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Blaise NDIAYE : ‘L'Urd/Fal et sa famille sont sans nouvelles de Doudou Sarr’

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Au moment où le Front Siggil Sénégal œuvre pour des assises nationales, l’Urd/Fal, de son côté, réclame des concertations nationales qu’elle voudrait différentes de ce que veulent les boycotteurs. Blaise Ndiaye, membre de la direction de l’Urd/Fal, chargé des questions juridiques et électorales, explique ici les raisons.Tout en se posant des questions sur le silence de leur président Doudou Sarr qui ne donne plus signe de vie.



Blaise NDIAYE : ‘L'Urd/Fal et sa famille sont sans nouvelles de Doudou Sarr’
Wal Fadjri : On n’entend plus le président de votre parti, Doudou Sarr. Qu’est-il devenu ?
Blaise Ndiaye : La réalité est que Doudou Sarr s’est volontairement retiré du champ politique pour se reposer. Est-ce par fatigue, par déception ou parce qu’il a des urgences par rapport à des contraintes de consultance internationale où il lui arrive d’intervenir ? D’après ce que j’en sais, quand on est en consultance internationale, on ne fait pas de la politique. Mais, pour l’heure, sa famille s’inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles. Ses amis - moi y compris - nous nous inquiétons de ne pas avoir de ses nouvelles. Mais nous augurons qu’il se porte bien et qu’il a choisi volontairement de se mettre au vert. D’autant plus que, pour cela, il a cette culture de la clandestinité.

Wal Fadjri : Et qui gère alors votre parti à l’heure actuelle ?

Blaise Ndiaye : Vous me permettez de régler un problème : l’Urd/Fal a toujours été gérée par une direction partagée que souvent, à tort ou à raison, les gens ont réduit à une dualité Mahmout Saleh-Doudou Sarr en son temps. Mais, de tout temps, c’est le secrétariat national permanent qui gère l’Urd/Fal. Nous nous réunissons tous les mercredis pour délibérer des problèmes y relatifs à l’Urd/Fal. Pour l’heure, le parti fonctionne autour du secrétariat national composé de Fatou Kiné Ly, notre secrétaire élue à la mairie de Thiès, d’Alioune Guèye, le chargé de la communication, d’Elimane Racine Sy, chargé des questions sportives, de Lamine Sall, chargé des affaires des collectivités locales, et de moi-même chargé des questions juridiques et des élections. Voilà l’équipe qui fait fonctionner l’Urd/Fal, nonobstant que nous sentons l’absence de notre président parce que tout parti est arrimé à un leadership. Et ce leadership fait défaut pour l’heure, mais ne nous gêne pas dans l’évolution du parti d’autant plus qu’il a toujours été ouvert aux discussions pour la refondation de l’espace politique du Sénégal où il est évident qu’une recomposition va se faire.

Wal Fadjri : L’Urd/Fal est-elle prête à rejoindre le grand parti présidentiel qu’envisage de créer Me Wade ?

Blaise Ndiaye : Nous n’avons pas de fixation sur le terme Urd/Fal parce que je rappelle que nous avions déjà exploré la piste qui demeure celle du Parti de la réforme avec Abdourahim Agne pour l’élargissement, non seulement des bases de l’alternance, mais aussi pour anticiper sur la recomposition en tenant compte d’un critère principal, l’obédience socialiste que nous partageons. Aujourd’hui, vous me direz que socialisme et communisme sont devenus des dogmes, pour certains, c’est une question d’orientation. Et sous cet angle, nous sommes tout à fait à l’écoute des discussions en cours en ce qui concerne la refondation du Pds. Mais reconnaissons que, pour l’heure, il n’y a de termes de référence dans lesquels les gens se retrouvent. Ceci étant, nous encourageons le président de la République à continuer dans cette voie, d’autant plus que ça nous permet d’ailleurs de restaurer une vérité : c’est le président Abdoulaye Wade es-qualité de secrétaire général du Pds qui avait, en son temps, adressé une correspondance à la Cap 21, leur demandant de réfléchir pour mettre en place une direction politique unifiée. Et j’ai souvent entendu certains partis le porter en étendard comme s’ils en étaient les concepteurs. Ce qui est tout à fait faux. Me Wade est toujours dans la dynamique de la majorité présidentielle dont il rêve parce que reconnaissons que, dans sa majorité, il y a deux camps, voire trois : il y a la Cap 21, les alliés de la mouvance présidentielle et les alliés en accord pour les élections présidentielle et législatives. Il y a donc un problème de lisibilité. Si tous ces partis souteneurs ont un point commun qui est Abdoulaye Wade, il est urgent qu’il anticipe car dans peu de temps, il n’y aura plus ce point commun. Et alors, qu’est-ce qui va se passer ? Il serait dommage pour le Sénégal que cela se disloque parce que le dénominateur commun a arrêté. Non ! L’enjeu, c’est le Sénégal. Ce n’est pas Wade tout court. C’est une constante pour l’heure, mais elle ne fait pas notre permanence. C’est pourquoi, nous sommes tout à fait ouverts en attendant que le Pds mette les formes et les termes de référence y relatifs pour permettre à l’Urd/Fal de donner une opinion. N’oubliez pas que nous sommes le premier parti à avoir discuté avec Wade en son temps, pour une fusion. Après notre scission avec Djibo Leîty Kâ, nous étions d’office le produit de la réélection de Wade. Nous n’avions jamais eu l’ambition de porter, tout seuls, un projet politique. Nous avions dit que nous allions faire une fusion avec le Pds. Des blocages sont nés automatiquement du fait qu’à l’époque, Doudou Sarr, qui n’était pas encore président de ce parti, mais ministre de l’Union africaine, avait proposé des amendements statutaires au président qui en était tout ouvert. Et un certain directeur de cabinet, à l’époque très porté sur les stations, avait tout verrouillé et bloqué. Nous demandions des amendements au Pds parce qu’il fallait qu’il y ait un courant. Nous ne sommes pas des libéraux et l’expression des courants due à la massification des gens qui arrivaient, allait permettre au président Wade d’avoir un débat d’orientation dont la substance devait servir au bonheur des Sénégalais. C’est dommage qu’on ait raté ce coche. Mais puisqu’il réveille encore ce débat, nous en sommes tout heureux et à l’écoute. Surtout par rapport à la succession qui va être ouverte et qui va entraîner le renouvellement des hommes politiques.

Wal Fadjri : Et si votre ancien camarade Djibo Leïty faisait appel à vous pour les retrouvailles de la famille originelle de l’Urd ?

Blaise Ndiaye : Djibô Kâ et nous, nous sommes séparés dans des circonstances particulières. Et en politique, on se sépare sur des circonstances et des circonstances peuvent être nées pour des retrouvailles. Sur ce plan-là, on ne peut pas être fermé parce que nous sommes en politique. Mais ce sera très difficile. La séparation a laissé une tache qu’il sera difficile d’enlever, nonobstant nos cultures et nos valeurs. Nous sommes dans un pays où il ne faudrait pas oublier qu’il y a une mémoire. Et nous voudrions que cette mémoire soit beaucoup moins touchée par le fait qu’aujourd’hui, n’en déplaise à Djibo avec tout le respect que nous lui devons, l’opinion sénégalaise ne se retrouverait pas dans cette fusion.

Wal Fadjri : Quid d’une réconciliation avec l’autre camarade Mahmout Saleh qui vous a quitté récemment ?

Blaise Ndiaye : Mahmout, c’est d’abord un ami et les portes ne sont jamais fermées parce que nous pensons qu’on s’est séparé dans des conditions opaques, difficiles, douloureuses et parfois violentes. Mais ça, c’est le lot des politiques. Je ne suis pas pessimiste que nous puissions nous retrouver parce que nous avons partagé un lit très fort et c’est vieux de 26 ans. Mais il est vrai que nous sommes dans un parti et l’orientation pour l’heure ne privilégie pas ces retrouvailles, mais ne ferme pas les portes à des discussions qui sont encore enclenchées. Nous parlons entre nous parce que nous sommes, après tout, des amis. Nous avons partagé un combat qui, malheureusement, a été dévoyé, surtout par la pression qui existait en ce moment de réduire l’Urd/Fal à une direction partagée entre deux personnes (Doudou Sarr et Mahmout Saleh, Ndlr). Alors que, pour nous, une direction partagée, c’est la somme de l’ensemble des compétences.

Wal Fadjri : Où en êtes-vous avec l’appel lancé pour un gouvernement des urgences nationales ? Me Wade serait-il resté sourd à votre appel ?

Blaise Ndiaye : Non, nous n’avons pas cette impression. Le président de la République travaille souvent de manière très feutrée avec une grande finesse, tout en tenant des propos qui peuvent souvent dérouter l’adversaire ou le commun des citoyens. Je vous jure que le président Wade nous a reçus, après nous avoir félicités du diagnostic qui a été le lit du mobile du gouvernement des urgences qui, pour nous, demeure encore plus actuel, malgré la cacophonie des tournées du front Siggil Sénégal, malgré le fait que la Cap 21 se déplace en amont pour rétablir une vérité des faits dévoyée souvent dans le discours de certains hommes politiques du front Siggil Sénégal. L’Urd/Fal demeure constante pour le gouvernement des urgences, mais il ne pourra naître que des urgences des Sénégalais connues par le président de la République qui devrait être maître d’œuvre de ce gouvernement. C’est son appel qui fera la concertation nationale. Aucun autre appel ne le fera. Et cette concertation nationale se dessinera sur un schéma dont le premier attendu aidera le président à s’exfiltrer du chantage politique.

Wal Fadjri : Vous parlez de concertations nationales au moment où le Front Siggil Sénégal appelle à des assises nationales. Y a-t-il une différence entre les deux démarches ?

Blaise Ndiaye : Je ne voudrais pas avoir la prétention de juger l’acte du front Siggil Sénégal puisque je ne connais pas leurs termes de référence (…) Le front Siggil Sénégal est parti d’un boycott d’une élection majeure. C’est après avoir boycotté, qu’ils ont vu les effets négatifs. Et en prétextant une contestation, ils sont arrivés vers une prise en charge des préoccupations du Sénégal baptisée assises nationales. Je n’y crois pas du tout, car la nature de notre régime fait du président le maître d’œuvre. Un président, quand on l’agresse, je ne pense pas qu’on puisse obtenir gain de cause. Surtout la nature du nôtre. Par contre, l’appel de l’Urd/Fal est sérieux, nationaliste. Même le Bit soutient nos termes de référence parce qu’étant convaincu que cela aidera le Sénégal à aller vers un taux de croissance à deux chiffres.

Wal Fadjri : Qu’est-ce qui bloque alors vos concertations nationales étant donné que Me Wade vous a déjà reçus ?

Blaise Ndiaye : Quand le président nous a reçus vers la fin de l’année 2005, il nous avait fait la promesse ferme de mettre en branle cette orientation. Et j’ai ouï dire qu’il en avait même instruit son gouvernement en conseil des ministres. Certains se sont redits, d’autres n’ont pas voulu nous aider, croyant que si ce projet avait réussi nous aurions touché les dividendes. Ce qui est faux. Parce que les seuls dividendes que nous attendons des concertations nationales, c’est de participer à minorer les prix des denrées, à mettre en place une bonne gouvernance… Certains secteurs de la présidence, de tout temps, n’ont pas voulu voir l’Urd/Fal ni de près ni loin, encore moins se rapprocher du président.

Wal Fadjri : Quel est l’avis de l’Urd/Fal sur la succession du président Wade ?

Blaise Ndiaye : La succession du président est permanente et constante dès l’instant qu’il est élu. Parce que régie par une Constitution où il y a des attendus par rapport à des dispositions transitoires... La succession du président est actuelle puisqu’il ne peut pas faire un deuxième mandat. Son âge d’abord, ensuite ses combats méritent qu’il aille se reposer.

Wal Fadjri : Quel avenir entrevoyez-vous pour la Cap 21 maintenant que les élections sont derrière nous ?

Blaise Ndiaye : J’ai ouï dire par notre plénipotentiaire qu’il va y avoir un séminaire pour refonder la Cap 21. Parce que la nature de notre soutien au président n’a pas été souvent très facile. Et je voudrais qu’on reconnaisse à la Cap 21 qu’elle avait organisé, en son temps, un séminaire en faisant cent dix propositions sur ce que nous croyions pouvoir lui être utile pour la gestion du pays. Sous cet angle, il faut reconnaître que chaque fois que Me Wade a été agressé, c’est la Cap 21 qui le défend et non le Pds. Ce parti défend le président quand il s’agit de défendre leur position par rapport à une élection. Maintenant, il est logique que toute alliance a une échéance. Et aujourd’hui, nous sommes interpellés par rapport à la refondation du Pds mais aussi par rapport à la succession du président. Peut-être qu’un parti pourrait naître de la mouvance présidentielle pour porter les destins du Sénégal après Wade… Il est évident qu’on va refonder la Cap 21. Il y a des partis qui disent qu’ils y sont, mais je ne pense pas qu’ils travaillent réellement pour la Cap 21 et ses objectifs.

Propos recueillis par Georges Nesta DIOP
Source: Walfadjri

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Vendredi 7 Septembre 2007


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