Pourtant, il n’y a guère, on se vantait du nombre d’emplois créé avec un recrutement massif de fonctionnaires. Alors si moins de deux ans après, on nous annonce un dégraissement de la fonction publique ou une politique de départs volontaires comme aux temps douloureux des ajustements structurels. Il y a lieu de s’interroger pour savoir dans quel Sénégal sommes nous. Le Sénégal du troisième millénaire qui se targue de construire des infrastructures à tous vents avec un budget qui dépasse le millier de milliards de francs CFA, car étant un budget d’investissement comme le soulignait dans « La Sentinelle », le Premier Ministre. Ou, un Sénégal qui marche à reculons pour nous replonger à une vingtaine d’années en arrière.
Cette annonce du chef de l’Etat traduit la logique du ponce pilatisme dans laquelle le Sénégal est géré depuis quelques années. On assiste à des investissements qui ne répondent à aucune logique de planification, laissant apparaître des signes de tâtonnements tant dans la gestion des hommes que des affaires.
C’est pour cela aussi que des dépassements budgétaires sont notés. Des dépassements qui selon les explications de Souleymane Ndéné Ndiaye, résulteraient de projets entamés et abandonnés, faute de ressources budgétaires.
Cette gestion de tâtonnement entraîne enfin le vote de loi de finances rectificative, juste six mois après l’adoption du budget.
Pourtant, un peu d’ordre dans la gestion de ces agences budgétivores, parfois véritables doublons des ministères, de ces centaines de millions voire de milliards dépensés dans la location de jets privés, ou la réparation de la Pointe de Sangomar qui semble plus proche du cimetière des reliques que des tarmacs des aéroports, de cette pléthore de personnes recrutées pour satisfaire une clientèle politique et du coup, s’assurer un électorat…, aurait permis d’assainir les finances publiques, de faire respirer le trésor et de permettre à ces milliers de Goorgoorlous de préserver leurs maigres gagne – pains et faire face aux effets ravageurs de la conjoncture actuelle. Mais hélas, nous sommes dans le Sénégal de la bamboula, où ceux d’en haut trinquent pendant que ceux d’en bas, triment.
Seydina Kane
Source Africanglobalnews.info