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CONSOMMATION - Les Sénégalais n’ont pas peur du poison

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Les informations qui font état de la présence d’élements toxiques dans les produits alimentaires ou textiles fabriqués par les Chinois, ne semblent pas ébranler les consommateurs sénégalais, encouragés par le mutisme des autorités. A la veille de la fête de Korité, ils ont envahi les boutiques chinoises établies sur le Boulevard du Centenaire. Par ailleurs, les négociants chinois, qui acceptent de parler à la presse, dégagent leur totale responsabilité.



Les produits chinois continuent de soulever de la controverse, aussi bien au Sénégal qu’à travers le monde. Mais si dans beaucoup de pays du monde, singulièrement en Europe et aux Etats-Unis, l’opinion se méfie de plus en plus des produits en provenance de l’Empire du Milieu, le consommateur sénégalais semble saisi par une très forte apathie. Cette indifférence apparente est, faut-il le dire, aussi alimentée par le silence général des autorités politiques sur la qualité des produits en provenance du grand pays d’Asie et qui sont vendus sur les places publiques.

Ainsi, après avoir indexé le lait chinois, dans lequel on a trouvé de la mélamine, un produit toxique utilisé dans la peinture, les services de santé du monde viennent de trouver de produits dangereux dans des chaussures fabriquées en Chine, et qui seraient toxiques. Néanmoins, tout ce tollé ne soulève aucune inquiétude de la part des consommateurs du Sénégal, qui ne cessent de prendre d’assaut les boutiques des Chinois établis dans la capitale.


Il est 10h30, ce lundi de veille de fête. Une pluie très fine vient tout juste de s’arrêter, après avoir rafraîchi agréablement la ville. Des marchands, qui s’approvisionnent dans les magasins chinois ont fini d’installer leurs étals remplis de produits, sur la chaussée, où viennent les entourer des consommateurs préoccupés par leur fête. Ce n’est pas la qualité médiocre qui découragerait ces derniers : «Tous les produits chinois sont connus des Sénégalais. La question de la qualité, ce n’est pas une nouveauté pour les Sénégalais. Nous, on est là pour gagner notre vie», tranche Ousmane Ndiaye, un jeune commerçant. Interrogé sur la présence éventuelle de produits toxiques dans les produits chinois comme les chaussures, ce commerçant d’une trentaine d’années répond par la négative avant de préciser sur un ton péremptoire : «Même si cela était vrai, ça ne changera rien de toute façon. Car, c’est notre gagne-pain et nous continuerons à vendre ces produits.»


Abondant dans le même sens, Modou Seck un vendeur établi également sur le boulevard du Centenaire, ne cache pas sa satisfaction de travailler avec les commerçants chinois. «Nous voulons travailler et comme nous n’avons rien de meilleur, nous allons continuer de vendre ces produits pour gagner notre pain.» Mamy Diallo, une cliente venue acheter des chaussures pour la Korité, assure que ces produits chinois sont les mêmes que ceux que l’on trouve dans les grandes boutiques de Dakar, et à des prix élevés. Aussi, pense cette fille qui habite les Parcelles Assainies, cette campagne contre les chaussures toxiques peut être «de l’intoxication pour décourager les acheteurs et obliger les Chinois à quitter chez nous». Elle est convaincue qu’il y a des gens qui manœuvrent pour gêner le commerce des Chinois. D’autres consommateurs, pour leur part, ignorent complètement ce danger.

«Je ne suis même pas au courant, mais si cela s’avère juste, je n’achèterai plus ces produits», lâche Fatou Ndoye, venue de Grand-Dakar. Marième Lô, quant à elle, a été informée par sa sœur. Mais elle n’est pas très convaincue.
Adama Sy, une journaliste à la radio Océan Fm, venue aussi préparer la Korité reconnaît que les produits chinois ne sont pas de qualité, mais puisqu’ils sont accessibles à toutes les bourses, elle ne peut s’en priver. Toutefois, elle est consciente des rumeurs qui circulent à travers le monde sur la nature toxique des produits chinois. Et pour cela, considère-t-elle, «nous devons nous lever et veiller à l’instar des autres pays de la sous-région, comme le Burkina Faso, le Niger et le Bénin, qui ont interdit toute importation de produits alimentaires venant de la Chine». Elle se désole : «Les bruits circulent et jusque-là, nos autorités n’ont encore rien fait.»

De leur côté, les premiers intéressés, se réfugient, comme à leur habitude, dans le silence. Les commerçants chinois interrogés n’ont pas voulu répondre aux questions de journalistes, prétextant qu’ils ne comprennent pas français. Lu Xiao, le seul vendeur chinois qui a voulu se prêter au jeu, grâce à l’assistance de son employé, rejette pourtant, de manière catégorique, toute responsabilité dans la qualité de sa marchandise. «Je ne travaille pas dans une usine, je ne produits pas ce que je vends. Je ne fais qu’acheter les produits et les revendre, je ne sais même pas comment ont fait pour obtenir des produits toxiques», se défend-il.

Justin Gomis

Source Lequotidien

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Vendredi 3 Octobre 2008




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