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CHRONIQUE: « Fils de… »

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En général, les « fils et/ou filles de » se classent en trois catégories. D’abord, il y a les affranchis, qui se « libèrent » des « contraintes » familiales et vivent leur vie, celle pendant laquelle ils « réussissent » par eux-mêmes. Puis, il y a les profiteurs. Ils ne font rien et ont tout. Il y a les reproducteurs. Ceux-là ont beau être « doués » dans ce qu’ils font, mais ne peuvent s’empêcher de faire comme papa. Surtout quand papa et maman y tiennent.



CHRONIQUE: « Fils de… »
En élargissant la famille, on trouve une autre catégorie : les golems. Par définition, le golem est un être humanoïde, artificiel, fait d’argile, animé de vie par l’inscription sur son front, d’un verset biblique. Ramené au cadre d’un Etat, c’est un décret qui lui donne vie. Les traits dominants de cette catégorie de « fils de » est que ce sont des créatures toutes faites, sorties d’un chapeau par décision présidentielle, et qui doivent tout à leur créateur, et en sont le bras armé. Ils savent que si le cordon ombilical est coupé, ils retombent dans le néant. L’autre caractéristique qui est leur ADN, est qu’ils atteignent rapidement une importante situation sociale sans en acquérir les manières, le ton, le savoir-vivre. Quand ils sont là, on les remarque comme une mouche dans un bol de lait. Avec eux, les discussions « familiales » passent allègrement de la maison du père à la raison d’Etat.

Etre « fils de »… présente des avantages, mais n’est pas une position confortable, dans quelque pays que ce soit. Le soupçon du népotisme plane toujours. Jean-Edern Hallier a dit à ce propos : « le népotisme, c’est la structure intime de la société secrète. Il est ce qui fait que la Nation a cessé d’être démocratique. Il interdit aux uns de s’élever (ceux qui ne sont pas de la famille), et il permet aux autres de tenir les leviers de commande. C’est l’endogamie, la manière dont on meurt de consanguinité, les règles de l’échange ne fonctionnant plus. Le népotisme, c’est l’ultime régression ». Souvenez vous de Jean-Christophe Mitterrand alias « Papa m’a dit »… Bel exemple de dérive). Nous avons vu au Sénégal inscrit sur le passeport d’un ancien maire de Dakar : profession fils du maire de Dakar

Gouverner, dit-on, c’est prévoir. Mais c’est également vieillir. On court, mais, ô rage, avec le temps, le souffle se fait court et la foulée plus lourde. Après un septennat et quelques mois, Maître le découvre. Les effets d’annonce n’accrochent plus. Le moral, les poches et le panier des Sénégalais et des Sénégalaises sont désespérément en berne dans un pays où les impôts sont utilisés à gratifier Yawu Jaal, dont le seul fait d’arme est d’avoir brandi le portrait de Maître, présenté comme une gravure de mode, dans un stade où le lutteur était programmé dans les « petits combats ».

Pour Maître, les images se bousculent. Constante pour les uns, Président de la petite croissance et même de la décroissance pour les autres. Président par défaut pour les uns, et président des cadeaux pour ses fils. Et papa-gâteau pour le premier d’entre eux, celui-là biologique. Maître s’est mis en position de croire en son fils et de faire croire en lui. Et voilà que ses idées déclenchent un vent de panique dans la famille dont quelques membres se demandent s’ils ne vont pas finir dans le cimetière des ambitions envolées plutôt que dans la folle savane de la Génération du Concret, à en croire ses bénéficiaires et thuriféraires, qui « maîtrise » les nouvelles techniques et technologies et la compétence, viatiques pour une (future) crédibilité politique.

Il lui faudra dompter quelques éléphants, dévorer des (faux ?) lions qui pourraient avoir le tort de partager la même ambition qu’il a pour son fiston, et surtout faire étoffer par les golems, le fond de sauce d’un discours sur les tares et les « limites » des adversaires, mais aussi sur les compétences, les diplômes et le grand pouvoir de négociation, de Karim W. L’octroi de la troisième licence de téléphonie mobile est un exemple. A la fin de la mission, on a découvert un couple de « fils de », sorti du chapeau comme une paire de lapins, sur la piste d’un cirque gouvernemental, qui est constamment en maraude. Ces « fils de » sont devenus alors des personnages chevaleresques dont Maître s’est ingénié à (re)confirmer l’image et la filiation.

Pendant ce temps, sur les chantiers désorganisés qui empêchent les usagers de la route de distinguer ce qui est neuf mais déjà détérioré, de ce qui n’a pas encore été changé ou reconstruit, le « fils de » Maître nous impose des supplices BTPesques qui traînent en longueur, en attendant de pouvoir laisser passer le tramway esthétique, pratique, efficace, exempt de tout vibrion cholérique et promis aux Sénégalais par son papa. Dakar, violée dans son corps et son âme par des promoteurs hôteliers, ville inachevée émerge très difficilement, avec ses kilomètres de chantiers, les poutres de ses tunnels et toboggans, levées vers le ciel comme des bras qui espèrent, se demande si une corniche, (sur laquelle a plané un « corbeau »), fait une nouvelle ville.

A force de vouloir toucher à tout, de rechercher par principe le champ des caméras et des micros, les « fils de Maître » et Maître lui-même ont atteint les limites d’un système qu’ils ont eux-mêmes élaboré. Les factures des premiers temps de l’Alternoce sont en train de se payer. Six mois après avoir prêté serment, Maître a confessé ne pas pouvoir faire de miracles. La complexité des problèmes l’emporterait-il sur le roman à l’eau de rose ? L’Unique, la Constante, « l’homme le plus diplômé du Caire au Cap », serait-il devenu la « fusée » Wade qui fait son entrée dans les couches basses de l’atmosphère, après avoir observé le pays, du haut de son nuage. Et là, un principe des sciences physiques opère : plus on monte, moins on a d’oxygène.

Au mouvement d’humeur né de la cherté des produits de grande consommation, Maître pointe un doigt accusateur sur le prix du baril du pétrole et nous demande, nous, « fils de Dieu », de patienter, non sans nous informer au passage que du pétrole a été trouvé au large de Saint-Louis. Dans dix-huit mois, il pourra être exploité, et vendu, certainement, sur la base de la « Wade formula »… Hip, hip, hip, chiche ! Un émirat est en voie de gestation. Qui dit émirat, parle de famille biologique, ou à (re)composer.

Dans ce cas précis, seul Dieu, invoqué par Maître, sait. N’est-ce pas Idy ? Mais honni(e) soit qui Macky pense ! Et puis après tout Yallah mooy Karim ! Tiens, tiens, n’avons-nous pas là, un trio « de fils de » Maître, à la fraternité douteuse et fausse. Les deux premiers cités, comme Icare se sont brûlé les ailes, au soleil wadien. Le troisième est-il le bon ? Wala wala book ?

Henriette Niang-Kandé
Source: Sud Quotidien

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Mardi 30 Octobre 2007

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