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CÉLÉBRATION DES 350 ANS DE SAINT-LOUIS: Élan populaire autour d’une commémoration

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La ville de Saint-Louis s’apprête à célébrer avec faste ses 350 ans d’existence. C’est là une occasion inespérée pour exhumer le riche passé de cette cité, ex-capitale de l’Afrique occidentale française, qui a été tour à tour sous la domination française, anglaise puis française encore. C’est de cette ville qu’est partie l’expédition qui a enfanté le « Radeau de la méduse ». Tête de pont de la pénétration coloniale en Afrique de l’Ouest, la ville porte encore les traces de son riche héritage visible au niveau de l’île. Le maire et la municipalité vont puiser dans toutes les ressources disponibles à Saint-Louis, appeler les Saint-Louisiens et Saint-Louisiennes autour d’un grand comité d’organisation qui aura à charge de définir le programme pour que les 350 ans de cette cité, qui a vibré au rythme de la vie entre les quartiers Nord et Sud, des toilettes des signares et mulâtres, de la vision inénarrable qu’offrait le « Takussanou Ndar », soit une très grande réussite. D’ailleurs, la Mairie compte faire une manifestation qui, de mémoire de Sénégalais, n’a jamais eu lieu, dans le dessein de « permettre à la collectivité locale et aux populations de Saint-Louis de se réconcilier avec elles-mêmes et de regarder l’avenir avec tous les atouts ». Une dynamique de revisiter le passé et, surtout, en ayant un regard ouvert sur l’avenir.



CÉLÉBRATION DES 350 ANS DE SAINT-LOUIS: Élan populaire autour d’une commémoration
Histoire d’amour entre les populations et leur ville

La ville de Saint-Louis s’apprête à souffler les bougies du 350e anniversaire de sa fondation. Datant de 1659, il s’agit de la première ville fondée par les Européens en Afrique occidentale. Une fierté pour les Saint-Louisiens qui souhaitent une célébration grandiose, à la dimension de leur chère ville qui a véritablement joué sa partition dans l’histoire du Sénégal.

Saint-Louis fourmille comme jamais et, en parcourant ses différents artères, on a l’impression que la population a doublé, voire même triplé. Mais il n’en est rien. Avec la rentrée scolaire, l’animation a repris du service et l’ambiance est à son paroxysme. Salamalecs, conversations et éclats de rires, vociférations de vieillards, ronronnements et klaxons de véhicules, coups de sifflets de policiers réglementant la circulation, complaintes de gueuses, bêlements de bétail et sons de musique échappés de quelques transistors polluent l’atmosphère.

Point de passage obligé pour regagner l’île, le pont Faidherbe, âgé de quelque 144 ans et qui se trouve en pleine réhabilitation, supporte bon gré mal gré le poids des centaines d’automobiles qui le traversent quotidiennement, mais aussi des centaines de piétons qui l’empruntent. La plupart de ces gens ignorent l’âge de cette ville qui les a vus naître et grandir. « Tout ce que je sais, c’est que Saint-Louis date de l’époque coloniale et a joué un rôle très important dans l’histoire du Sénégal », souligne Mamadou Ndiaye, élève au lycée Charles de Gaulle. Du côté des automobilistes, rares sont ceux qui sont capables de dire avec exactitude l’âge de la ville de Mame Coumba Bang. C’est à peine s’ils vous lancent que « Saint-Louis est la plus vieille ville du Sénégal. » Même les touristes qui se plaisent à venir chaque année visiter cette charmante ville sont dans l’ignorance.

Pour ceux qui ne le savent pas, cette ville, située sur l’estuaire du fleuve Sénégal et baptisée en hommage au roi de France, Louis IX, a 350 ans qui n’ont rien d’utopiques et qui, sauf revirement de dernière minute, seront officiellement célébrées au mois de décembre. Si cette information de taille semble surprendre certains, d’autres s’en émeuvent et indiquent que cela mérite bien une grandissime fête. « C’est vraiment grandiose de savoir que cette ville qui présente un ensemble urbain, architectural, historique et culturel des plus remarquables de l’Afrique de l’Ouest souffle cette année ses 350 bougies. Franchement, je suis très fière d’être Saint-Louisienne, car Ndar a joué un rôle très important dans l’histoire de notre pays pour avoir été la première ville fondée par les Européens en Afrique occidentale, et pour avoir cumulé les fonctions de capitale des colonies du Sénégal et de celle de l’Afrique occidentale française de 1895 à 1902 », s’enorgueillit Fatou Dieng, étudiante en histoire, qui invite par ailleurs les autorités à célébrer en grande pompe ces trois siècles et demi d’existence de Saint-Louis qui a marqué de façon indélébile l’Afrique. Et comme aime souvent à le répéter « Collot » Diakhaté, « chaque Sénégalais, Africain doit un tant soit peu à Saint-Louis, car l’Aof s’est nourrie dans le sein intelligent, raffiné et rationnel que Saint-Louis distillait à tous ».

Mais, si Saint-Louis a connu une période glorieuse, elle a perdu ses privilèges avec la séparation des fonctions de Gouverneur du Sénégal et de Gouverneur général de l’Aof en 1902, puis avec le transfert définitif du gouvernement du Sénégal à Dakar en, 1958, et celui de la capitale de la Mauritanie à Nouakchott, en 1960. Une série de transferts qui, des décennies plus tard, est restée au travers de la gorge des Saint-Louisiens qui s’en rappellent encore comme d’un mauvais souvenir. « Si Saint-Louis connait aujourd’hui ce déclin, c’est en grande partie à cause de ce transfert de la capitale à Dakar. C’était une volonté du pouvoir. Aujourd’hui, tout cela c’est du passé. Notre ville a 350 ans et mérite une fête grandiose où toutes les populations seront impliquées pour lui assurer une réussite totale », indique Ibrahima Mbaye, un instituteur. « Cette célébration ne doit pas être l’affaire d’un groupe de personnes, mais de tout le monde. Et pour cela, il faudra une bonne campagne de sensibilisation pour que chaque Saint-Louisien, où qu’il soit, puisse connaitre la portée de cette célébration et apporter sa contribution », renchérit son collègue Bounama Dieng qui s’est toutefois étonné que la ville ne soit pas encore plongée dans cette ambiance festive des grands rendez-vous.

A 350 ans, Saint-Louis garde encore des traces de son passé avec ces nombreux bâtiments tels que l’église, le palais de justice, Rognat, l’institution des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, la grande mosquée, entre autres, qui datent de la première moitié du 19e siècle et qui sont le symbole d’un développement intensif. Et aujourd’hui, même si l’île de Ndar est inscrite sur la liste prestigieuse du Patrimoine mondial par l’Unesco, beaucoup d’édifices qui faisaient jadis sa fierté ont été complètement rayés de la carte ou se trouvent dans un état de ruines. « Notre chère ville est classée Patrimoine mondial depuis 2000, mais c’est vraiment malheureux de constater qu’elle est aujourd’hui soumise à de multiples agressions qui risquent de changer son caractère historique », avance Gora Ndiaye, un fonctionnaire à la retraite qui ajoute par ailleurs : « Cette célébration sera une bonne opportunité pour faire comprendre aux populations que la préservation des immeubles et des monuments, tout en altérant leurs environnements urbains fait perdre aux immeubles et aux monuments leur sens et une grande part de leur valeur. »

Même si aujourd’hui la vie a changé par endroits, le souhait des Saint-Louisiens nostalgiques, à la veille de cette célébration, est de refaire leur ville qui a donné à l’humanité le raffinement, la panacée, la civilisation, la religion et d’en faire une cité exemplaire ou même une Venise d’Afrique, comme l’avait promis Senghor après le transfert de la capitale à Dakar. « Saint-Louis doit bénéficier d’un programme spécial pour la doter en infrastructures et aussi pour son embellissement. C’est vrai que la ville a beaucoup d’atouts et nous osons espérer que les 350 ans seront un prétexte pour reconsidérer tout cela », souligne Gora Ndiaye tout en précisant que les potentialités dont dispose Saint-Louis et qui ont pour nom tourisme, pêche et agriculture doivent être pleinement exploitées pour l’essor de cette ville.

Saint-Louis a souvent été aux avant-postes de l’histoire intellectuelle et culturelle du Sénégal, surtout en matière de littérature, de théâtre, d’arts plastiques, de musique. Ce qui laisse augurer que l’aspect festif ne sera pas laissé en rade. « Saint-Louis a toujours été une ville culturelle par excellence et, avec cette célébration, une importance toute particulière devra être accordée à l’aspect culturel avec des expositions, des concerts et autres colloques pour marquer cette grande fête populaire et permettre aux acteurs culturels de la région de se révéler », avance Moussa Diop, un musicien en herbe qui s’essaie à la peinture à ses heures perdues.

Même si la ferveur ne commence pas à monter, cette célébration est très attendue par les populations qui affichent leur fierté pour leur ville et qui comptent bien prouver à leurs hôtes leur légendaire « téranga ». Une célébration qui enregistrera sans nul doute la présence de toutes les autorités du pays, tous les Saint-Louisiens de la diaspora, mais aussi des pays africains et de la France qui aura son mot à dire pour avoir contribué à faire de Saint-Louis ce qu’elle est aujourd’hui.

ABDOU GUITE SECK, CHANTEUR : « Je prépare une chanson spéciale dédiée aux 350 ans »

Cette célébration sera un nouveau départ pour Saint-Louis. C’est l’avis d’Abdou Guité Seck. Le chanteur, digne fils de Saint-Louis, estime que cet événement sera l’occasion pour tous les Saint-Louisiens de se réunir autour d’une même table pour donner à leur ville une nouvelle dimension et lui permettre de rayonner. Abdou Guité, qui s’est félicité de l’engagement du maire et de son équipe pour réussir ce grand pari qu’est l’organisation et la réussite de cette fête, a indiqué qu’il s’impliquera totalement et sur tous les plans qui relèvent de son domaine de compétence. Mieux, le chanteur est en train même de concocter une chanson pour ce grand événement. « Après la chanson Ndar avec le groupe Wock et Doomi Ndar dans mon dernier album de ma carrière solo, je prépare une chanson spéciale que je compte dédier aux 350 ans », a dit le chanteur qui ajoute : « En tant que vecteur de communication, il est de mon devoir de chanter encore pour Saint-Louis. » Abdou Guité Seck a également dit son souhait de réunir tous les artistes sénégalais, selon leur disponibilité, pour offrir un grand spectacle qui restera à jamais gravé dans les mémoires et aussi dans les annales de la ville.

ALPHA AMADOU SY, ECRIVAIN-PHILOSOPHE : « Cette célébration mettra un terme à la perte de mémoire »

Les intellectuels et autres acteurs culturels auront leur part à jouer dans cette célébration des 350 ans. Selon Alpha Amadou Sy, écrivain-philosophe, leur rôle consiste à jeter le regard oblique du soupçon sur les actes et les pratiques, tout en créant les conditions de discussion et d’échanges pour avoir une lecture exhaustive assortie de réponses à mettre à la disposition des chercheurs, des décideurs politiques et des différents acteurs culturels.

La part de la culture dans cette célébration sera capitale. C’est la conviction de l’écrivain-philosophe Alpha Amadou Sy. Selon lui, c’est en préservant l’aspect culturel qu’on pourrait trouver toute la stratégie adéquate pour réunir non seulement les Saint-Louisie, mais les chercheurs et les amoureux de la ville autour de l’essentiel. Pour Alpha Sy, l’apport des artistes et autres intellectuels sera de créer les conditions de discussion et d’échanges pour avoir une lecture exhaustive assortie de réponses voire de propositions à mettre à la disposition des chercheurs, des décideurs politiques et des différents acteurs culturels. « Cette volonté qui est nôtre trouve son expression la plus systématique dans l’organisation d’un colloque, les 17 et 18 décembre, avec comme thème : Saint-Louis », a indiqué M. Sy, comme pour dire que ce programme engage le Cercle des écrivains et poètes de Saint-Louis (Ceps) qui compte participer à toute initiative allant dans le sens de prendre comme prétexte les 350 ans pour faire progresser la réflexion et contribuer à une plus profonde connaissance et maîtrise de l’histoire et du patrimoine de Saint-Louis.

Toutefois, précise-t-il, il serait plus judicieux de prêter une oreille attentive et d’enregistrer avec les nouvelles technologies les témoignages des personnalités vivantes comme Madické Wade, Frankie Bâ, Fatou Niang Siga, Ousseynou Mbaye, Mamadou Seck, ex-président de l’Association pour le Développement de Pikine, Amina Sow Mbaye, Aminata Sow Fall, Doudou Diène, Golbert Diagne, Mame Sèye Diop, Marie Madeleine Diallo, entre autres.

Pour M. Sy, « c’est un impératif dans une ville si historique qui peut par recoupement de différents vécus et expériences mettre un terme à la perte organisée de la mémoire, au moment où il est de plus en plus question de devoir de mémoire ».

Pour cette commémoration des 350 ans, le chanteur Abdou Guité Seck, digne fils de Saint-Louis, compte aussi jouer sa partition, en organisant une grande scène artistique et culturelle qui réunira tous les grands noms de la culture au Sénégal.


Dossier réalisé par Samba Oumar FALL
Source Le Soleil

Article Lu 1975 fois

Vendredi 13 Novembre 2009





1.Posté par Salam le 13/11/2009 11:29
Ecouter l'ancien maire qui veut pas soutenir cette initiative

http://www.youtube.com/watch?v=6r9672kF9_Y

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