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CHRONIQUE: Consensus fatal

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S’il y a une chose qui coûte cher à notre pays et à notre démocratie, c’est bien cette forme de consensus sui generis qui, finalement, nous fait perdre tout esprit critique. J’entends ici par « consensus » cette « qualité » bien sénégalaise de s’accorder à ne jamais régler les problèmes. Nous acceptons tellement l’inacceptable ! Nous l’avons tellement socialisé et si profondément intériorisé qu’il s’impose à nous de toute la puissance de sa seconde nature. Et cela est gravissime. Et pour le développement de notre pays, et pour le plein épanouissement de notre être à la fois individuel et collectif.



En un laps de temps, le prix de toutes les denrées est monté en flèche : l’huile, le pain, le lait, la farine, la viande…Nous autres Sénégalais, ne mangeons déjà pas à notre faim, et voilà qu’on vient renverser le bol de bouillie qui nous reste.

Au même moment, l’Assemblée nationale a grossi le nombre de ses députés à qui d’ailleurs, et dans le même élan de générosité politicienne, le président Wade a offert (avec l’argent des pauvres contribuables) des 4X4 dernières marques. Et que faisons-nous ? Rien ! Et c’est drôle parce que nous avons quand même ce côté frondeur qui nous pousse à exprimer clandestinement notre mécontentement quand on rentre le soir à la maison après 10 heures d’embouteillages et que l’on constate que l’électricité et l’eau, parties depuis le matin, ne sont toujours pas revenues.

Ailleurs, personne ne laisserait faire ce que, nous autres, évoquons avec fatalisme. Cette acceptation du désordre établi par une bourgeoisie d’accaparement et de prédation (politique et économique), à la fois extravertie et mafieuse, et qui prolifère dans tous les secteurs, le mobilier notamment. Ce consensus systématique tient d’une démobilisation citoyenne orchestrée et entretenue par une pseudo-élite intellectuelle particulièrement courtisane.

Refuser l’inacceptable ? Il nous faut donc être des anarchistes citoyens. Il nous faut être des provocateurs ; des promoteurs d’un esprit d’impertinence pour donner définitivement congé à toutes ces anormalités de l’alternance. Parce que de cet esprit peut sûrement naître une nouvelle vérité. Mais la question est la suivante : la voulons-nous vraiment, cette nouvelle vérité ?

Felix NZALE
Source: Walfadji

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Jeudi 5 Juillet 2007


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