Référence multimedia du sénégal
.
Google

CHRONIQUE: 'De vous a mois' Par Felix Nzale

Article Lu 1618 fois

Le président Abdoulaye Wade a clairement promis de régler leur compte à tous les boycotteurs qui ont chahuté « ses » législatives. Il a voulu que les électeurs se ruent en masse dans les centres et bureaux de vote pour administrer la raclée aux opposants hérauts du boycott, mais il n’a pas été suivi.



Que les populations aient été davantage motivées par des raisons autres que l’appel au boycott de l’opposition, le chef de l’Etat n’en a cure, blessé qu’il est dans son orgueil. Il est sans aucun doute taraudé par le sentiment que les décisions qui seraient issues de « son » Assemblée seront sans relief. Comme au lendemain de sa réélection le 25 février dernier lorsqu’il a menacé d’envoyer en prison ces opposants, le président Wade a encore tenu un discours belliqueux. Par ses propos, il dérape et sort carrément du cadre démocratique. Ou fait-il encore, ainsi qu’à l’accoutumée, son sport favori, c’est-à-dire : clignoter à gauche et tourner à droite ? Comment peut-il se baser sur des renseignements généraux en ce qui concerne son propre parti pour indexer des dirigeants qu’il nomme et dégomme quand il veut et pourquoi ne les a-t-il pas nommément cités si tant est qu’il les a clairement identifiés ? Quelle place octroie-t-il à la manipulation dans ce domaine ? N’avait-il pas tenu des propos similaires ou avoisinants en 2001 au sortir des législatives anticipées ? Si j’étais Macky, j’éprouverais quelques craintes pour mon fauteuil en tout cas. Parce qu’il m’aura laissé les coudées franches, pour mieux… m’avaler par la suite ? Les « mathématiques » du vieux, ne l’oublions pas, sont toujours à plusieurs inconnues.

Wade veut donc faire la fête aux boycotteurs qui se trouvent être ces millions de Sénégalais ayant préféré dire non aux députés dont ils ignorent à quoi ils servent dans ce pays ! Cela veut-il dire que le chef de l’Etat va davantage ordonner l’intensité des coupures de courant ? Qu’il va faire grimper le prix des denrées ?… Qu’il va laisser se noyer dans les eaux pluviales tous les pauvres banlieusards qui ont osé le défier ? Qu’il ne va pas dégrossir ses quarante ministres pour un pays hyper-pauvre comme le nôtre là où la France, super-riche, n’en compte, elle, que quinze (15) ou les Usa (14) ? On attend de voir quelle forme va prendre ses menaces et l’on espère que s’agissant de boycotteurs, le président-secrétaire général du Parti démocratique sénégalais (Pds) parle de ses frères de parti. Sinon le peuple serait le nouvel ennemi réel du régime qu’il a porté au pouvoir. Aux yeux des tenants de ce régime-là, les Sénégalais seraient coupables d’avoir pensé et agi contre « leur » roi. Mais seuls les naïfs l’ignorent : avec les libéraux, nous sommes en face d’un esprit qui refuse toute mise en perspective fondée sur la critique de la politique de l’Etat. Le président représente cette tendance à imposer la pensée unique et le « béni oui ouisme ». Alors que lui-même se laisse aller à des remarques - souvent fondées et légitimes sur le principe – au sujet de toutes les dérives au plan africain (que l’on se rappelle sa fameuse sortie : « un Burkinabé est plus à l’aise en France qu’en Côte d’Ivoire »), il a tendance à fausser les termes du débat au plan national, exacerbant ainsi, en miroir, le sentiment d’autocratie qui habite nombre d’entre nous. Mais force est de constater que Wade s’est souvent employé à brouiller les données et à développer un discours orienté par un souci partisan qui tend à relativiser la défense des principes de démocratie, d’Etat de droit, d’égalité ou de justice.

Le comble pour notre pays, c’est que nous avons des défenseurs sélectifs à l’image de tous ces opportunistes qui font la course à la publication des bouquins lénifiants sur Wade au moment où les valeurs républicaines se diluent dans un ego démesuré et que des milliards de francs Cfa se dissipent et se dilapident vers on ne sait où. Nos intellos bien-pensants, pour la plupart, ne critiquent jamais l’action du gouvernement. Il est légitime de se demander alors quels principes et quels intérêts ils défendent au premier chef ? Pour ma part, je perçois clairement que leur positionnement répond à des logiques d’appareils. Je relèverai cependant avec respect le courage de ceux et celles qui s’insurgent contre toutes les injustices et dérives, notamment celles qui sont le fait de l’appareil d’Etat. Ils sont la lumière et l’espoir de l’avenir de ce Sénégal parce que celui-ci a plus que jamais besoin de cette exigence et de ce courage.

Source: Sud Quodidien

Article Lu 1618 fois

Jeudi 7 Juin 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State