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CARABANE : Ile legendaire !

L’île de Carabane, de son étymologie diola « Carab- ane » ! Signifiant champ d’autrui, située sur le Fleuve Casamance, fut un comptoir important de l’époque coloniale. Des plages magnifiques, une ancienne église normande et un cimetière où fut érigée la tombe debout du capitaine Aristide Protêt.



CARABANE : Ile legendaire !
On y accède en pirogue à partir de villages de pécheurs tels que le village d’Elinkine, situé à l’Ouest de la route d’Oussouye. Se trouvant à l’extrême Sud du Sénégal, dans l’estuaire du Fleuve Casamance, Carabane est une île sans routes ni voitures où on respire le calme et la tranquillité. Un banc de sable recouvert d’une végétation luxuriante, palmiers, cocotiers, baobabs, fromagers, manguiers, flamboyants, bougainvillées…

Sa situation géographique la plaçant entre le bolong d’Elinkine à l’Est, l’embouchure du Fleuve Casamance à l’Ouest, l’île de Hitou, au Nord et au Sud la mangrove, fait ainsi de la première capitale de la Casamance avant successivement Sédhiou et Ziguinchor. Un endroit atypique et édénique. L’île de Carabane naguère appelée l’île aux Eléphants, est une île fluviale qui, jusqu’à nos jours conserve encore un incommensurable pan commémoratif de l’histoire coloniale du Sénégal dans sa partie boréale.

Pour tout cela, ses populations ne demandent que l’accélération de son processus d’érection en patrimoine historique de l’Unesco. Une doléance qu’elles ont réitéré à l’occasion de la cérémonie de pose de la première pierre à Carabane d’un port et d’un quai d’embarquement par le ministre de l’Economie maritime d’alors, Souleymane N’déné N’diaye, actuel premier ministre, c’était le 20 juillet 2008 en présence de l’ancien secrétaire général de la Présidence, A. Baldé, actuel maire de Ziguinchor, et ministre d’Etat des Forces armées. Prés de deux ans plus tard, le jeune président de la communauté rurale de Diembéring et le sous-préfet de Cabrousse, Mr. Djiba, invités d’honneurs de la 4e édition du Festival des Arts et culture de Carabane tenu les 09 10 et 11 avril 2010, se réjouissent du démarrage effectif de ces grands travaux de construction du wharf entrepris par l’Etat sénégalais par la société Eiffage qui, d’ailleurs, était le sponsor officiel de ce festival.

DESCRIPTION DE L’ILE

La plus grande partie des 57 Km2 de l’île est recouverte par la mangrove, une formation végétale du littoral des pays tropicaux humides, caractérisée par l’abondance des palétuviers accessible seulement par les bolongs à partir d’Elinkine, terre ferme la plus proche. Des bras de mer qui se faufilent à travers les bandes de terres piégées par les eaux ou les « blessures de la mer » pour reprendre le poète martiniquais, créant ainsi de multiples îlots.

L’Ile de Carabane d’hier, c’est encore la grande inconnue. Comme partout en Afrique noire, il importe de séparer la période coloniale de celle qui précède. De la période anti-coloniale, malheureusement, c’est très difficile de trouver des documents aux archives nationales. Car, la tradition Diola orale en est très pauvre. En clair, le Diola ne développe guère le sens de l’histoire, car ne détenant pas de griots, nous apprend Alioune Sarr, retraçant l’histoire de Carabane.

L’HISTORIQUE DE CARABANE

Ancien point de transit des esclaves et premier comptoir commercial français en 1836, Carabane fut aussi la première capitale administrative de la Casamance jusqu’en 1904, date à laquelle elle fut remplacée par Ziguinchor. Sous l’administrateur Emmanuel Bertrand Bocandé, Carabane anciennement habitée par des Manjacques, des Balantes et Diolas, fut dotée d’un plan d’urbanisme en 1852 qui permit la construction de plusieurs bâtisses d’une imposante architecture : la mission catholique en 1880, de nos jours devenue un grand hôtel au bénéfice exclusif du diocèse de Ziguinchor, l’église style breton en 1885, le pénitencier, asile de déportation des résistants à la colonisation, cyniquement appelé « l’Ecole spéciale devenue la maison de redressement … » Cependant, la construction de ces grands édifices n’était pas chose aisée, vu que l’île ne possédait pas de grosses pierres, et de ce fait, tous les matériaux de construction que sont les pierres, les poutrelles de fer et des grilles y ont été acheminées par voie maritime avec un accostage délicat.

CAPITAINE PROTET

Les ruines des entrepôts des maisons de commerce et le célèbre cimetière où repose le Capitaine Aristide Protêt, à ne pas confondre comme c’est à bien des cas, avec Auguste Léopold Protêt le fondateur de Dakar sont toujours visibles, vestiges d’un passé révolu. Le capitaine Protêt est enterré debout, les yeux rivés au rivage comme il l’avait souhaité, constituent des vestiges témoins du rôle historique de Carabane qui, par sa position stratégique privilégiée, fut une tête de pont de la pénétration française en Casamance. Ains, à Carabane, l’une des grandes attractions d’un visiteur qui y débarque reste bien entendu le tombeau du capitaine de l’infanterie de l’armée coloniale française, Aristide Protêt.

Tué lors d’une guérilla menée par les habitants des îles Carones à l’aide d’une flèche empoisonnée, sa sépulture est érigée en forme pyramidale, car conformément à sa volonté exprimée, il a été enterré debout faisant face à l’Océan comme pour garder en dépit de tout, une vigilance de cerbère à l’endroit de l’ennemi comme en témoigne ce récit : « Sentant sa mort proche, suite à une flèche empoisonnée reçue des assaillants de Carones, il a formulé le vœu d’être enterré debout avec son chien et face à l’ennemi comme pour lui signifier qu’il demeure toujours debout pour le combat, par conséquent qu’ils ne se pressent pas de crier victoire » ! Et c’est par respect au dernier vœu d’un mourant qui est sacré, que son corps fut momifié et dressé face à l’océan lieu par où avait surgi l’ennemi ! Et pour symboliser la flèche fatale qui l’a conduit à Barzac (l’au-delà). (Ah oui, Carabane était aussi réputée d’être le port d’embarquement illégal vers Barça ou « Barzac » Emigration clandestine en direction des îles des Canaries), son tombeau est quadrillé de barres de fer en forme de flèches. De ce fait depuis, sa mort survenue en 1836 jusqu’en juin 1992, date à laquelle la 23e Bima de l’armée française est venue réhabiliter et encastrer le tombeau, l’on pouvait l’apercevoir debout et son chien couché à ses pieds, contemplant son visage. Spectacle de nos jours impossible vu que la vitrine d’observation est teinté. A côté de cette version de « preux guerrier » qu’on donne au capitaine Protêt, existe une autre qui dénote de sa condescendance pathologique envers les colonisés, qui soutient que sa volonté de se faire enterrer debout relève de son mépris de coucher sur le sol africain. Même mort ! De l’histoire de Carabane, on retient aussi que c’est en 1948 que la première liaison Dakar Ziguinchor est assurée par le premier bateau qui se nommait « Le Ouolof ».

FAIRE DE CARABANE, PATRIMOINE HISTORIQUE DE L’UNESCO

Mais plus que la valeur de témoignage de ces vestiges, c’est de son inscription dans un site naturel de toute beauté que résulte le charme de l’île historique et légendaire et fait de Carabane un site chargé de résonances indéfinissables. Dés lors, on comprend la grande joie de ses habitants en ce jour faste du 20 juillet 2008, quand le ministre d’Etat de l’Economie maritime d’alors, Souleymane N’déné N’diaye, actuel premier ministre, était venu procéder à la cérémonie de pose de la première pierre pour la construction du port de Carabane. En effet, le ministre renseignait que l’ouvrage, qui comprendrait la gare maritime et le quai d’embarquement, et est entièrement financé par l’Etat du Sénégal. Son budget de réalisation est arrêté à la somme de 7, 5 milliards de nos francs. Selon toujours le ministre, la réalisation de cet ouvrage long de 130 m, se fera avec le recrutement des insulaires comme personnel d’appoint et permettra à terme au bateau Aline Sitoé Diatta, qui se verra renforcé par deux autres navires pour la desserte maritime Dakar-Ziguinchor, de faire escale à Carabane au grand bonheur des populations de la Casamance maritime et reprendre ainsi leurs activités économiques et faire retrouver Carabane son lustre d’antan de station de convergences et de transactions commerciales jadis florissantes. La réalisation de cet ouvrage mettra un terme à l’enclavement et le désarroi économique et social que ces populations ont vécu depuis le naufrage du bateau le « Joola » en ce 26 septembre 2002 aux larges des côtes gambiennes.

Ainsi, à la suite du ministre d’Etat, Demba Diagne, l’ex-président du conseil régional de Ziguinchor et le natif d’Elinkine, avait plaidé en faveur du désenclavement interne des îles par des embarcations modernes pour une plus grande mobilité dans l’archipel. Aussi a-t-il recommandé l’accélération du processus d’érection de l’île de Carabane en patrimoine historique de l’Unesco à l’instar de l’île de Gorée. Ce processus est enclenché depuis 1986, a, selon des sources bien au fait du dossier, trouvé son aboutissement aujourd’hui.

L’ESCLAVAGE A CARABANE

C’est en 1902 que le trafic des esclaves, officiellement condamné, semble avoir disparu. C’est en effet de Carabane que la compagnie rouennaise avec les navires de Morel et Prom faisait embraquer les captifs sur des vaisseaux négriers en direction de Gorée. Venant pour la plupart des contrées du Fogny et du Blouf, ces captifs, le plus souvent de l’ethnie Baïnouk, étaient troqués contre des bœufs avec les populations de Diembéring et de Cabrousse. Pour les désorienter, on les conduisait de Bignona à Diogué par les estuaires, traversaient ainsi le Fleuve Casamance, prenaient pied à Kachouane avant de regagner Diembéring par voie terrestre. Les uns étaient vendus sur place. On leur cédait des rizières à cultiver et devaient concéder les trois quarts de leurs récoltes à leur maîtres. Les autres sont conduits à Carabane d’où ils sont embarqués pour Gorée. Par ailleurs, certains captifs s’échappaient et venaient se refugier à Carabane. Un rapport administratif de janvier 1886 fait état de pressions exercées par le chef de village de Hitou sur l’administration française pour récupérer les esclaves en fuite.

LE SUCCES DE LA 4E EDITION DU FESTIVAL DES ARTS ET CULTURE

C’est dans l’allégresse et l’engouement populaires que les insulaires de Carabane et environnants ont vécu le Festival des arts et Culture en sa 4e édition et placée sous le patronage de Tombon Guèye, Président de la communauté rurale de Diembéring. Ce festival, organisé les 09 10 et 11 avril derniers se veut gage de développement. C’est ainsi que durant ces trois jours de festivités, l’immense culture de la Casamance naturelle a été revisitée sous toutes ses formes, avec des prestations énergiques et des différentes troupes artistiques folkloriques et différents groupes musicaux de la région. La troupe de Kartchiak, département de Bignona, avec ses rythmes et sonorités, ses masques tels le Coupo, le Bara, le Essamay, ses comédiens tel que son « Saanex » local, a vraiment séduit plus d’un et les nombreux touristes venus à l’occasion, garderont un mémorable souvenir ! Le parrain du jour comblé par la qualité et la portée de l’événement témoigne de toute son admiration et se dit pleinement exaucé d’avoir l’honneur et le privilège d’être choisi comme le premier fils du terroir à présider à ce festival des Arts et Culture de Carabane. Parce que professe Tombon, « l’ile de Carabane est un ensemble de symboles qui présente un patrimoine socio-culturel, écologique et environnemental qu’il faudrait davantage s’évertuer à faire découvrir à la communauté nationale et internationale ». Et, la culture, poursuit-il, « à l’image de ce festival, est l’argument le plus convaincant pour développer Carabane, cette ile au passé légendaire et glorieux, très déterminante en Afrique Occidentale Française et qui continue de nos jours à jouer un rôle capital dans l’économie nationale comme en atteste la construction en cours de ce quai d’embarquement ». Embouchant la même trompette, le sous-préfet de Cabrousse, Mamadou Djiba, dira avec euphémisme, que « nous avons beaucoup dansé en Casamance dans le passé, mais aujourd’hui, nous allons encore danser mais danser autrement. Cette fois-ci, nous allons danser, pour faire du développement, comme à Rio De Janeiro, comme au Fespaco… ».

CARABANE EN PROIE A UNE EROSION COTIERE AVANCEE

C’est une tautologie de dire que les sites côtiers, en raison de l’effet du réchauffement climatique, sont sérieusement menacés par un péril érosif fort inquiétant. L’ile de Carabane ne déroge pas à la règle. En effet, beaucoup de ses pans côtiers cèdent devant la pression de l’érosion. La plage est largement mangée par la mer et le phénomène risque de s’amplifier avec le dragage du chenal le passage du bateau Aline Sitoé Diatta ainsi que pour les bateaux qui viendront le renforcer au niveau de la desserte maritime Dakar Ziguinchor avec halte à Carabane, une fois l’ouvrage réalisé. Car, reconnaît le Pcr environnementaliste, Tombon Guèye, « avec ce dragage, il y aura plus de profondeur et la dynamique de l’eau naturellement plus poussée. Aussi il faudra certainement prendre en aval des mesures d’accompagnement consistant à dresser un cordon de protection du rivage de Carabane pour endiguer l’effet des vagues déferlantes ».

LA BELLE FILLE PERDUE DE LA CASAMANCE

« Aujourd’hui », s’écrie l’histoirien de l’ile, « la situation de Carabane est tragique, le village insulaire est à l’image de son cimetière, rempli de la splendeur passée mais se trouvant à l’état actuel vétuste et délabré. Et pourtant, les raisons d’espérer ne sont pas perdues ». Sans doute, Carabane ne pourra jamais retrouver son lustre d’antan mais l’ile reste trop chargée d’une prestigieuse histoire pour ainsi mourir de sa bonne mort. Mère de toutes les missions locales, point de départ de la pénétration coloniale européenne en Casamance, Carabane n’est –elle pas Gorée de la Casamance ? Ou avec son paysage d’avant, ses cocotiers, le Brésil d’Afrique !

Blaise carlos Goudiaby
Source Africanglobalnews.com

Jeudi 15 Avril 2010




1.Posté par sita le 15/04/2010 22:16
Merci Monsieur pour cette belle région que tu nous fais connaître.

2.Posté par www.moninfo.net le 15/04/2010 22:56
merci pour ces infos

3.Posté par kara le 16/04/2010 00:53
J'Adddddddddddddoooooooooooooooooorrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrre

4.Posté par alassane ndiaye le 16/04/2010 11:33
Merci Monsieur pour ce beau reportage.Bravo aux organisateurs de cet evenement particulierement à Alioune Sarr pour son engagement et son amour pour le dèveloppement de carabane.Je vous conseille de ressusciter le gamou de carabane dont nos grand-parents ont ete parmi les premiers à les organiser en casamance.Tous les villages environnants nous dament le pion en organisant regulièrement leur gamou

5.Posté par SAMATITE le 16/04/2010 12:16
JE CONNAIS QUI DOIT ETRE HEUREUX DE LIRE CE REPORTAGE FORMIDABLE SUR CARABANE. BENBOUG QUE DIEU TE BENISSE

6.Posté par koldoise le 16/04/2010 12:25
article intéressant!!! mille merci..

7.Posté par Bozz le 06/05/2010 19:13
L'article est bien présenté, et la région sur plusieurs point;

8.Posté par tidiane le 11/07/2010 20:38
Bravo pour ce trés bon article sur Karabane
mais cettile est gachée par tous ces " gosses" qui pratiquent la prostitution " aupres des toubabs ou c'est sois diant guide aui vilent les clients européens
cela à des consequences desastreuses aupres des
alors renseignez vous bien en prenant un guide
Evitez ousseynou dit ouzin ndiaye guide piroguier

9.Posté par bo le 21/08/2010 21:55
boblack cherche blanche karabane 774480852 ouzin

10.Posté par laurent le 19/03/2011 17:15
la pute de karabane Ousseynou Ndiaye est contaminé ATTENTION SIDA

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