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CADRE DE VIE - Un an sans ascenseur pour un bâtiment de 17 étages : Le calvaire de l’Immeuble des eaux

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Une véritable cascade à l’immeuble des Eaux. Dans un immeuble de dix-sept étages, des gens prennent les escaliers. Les habitants de ce bâtiment vivent un véritable calvaire depuis des mois.

72, boulevard de la République. A cette adresse se trouve l’immeuble des Eaux. Un bâtiment administratif de dix-sept étages qui hébergent bien des autorités de ce pays. En effet, la plupart des occupants de cet immeuble sont des directeurs de sociétés, des secrétaires généraux de direction, des autorités politiques, des magistrats, des coopérants étrangers, des Chinois etc. Cet immeuble abrite aussi des services comme la Division technique du ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, la Direction de l’expansion rurale et l’Association nationale des officiers d’active à la retraite (Anoar).

A l’entrée du bâtiment, à gauche, un gardien assis sur une table renseigne les visiteurs. A notre passage, le hall est presque vide sauf quelque deux ou trois personnes qui sortent. En fait, quand on a le choix, on y réfléchit à deux fois pour aller voir un proche dans cet immeuble. Surtout s’il habite au dixième, onzième, douzième ou dix-septième étage. Car il faut affronter les escaliers pour ce faire. Ce qui nécessite une forte endurance. Cet immeuble de dix-sept étages est dépourvu d’ascenseur : alors il va falloir prendre les escaliers. Ainsi, il est rare de croiser une âme à la montée des escaliers. Et dire que ce calvaire commence à perdurer selon les habitants qui le vivent au quotidien.

Au sixième étage, une femme tout en sueur, la quarantaine à peu près. Vêtue d’un boubou wax, elle descend du quatorzième étage. Consciente qu’elle lui reste du chemin à faire, la dame soulève sa jupe pour aller plus vite. Un tout petit sourire au coin des lèvres, elle encourage ceux qui montent. «Le calvaire et la convulsion depuis mars dernier et qu’avec le ramadan, c’est encore pire pour les habitants de cet immeuble», commente-t-elle. «Cela fait plus d’un an maintenant que nous vivons cette situation», se lamente un père de famille. Un autre raconte combien il leur est difficile d’assister certains de leurs voisins, en cas d’urgence médicale. Et c’est encore plus délicat pour les femmes en travail. En effet, «dans cette histoire, les femmes en sont les plus touchées et les enfants. Ce sont eux qui font les courses», poursuit un de nos interlocuteurs.

s- pompiers» pour les amener à l’hôpital. «Une femme qui devait accoucher a eu des difficultés mais sa famille a été obligé de la porter», depuis le douzième étage explique-t-on. D’autres qui n’ont pas ce courage, ou n’en pouvant plus de supporter ce calvaire des escaliers comme cet habitant qui souffrait d’un problème de nerf sciatique, préfèrent quitter l’immeuble. D’ailleurs, c’est le conseil servi par certaines autorités quand on se plaint des conditions de vie à l’Immeuble des Eaux. Seulement «si tout le monde part, le problème restera entier et que d’autres vont en souffrir. Donc, le mieux c’est de rester et mener le combat avec les voisins pour trouver une solution idoine», commente un père de famille.

Après avoir fait le marché, «les gentils gardiens nous aident à porter les bagages, sac de riz et autres», ajoute une dame, selon qui «les femmes ne peuvent plus porter des boubous de valeur, ni des hauts talons pour la cascade qu’elles sont obligées de faire tous les jours». Un jour «mes deux enfants étaient malades et j’ai été obligé de les porter l’un dans mes bras, l’autre au dos et les bagages sur la tête», raconte-t-elle. Et de conclure : «C’est infernal.» Même si pour faire face à ce problème «les femmes n’achètent maintenant que des sandales pour la gymnastique», affirme-t-elle.

«C’est pénible. Au moins deux allers et retours par jour, ce n’est pas évident. Avec le Ramadan, les gens galèrent. Maintenant les habitants de l’immeuble n’ont qu’à réagir parce que tout le monde est fatigué. Hommes, femmes et enfants», se désole une jeune demoiselle âgée de vingt ans. Un garçon, son cadet d’un an est d’avis quant à lui, que pour mettre fin à cette situation «les femmes doivent organiser une marche pour se faire entendre parce qu’elles en souffrent beaucoup plus». A moins que «les cadres qui habitent l’immeuble puissent trouver des solutions définitives».

Pourtant, expliquent certains de nos interlocuteurs, les autorités interpellées à plusieurs reprises, n’ignorent pas leurs difficultés. D’autant que les chefs de familles, mobilisés derrière le concierge et Mme Lopez gérante de l’immeuble, se sont adressés aux services compétents, en l’occurrence la Direction de la gestion du patrimoine bâtit (Dgpb) sous la tutelle du Ministère de l’Urbanisme. «C’est un problème d’entretien qui est à la base de tous nos soucis. L’entreprise Techno sud s’occupait de l’entretien des ascenseurs, et ça fonctionnait clopin-clopant», indique un des habitants de l’immeuble sous le couvert de l’anonymat. Notre interlocuteur croit savoir que «la Dgpb avait signé un contrat avec la Cfao pour assurer l’entretien mais jusqu’à présent rien du tout».

Mme Lopez, la gérante de l’immeuble est-elle insensible au calvaire des habitants ? En tout cas, elle refuse de se prononcer sur la question.


Par Rokhaya BA - Stagiaire
Source: le quotidien

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Mercredi 3 Octobre 2007

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