doit être faite par Jebel ali free zone authority (Jafza). Il n’y a pas de hasard. Ces deux sociétés sont filiales de la même Holding : Dubaï World qui appartient à l’Emirat de Dubaï. Il faut savoir que ces deux projets vont de pair pour Dubaï World, car son intérêt pour le Port vient du fait que la zone économique spéciale va engendrer une activité conteneurs au niveau du Port. Il est donc normal de se poser des questions sur ce qui ressemble plus à une mascarade qu’à autre chose : l’appel d’offres du Pad. Comment donner la concession au moins-disant sous prétexte que l’offre technique pèse 60% ? Il semble plutôt que cet appel d’offres était taillé sur mesure pour Dp World.

En réalité, les Sénégalais viennent de le découvrir, mais les négociations pour la venue de Dubaï au Sénégal datent de longtemps. On a entendu un des responsables de Dubaï Port dire qu’ils ne connaissaient pas Karim Wade alors que le 18 juin 2005, Karim Wade concluait au nom du gouvernement sénégalais à Dubaï avec Jafza, la sœur de Dp World, un accord pour des études de faisabilité de la Zone économique spéciale (études de marché, marketing plan, cadre juridique et études d’impact économique). Et pourtant c’est le même responsable de Dp World qui a annoncé la création de cette zone. D’autres responsables de Dp World ont aussi justifié leur engagement au Pad et la faisabilité du 1,5 millions de conteneurs par la création de cette zone.

Il faut le dire clairement : les concurrents de Dp World n’avaient aucune chance de gagner. Pendant que les Sénégalais étaient en pleine campagne électorale, le 19 février 2007, l’Assemblée nationale a voté la loi portant création de cette zone économique spéciale. Cette zone doit s’étendre des limites de la plateforme du millénaire de Diamniadio et de l’aéroport jusqu’à l’océan Atlantique. Jafza qui va faire cette zone a fait les études, a conseillé le gouvernement pour la modification de la loi et cerise sur le gâteau, a obtenu une loi portant dérogation pour les investissements supérieurs à 250 milliards de francs Cfa. C’est comme si un joueur de football définissait lui-même les règles du jeu avant d’entrer dans le terrain.

Cette arrivée de Jafza a poussé les Américains à la sortie. En réalité, les américains étaient déjà à bout du fait d’une politisation excessive du dossier du Mca et d’un management carent et inexpérimenté, ce qui valu le rappel de Sogué Diarisso pour sauver les meubles.

S’il y avait un choix à faire entre Diamniadio et Jafza, je prendrais le Mca sans hésitation. Le Mca est un don, il est n’est pas besoin d’être un économiste pour savoir que les entrepôts du Mca allaient coûter moins cher que ceux de Jafza pour la location ou pour la vente. Il se trouve aussi que la Plateforme de Diamniadio était avant tout un projet de réaménagement urbain, avec le transfert d’industries de Dakar (notamment ceux de la baie de Hann), la création du marché national, d’une gare de gros porteur etc…

Ensuite Diamniadio et Jafza n’ont pas les mêmes cibles ni le même régime.

De ce que nous savons sur les zones franches de Jafza : les entreprises qui s’y installent peuvent être à 100% à capitaux étrangers, elles ne payent ni taxes, ni droits de douanes, ni impôt sur le revenu, ni impôt sur les sociétés et elles peuvent utiliser une main d’œuvre 100% étrangère. Nous n’avons pas vu la loi sur la zone économique spéciale, mais Jafza ayant conseillé l’Etat du Sénégal sur cette loi, on ne devrait pas être loin de ce cadre juridique.

Il ne faut pas aussi être naïf comme Ahmed Khalifa Niasse qui nous annonce un don de 30 milliards de dollars de Dubaï pour la nouvelle capitale. Même si Dubaï World appartient à l’Emirat de Dubaï, ce sont de vrais financiers intervenant sur la bourse et ils ne font pas de la philanthropie, ils font des affaires. Dubaï World vient de récolter par un emprunt obligataire la somme de 3 milliards de dollars sur la place financière de Dubaï. Donc, ces gens là ont, contrairement à l’idée que nous nous faisons des pétrodollars, des impératifs de résultats. Les négociations que le gouvernement mène avec eux doivent être dirigées par des personnes expérimentées et la crème de l’administration sénégalaise doit être impliquée.

Ce qui est déplorable dans ces affaires c’est qu’on négocie des projets aussi importants qui engagent l’avenir de toute une nation dans la confidentialité la plus absolue, sans concertation, sans aucune démarche participative (les populations qui sont dans l’emprise du projet ont-elles été consultées ? ) et en mettant de côté les compétences de ce pays (et Dieu sait qu’on en a), pour laisser de jeunes inexpérimentés aller négocier avec en bandoulière le seul objectif d’épater les Sénégalais dans la perspective de leur montée vers le sommet.

Et les Sénégalais ne sont pas au bout de leurs surprises car des négociations sont en cours avec les Emiratis pour le site actuel de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Yoff (un mémorandum aurait déjà été signé avec un groupe d’Abu Dhabi un autre émirat), le lac Rose et la nouvelle capitale (négociations avec Limitless Llc une autre filiale de Dubaï World spécialisée dans l’immobilier). «La Génération qu’on crée» attendra là aussi d’avoir du «concret» pour annoncer aux sénégalais ces «prochaines bonnes nouvelles».

En réalité, avec la transformation de l’Apix en société anonyme, on va tout simplement vers la création à l’intérieur du Sénégal de zones qui échapperont à tout contrôle d’une quelconque autorité publique : ni le fisc, ni le cadastre, ni la douane ou un quelconque service de contrôle de l’Etat ne pourra y mettre les pieds. Le Sénégal utile va appartenir à des intérêts privés.

Matar SEYE - Prof de Maths - Consultant financier
www.makhsou.skyblog.com - matarseye@yahoo.fr
Source: Le Quotidien

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Vendredi 6 Juillet 2007





1.Posté par VIVE LA GENERATION DU CONCRET le 06/07/2007 17:44
Œuvrer pour son temps et pour le futur consiste à s'investir à fond comme Acteurs méthodiques de son présent (maîtrise de son destin économique, politique, social….) en posant les jalons de la Jeunesse du concret, et comme Architectes de son Futur en balisant le chemin pour la postériorité dans le cadre de la solidarité entre les générations. Les enjeux globaux (nationaux et internationaux) auxquels notre monde est confronté interpellent nos consciences et font appel au géni de notre génération pour donner enfin du sens à l'action de l'homme pour un développement partagé et durable.
La Jeunesse du Concret est le porte flambeau des idéaux de la Génération du Concret.
A ce titre elle est un maillon important du dispositif de la Génération du Concret.
La Jeunesse du Concret a bien conscience de la nécessité d'une convergence de nos idées et de nos actions pour dessiner les contours d'un espace de réflexions fécondes et d'un cadre d'actions pertinentes pour répondre à la demande nationale d'aujourd'hui et de demain. Notre idéologie passe d'abord par l'émergence d'un nouveau type de citoyen placé au centre de l'espace public (c'est-à-dire bien informé des enjeux de son temps), du développement et capable, par conséquent, de contribuer activement à la dynamique de construction nationale.

Cette nouvelle forme d'engagement traduit concrètement le concept de « la génération du concret » et doit se déployer suivant l'approche D.M.A.I.C : Définir Mesurer Améliorer, Innover, Contrôler. Notre Mouvement a plébiscité le concret dans les cœurs et dans les esprits et s'engage logiquement à suivre la voie salutaire tracée par Monsieur Karim Meïssa WADE pour placer définitivement le Sénégal sur les rails d'un pays émergent. C'est en cultivant en permanence les valeurs essentielles du travail, de la combativité, de l'esprit d'initiative allié à un sens élevé de la discipline et quête de l'excellence, que nous installerons définitivement notre pays dans le cercle des Nations prospères, débarrassées des avatars du sous-développement. C'est cela en réalité la finalité de tout projet de société répondant réellement aux aspirations profondes du peuple sénégalais.

Aider la Jeunesse du Concret à accomplir son objectif pour le Sénégal, c'est tout simplement s'aider soi-même car les réalisations et les grands projets sont au bénéfice exclusif de toutes les générations d'aujourd'hui et de demain.

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