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COMMERCIALISATION DE L'OIGNON LOCAL : Le prix, objet de discorde entre le ministère et certains producteurs


- 200 000 tonnes attendues, l'autosuffisance pas loin

La fixation du prix de l'oignon local a été l'objet d'une discorde entre les autorités et certains producteurs. Fixé à 250 F par les autorités, les producteurs ont totalement réfuté cette décision en indiquant que la réalité est tout autre dans les marchés.



COMMERCIALISATION DE L'OIGNON LOCAL : Le prix, objet de discorde entre le ministère et certains producteurs
C'est un véritable coup de gueule que certains producteurs et commerçants de l'oignon local ont donné hier lors du lancement de la campagne de commercialisation de ce produit. En effet, tout a commencé lorsque les autorités ont annoncé que le prix du kilogramme de l'oignon est fixé à 250 F et que le président de l'Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois) a donné un chèque de 7 millions pour acheter les 30 tonnes d'oignons amenées pour cette cérémonie de lancement. Une nouvelle qui n'a pas plu à certains producteurs et commerçants venus assister à la cérémonie. Ne voulant même pas écouter le ministre du Commerce qui devait commencer son discours, ces derniers se sont levés pour s'adresser aux journalistes en exprimant leur courroux. «Nous sommes dans le désarroi total parce que tout simplement depuis 7 mois, nous trimons dur pour cultiver l’oignon. Les autorités viennent aujourd’hui, pour le lancement de la campagne de commercialisation de l’oignon local, d’amener de l’oignon que nous n’avons pas cultivé. Cet oignon est cultivé par des Indiens», peste Mamadou Sall un producteur d'oignon local. Très en colère contre les autorités étatiques, il continue : «elles disent que le prix du kilogramme est à 250 F. C'est faux, elles sont en train de faire du folklore, mais le kilogramme de l'oignon est à 150 F».

Abondant dans le même sens, Moussa Ndao, ce commerçant établi au marché Thiaroye, crache son venin : «si les autorités disent que le kilo de l’oignon est à 250 F, c’est qu’elles disent ce qu’elles veulent. Mon jeune frère est arrivé hier du Walo ; il a apporté 30 tonnes d’oignons qu’il vend à 175 F le kilo. Donc si les autorités viennent dire que le Kilo est à 250 F, c'est de la politique et nous nous ne faisons pas de la politique. Ce qu'elles disent et ce qui se passe dans les marchés sont diamétralement opposés. Les gens ont pris leur argent pour acheter de l'engrais, ils ont acheté leur semence, ont trimé dur pour cultiver et les autorités viennent pour dire que le prix de l’oignon est à 250 F. Nous ne sommes pas d’accord. Dans les marchés, vous pouvez aller vérifier, il est même impossible de vendre à 175 F». Aussi, Moussa dira-t-il que les autorités «ont dit qu'elles ont arrêté d'importer. Mais l’oignon qui vient de la Hollande est toujours ici dans les magasins ; elles disent qu’elles vont arrêter, mais il y a deux bateaux qui sont venus, c’est pourquoi les paysans ne peuvent pas vendre l’oignon local. Vous pouvez même venir au marché, je vais vous montrer les oignons que les bateaux ont apportés», avant de préciser que «les 30 tonnes d’oignons qui sont amenées et que le président de l'Unacois vient d'acheter, ce sont les Indiens qui les ont cultivés à Rosso Béthio». Pour renchérir, Khalifa Ababacar Niane, un autre producteur, de dire : «le problème est que les 30 tonnes qu’ils ont amenées ici pour le lancement de la campagne de commercialisation ne sont pas cultivées par les paysans sénégalais. Ce sont des Indiens qui ont cultivé ces oignons. Nos oignons sont différents. Il faut qu’ils disent la vérité. Il y a aussi le fait que l’oignon importé est toujours dans le marché».

Interpellé, le secrétaire général de l'Unacois, Mame Bou Diop souligne : «Ce sont des intermédiaires qui sont en train de parler, il sont ici au marché Thiaroye. C’est vrai qu’ils ont des problèmes pour vendre leur production, mais c'est parce qu'ils sont pressés. Il faut qu'ils attendent un peu parce qu'on vient juste de lancer la campagne de commercialisation de l'oignon local»

200 000 tonnes attendues, l'autosuffisance pas loin

La production d'oignon attendue pour l'année 2011 est de plus de 200 000 tonnes. Et d'après la projection du ministre du Commerce Amadou Niang, hier, lors du lancement de la campagne de commercialisation de l'oignon local, c'est une valeur monétaire de 30 milliards de F Cfa à distribuer. Mais cela ne couvre pas les besoins de consommation du pays. En effet, c'est seulement 7 à 8 mois de consommation qui sont couverts par la production locale. «C'est dire que nous ne sommes pas loin d'atteindre l'autosuffisance en oignon» déclare M. Niang.

Aussi, «concomitamment, les importations d'oignon ont été réduites de l'ordre de 40% entre 2008 et 2010, impactant de manière très sensible sur les possibilités d'écoulement de la production locale d'oignon. Au-delà de cette opportunité, le déficit de la balance commerciale du pays s'en est trouvé réduit, ce qui de tout temps a constitué un enjeu majeur pour les secteurs publics et privés sénégalais», précise le ministre du Commerce qui rappelle que «des mesures incitatives prises par l'Etat ont eu des impacts qui se sont matérialisés sur une augmentation très sensible du niveau de production : 40 000 tonnes en 2003 à 177 000 tonnes en 2010. Un chiffre d'affaires porté de 4 milliards en 2003 à 22 milliards de F Cfa en 2010».

Marianne NDIAYE (Stagiaire)
source Le Populaire

Jeudi 7 Avril 2011



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