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CINEMA - « YANDE CODOU » DE LAURENCE GAVRON : Sur les traces de la diva du Sine

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La réalisatrice sénégalaise Laurence Gavron (elle a récemment obtenu la nationalité) continue sa saga cinématographique sur les grands griots du Sénégal. Après deux documentaires sur le parolier Ndiaga Mbaye et sur l’historien et joueur de khalam Samba Diabaré Samb, elle a dressé le portrait en images de Yandé Codou Séne.

Le documentaire « Yandé Codou Sène, diva sérère » de Laurence Gavron (un peu plus d’une heure), tourné en vidéo, a été projeté mercredi dernier en Première au Théâtre national Daniel Sorano devant un public nombreux parmi lequel l’héroîne entourée de sa famille. Comme dans ses deux précédents films, la réalisatrice alterne interviews et témoignages sur fond de chants et de musique. Ici le chant est polyphonique et est rythmé d’une bonne dose de percussions. L’essentiel du film se passe dans le Sine profond, là où le poète et président Léopold Sédar Senghor a passé une bonne partie de son enfance. C’est d’ailleurs dans l’un de ces villages que Yandé Codou a rencontré Senghor dont il deviendra plus tard la griotte. Elle le suivait ainsi partout au Sénégal, lors de ses tournées politiques, culturelles ou économiques.

La réalisatrice promène sa caméra dans ce royaume d’enfance, interrogeant la famille et les contemporains de Yandé Codou Sène devenue une véritable icône de la culture sérère. Cela est d’ailleurs confirmé par Racine Senghor et Raphaël Ndiaye, deux intellectuels sérères dont les longues interventions dans le film ravissent quelque peu la vedette à la vieille chanteuse. En fait, au-delà du portrait presque intimiste de Yandé Codou, le spectateur a parfois l’impression que Laurence Gavron se livre à un travail ethnographique sur la culture sérère. En effet, ces interviews de spécialistes alourdissent le sujet. Du coup, le film devient trop « intellectuel », moins spontané, moins chaleureux, ce qui lui enlève une bonne part de l’esthétique qui donne du charme à un documentaire. Heureusement que la merveilleuse voix de Yandé Codou Sène, les chœurs de son groupe et les belles images prises dans les villages du Sine donnent de la qualité au film de Gavron.

Cependant, certaines scènes auraient pu être mieux travaillées, comme l’irruption du chanteur lébou Seydina Insa Wade et d’un musicien hal poulaar dont les improvisations avec les choristes de Yandé Codou n’ajoutent presque rien à la valeur du documentaire. Tout compte fait, Laurence Gavron a réalisé un film assez plaisant à suivre, même si certaines scènes (comme ce solo de guitare de Raphaël Ndiaye, ces séances de lutte ou ces séances de tam-tam) auraient pu être coupées au montage afin de réduire la durée du documentaire. Sur le plan purement cinématographique, son film sur Ndiaga Mbaye et (surtout) celui sur Samba Diabaé Samb sont mieux élaborés. Mais elle a le mérite, à travers cette trilogie sur les grands griots du Sénégal, d’avoir accompli un véritable travail de mémoire pour les futures générations et pour le patrimoine culturel sénégalais. Il est temps que les réalisateurs sénégalais suivent les traces de Gavron...

Source: le Soleil

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Mardi 19 Février 2008

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