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[ CONTRIBUTION ] La Ripoux-blique en deuil (Par Marvel)

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Le régime dit de l'alternance vient de démontrer à nouveau sa particularité, sa propension à politiser, ou plus justement politicienniser tout évènement, toute situation, mêmes les tragédies. C'est devenu une routine de voir les caméras de la minable RTS accompagner Wade dans ses activités qui devaient rester strictement privées, comme lorsqu'il va présenter ses condoléances à ses amis, militants, ou familles de militants. Les caméras sont certainement là pour témoigner de la sincérité qui se lit sur le visage de Wade et ses bagages habituels, comprenez ses courtisans sélectionnés pour l'occasion. C'est certainement la même sincérité qui l'accompagne lorsqu'il va recueillir des prières, agenouillé auprès de son marabout, même si parfois entre deux prières, Wade emprunte 2 milliards à son marabout, hors des micros et caméras.



[ CONTRIBUTION ] La Ripoux-blique en deuil (Par Marvel)
Ces grands moments de "sincérité" de Wade sont souvent choisis par lui soit pour faire des déclarations purement politiciennes, soit pour envoyer des messages codés à un de ses collaborateurs cible du moment, soit pour annoncer des décisions sous forme de pilule à faire passer ou de ballon de sonde, soit pour d'autres actes bien calculés.



Il faut reconnaître un apport non négligeable du régime de l'alternance, le seul véritable apport en quelque sorte, c'est-à-dire celui d'avoir révélé les tares de la société sénégalaise, d'avoir montré au grand jour le véritable visage d'une certaine frange de la population :



- celle qui se dit "Marabout ou Khalife ou Serigne ou Guide spirituel …..", des personnes dont la très grande majorité a démontré être plus attachée à la chose matérielle, aux délices, aux belles voitures, à la chair fraîche, que ne le sont leurs talibés



- celle d'hommes politiques ou de personnalités publiques (artistes, hommes d'affaires, acteurs sociaux, ….) capable de s'aplatir lamentablement et tourner le dos à tout principe, éthique et valeur, dès que leurs prix sont atteints.



Les évènements des dernières semaines ont encore permis de s'en rendre compte.



D'abord il y'a les élections qui ont vu politiciens et guides religieux pactiser ou se faire chanter mutuellement, sur le dos des réservoirs de voix de talibés à engranger. Des élections qui vont marquer l'histoire de l'alternance d'une pierre rouge, une alternance que les sénégalais semblent regretter profondément tel qu'ils l'ont démontré par la voie des urnes malgré tous les actes posés pour les dissuader de s'exprimer ou pour tripatouiller leur volonté comme ce fut fait deux années auparavant aux élections présidentielles.



Mais il y'a aussi un évènement qui n'aura échappé à personne, qui ne pouvait de toute façon échapper à personne tellement le matraquage était interminable, il s'agit bien sûr du décès de la pauvre Karine Marteau. Il y'a un peu plus d'un mois et demi, 99,99 % des sénégalais n'auraient pu mettre un visage sur ce nom, ou un nom sur le visage de la même et unique photo publiée à qui mieux mieux dans les médias. Pourtant ces derniers jours, après l'annonce de la disparition de Karine, ou plutôt de Karine Wade car c'est ce nom Wade qui en à fait une défunte entièrement à part, que de larmes versées, des communiqués de condoléances, de moments de silence solennel, d'ouvertures par des prières, d'éditions spéciales, d'éditoriaux, et que sais-je encore.



Je ne vais pas à mon tour verser ici des larmes pour démontrer que je ne suis pas insensible, que je ne verse pas dans le cynisme. J'ai certainement beaucoup plus de compassion pour cette dame qui a connu une si triste fin, et mes pensées sont beaucoup plus sincères pour les 3 petits enfants que Karine laisse livrés à un papa qui, au moment où leur maman agonisait, était si occupé dans des stratégies marketing utopiques, à parcourir le Sénégal à travers des avions privés, à donner des interviews en tant que golden boy qui n'a jamais connu la défaite et qui se cherche même une opposition.



Abdoulaye Wade, fidèle à ses bourdes comme lorsqu'il avoue avoir été franc maçon pensant se rendre intéressant, a révélé dans une de ses déclarations qu'ils s'attendaient à la mort de Karine depuis 2 semaines comme indiqué par les médecins, et ajoutant également "Pour nous, elle devait décéder vendredi (3 avril) dernier. Parce que, nous avions épuisé la Science des hommes …". Si l'on en croit donc les propos de Wade, il faut remonter à deux semaines auparavant pour situer cette annonce tragique des médecins, donc à la dernière semaine de la campagne électorale, la semaine la plus agitée pour les Wade père et fils. Qui pouvait lire sur les visages du mari de Karine ou sur celui du beau père de Karine une préoccupation autre que électoraliste et politicienne ? Pendant que le papa se faufilait entre les foulards rouges, le fils entrait en transe sur des podiums, ragaillardi par les cris et sifflets de femmes et d'enfants transportés là pour lui donner l'impression de valoir quelque chose aux yeux des sénégalais. A quel moment ont-ils donné l'impression d'avoir l'esprit absent dans cette campagne sur laquelle reposait leur projet monarchique ? Alors même que, conformément au code électoral, personne ne devait battre campagne la veille du jour du scrutin, les Wade jouaient les prolongations en violation des lois.



Au jour des élections, qui n'a pas remarqué les très larges sourires de l'ex futur maire de Dakar montrant son doigt rouge de l'encre supposée indélébile ? Ces larges sourires ne ressemblaient pas bien sûr à des signes d'anxiété pour une épouse vivant ses derniers jours ou heures, mais plutôt à la joie d'un rêveur à qui ses courtisans et conseillers en stratégies farfelues ou communications douteuses ont fini de convaincre que les formules reprises sur un fichier excel, des slogans stupides, et surtout les milliards pour arroser partout et tout le monde, suffisent amplement pour prendre la tête d'un pays comme le Sénégal.



Quelques heures plus tard, à l'annonce des premières tendances, c'est le désenchantement total, chaque résultat annoncé était synonyme d'une grosse fessée pour ces fils à papa, grands kleptomanes en herbe trop bien partis pour dépasser leur maître. Karim dans son propre bureau, dans celui de son papa, et celui de sa maman, c'est l'immense humiliation, le coup de pied là où ça dégage le plus.



Heureusement, "Meussieur" n'a pas les mêmes contraintes que les sénégalais voulant voyager, à savoir réserver pour avoir de la place dans un avion. Karim enfourcha "son" jet privé, certainement acheté aussi avec ses milliards bonus alors qu'il était simple banquier, pour aller se préoccuper, enfin, des "sérieux problèmes familiaux" dont Hassan Ba nous parlera au lendemain de la gifle électorale.



Laissant leurs valets, courtisans, charlatans, donner des explications aussi stupides les unes que les autres à cette déculottée, Karim disparût donc de la scène, se trouvant certainement au chevet de son épouse, Abdoulaye lui qui ne changera aucune de ses habitudes quel que soit ce qu'en pensent les sénégalais, ou quelque soit la tragédie qui se déroule sous ses yeux, alla se chercher une énième décoration de camelote à l'Université de Montpellier.



Voilà donc les personnages qui ont suscité tant de larmes, tant de pitié, tant de compassion, alors qu'eux-mêmes, pendant qu'ils enterraient, qui son épouse, qui sa belle fille, n'en oubliaient toujours pas les calculs politiciens. Karim se cramponne en plein deuil à ses rivalités politiques avec le fils d'emprunt qui avait failli lui chiper sa place de dauphin, tandis que Abdoulaye, en pleine cérémonie de condoléances, en profite pour régler des comptes politiques et défendre sa manière d'organiser des élections.



Toujours concernant Abdoulaye Wade, l'on n'a pas manqué de se poser des questions sur l'opportunité de ne révéler qu'après sa mort, que Karine Wade a été convertie par le franc-maçon qu'il a avoué être, et qu'il lui a fait porter le nom de Aïda Marème. Voilà un homme qui convertit si facilement les femmes des autres, mais est incapable de le faire pour sa propre épouse depuis près de 50 ans.



L'excès d'hypocrisie et d'opportunisme du plus grand nombre de présents à ce deuil en a pratiquement ôté son aspect pourtant douloureux et tragique, au détriment de la pauvre Karine, partie sous une débauche d'argent public avec plusieurs avions mobilisés, sous un tapage médiatique qui a dû surprendre ses parents naturels. Mais c'est la ripoux-blique qui était en deuil, et les calculateurs habituels qui ne perdent aucune occasion pour tirer des dividendes ou se positionner allaient rivaliser de tristesse de mines, en commençant par les marabouts capitalistes qui devaient pourtant appeler à la retenue et au recueillement spirituel, plutôt que d'en rajouter au zèle.



Il me vient à l'esprit ces 17 sénégalais morts au courant de la même semaine du deuil de la ripoux-blique, alors qu'ils voulaient rejoindre les côtes espagnoles, une tragédie classée derrière la rubrique des faits divers. Combien de dizaines de sénégalais ayant beaucoup apporté à leur pays ou village, ou ayant essayé de le faire, partent quotidiennement dans l'indifférence la plus totale, leurs familles laissées à elles-mêmes ?



Une autre preuve d'hypocrisie et de contradiction. Wade dans ses discours cette semaine là, a souligné et salué l'exception sénégalaise, cette exception qui fait oublier les querelles, les divergences, les différences, et réunit les cœurs et les esprits dans des moments tels que celui d'un deuil. Il faut alors dire que les Wade père et fils sont les exceptions à l'exception sénégalaise.



- Karim qui ne voulait pas se voir présenter des condoléances par Idrissa Seck n'étonne guère de ce garçon qui ne s'est de toute façon rappelé de sa sénégalité qu'il y'a peu.



- Quant à Abdoulaye Wade, où était-il lorsque venait de disparaître l'illustre Mamadou DIA ? Quelle part dans l'un de ses discours a-t-il réservé à la disparition de celui qui a signé l'acte d'indépendance de ce pays qui lui a tout donné en 2000, et qui a fait malgré lui la fortune incommensurablement douteuse de Wade et sa famille au point qu'ils puissent se permettre chacun de voyager avec son propre avion chaque fois que de besoin, privé ou officiel ?



Nos deux endeuillés sont vraiment des exceptions à l'exception sénégalaise.



La semaine d'émotion étant passée, les combines et crimes économiques ont vite repris leur train normal. Pendant que le fils est signalé dans le dossier nébuleux de la vente des actions de la Sonatel, le père engage de nouvelles combinaisons politiciennes dans les différentes institutions à son service. Les sénégalais n'ont qu'à se tenir prêt car ces deux lascars n'ont rien retenu de la raclée subie un mois auparavant, sinon qu'il fallait comploter d'avantage contre ces sénégalais. Il n'est peut-être pas nécessaire d'attendre 2012 pour les dégager car ils vont adopter la politique du pire sachant que c'est ce que les sénégalais leur réserve.



MARVEL

marvel@hotmail.fr

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Lundi 27 Avril 2009





1.Posté par Waakh Deug le 27/04/2009 14:53
Une analyse tres juste. Vraiment bien vu. Bravo!

2.Posté par sab le 27/04/2009 15:10
deug rek moy deug

3.Posté par alain le 27/04/2009 16:37
cette famille on monarchisee le pays a leur quise......................c est du n importe quoi.........avec une tetevision...........a leur trousses...................c est un malheur................cette facon de gouverner...........ce pays de SENGHOR ET DIOUF les sages............dirigeants...........le peule n est pas pret de les oublies...........

4.Posté par fa le 27/04/2009 17:28
analyse trés interréssante et véridique, trés bien dit

5.Posté par wah li am le 27/04/2009 17:39
DEUG-DEUG li am rek ngua wah.BRAVO MARVEL

6.Posté par sad le 27/04/2009 17:58
bravo marvel merci pour ta lucidité tu trouves les mots justes pour qualifier ces abominations qui constituent la famille de wade!!

7.Posté par B le 27/04/2009 18:25



marvel ne se rappelle au bon souvenir des senegalais que quand ses négociations avec wade s'arrêtent nettes.

marvel (idrissa seck) n'arrive pas à avoir le poste de vice-présidence


ceci explique cela

8.Posté par paa-bi le 27/04/2009 19:56
En tout cas pour son projet de DEPENALISATION DE L'HOMOSEXUALITE,Wade dispose de solides appuis ,en l'occurence :marabouts,khalifs ,guides religieux, et autres taryakhs.

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