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Birago Diop, le souffle des mots et des ancêtres

Une formation de médecin vétérinaire n’a point altéré le talent d’écrivain de Birago Diop. Il a su insuffler un souffle nouveau à la littérature orale.



Birago Diop, le souffle des mots et des ancêtres
Poésie, théâtre, nouvelle…, Birago Diop aura été un auteur à multiples facettes. En témoignent ses ouvrages : «L’os de Mor Lam», «Souffles», «Fari l’ânesse»… L’enseignant à la Faculté des lettres, Mamadou Bâ, voit en lui un grand totem, un auteur majeur très important à qui on n’a pas donné la place que sa stature mérite. «Il a su faire vivre tout le patrimoine oral wolof, remarque l’universitaire. Birago a su réécrire l’énonciation orale en textes écrits». Par son style, la vigueur de son écriture, le choix de ses mots, l’écrivain a su imprimer l’oralité aux textes écrits avec les contes et la morale qui vont avec, selon Mamadou Bâ. Celui-ci poursuit : «Il s’est distingué par la fluidité de son style, la netteté du caractère. C’est un monument de la littérature africaine».
La sagesse populaire revient comme thème central dans les écrits de Birago Diop. Le conte nous rappelle souvent la nécessité de nous adapter au monde réel, estime M. Bâ qui cite par exemple celui qui ne fait pas preuve de ruse est condamné à disparaître ou bien celui qui sème le mal récolte le mal. Il le dit de façon agréable et captivante. Il a commencé par la poésie. Senghor lui reprochait souvent de trop imiter des auteurs français comme les symbolistes. Birago Diop se présente comme un simple traducteur notamment au travers des œuvres comme «Les Contes d’Amadou Koumba», «Les nouveaux contes d’Amadou Coumba». Par ceux-ci, d'après les mots de l’anthropologue, économiste et écrivain Roland Colin, Birago Diop «a ouvert l'une des voies qui mènent à l'Esprit négro-africain». Léopold Sédar Senghor admirait également cette mise par écrit de contes que Birago Diop «rénove (...) en les traduisant en français, avec un art qui, respectueux du génie de la langue française – cette «langue de gentillesse et d'honnêteté» –, conserve, en même temps, toutes les vertus des langues négro-africaines».
Mamadou Bâ interprète «Souffle» comme un texte poétique très beau qui résume très bien la croyance africaine de cette époque : l’importance des choses inanimées, des ancêtres. S’il est resté, c’est parce que les gens ont l’impression qu’il a été dit de la meilleure manière possible la relation entre l’Africain et le monde. La dimension métaphysique est manifeste.
Birago Diop n’était pas un simple traducteur, il a fait un travail de réécriture, analyse Mamadou Bâ. «Ses contes sont devenus des fables, des romans, dit-il. Il s’est approprié les textes pour en faire de nouvelles créations». B. Diop a rédigé ses mémoires sur cinq tomes qui n’ont pas encore été étudiés. «En Afrique, nous n’avons pas encore le nombre de chercheurs pouvant étudier autant de textes, reconnaît M. Bâ. Le petit nombre de chercheurs se précipite sur les noms les plus connus : Senghor, Césaire… Nous n’avons pas encore cette culture d’étudier les mémoires». Cela, explique-t-il, est peut-être dû au fait que les gens ont du mal à s’incruster dans la vie privée de quelqu’un.
Birago Diop naît et grandit à Dakar où il suit à la fois l'enseignement coranique et l'école française. Il a fait des études de médecine vétérinaire à l'école nationale vétérinaire de Toulouse, dont il obtient le diplôme en 1934. Il rencontre Léopold Sédar Senghor et s'associe au mouvement de la Négritude.
Exerçant comme vétérinaire de brousse dans plusieurs pays africains (Soudan, actuel Mali), Côte d'Ivoire, Haute-Volta (Burkina Faso), Mauritanie, Birago Diop s'intéresse aux contes qui ont cours dans les différentes parties de l'Afrique occidentale française. Il recueille alors des contes et fables du griot Amadou Koumba et les met par écrit pour son premier recueil publié en 1947. Il est également nommé par Senghor ambassadeur de la Fédération du Mali à Paris en 1958, puis ambassadeur du Sénégal à Tunis de 1960 à 1965.

Le Soleil Par E. Massiga FAYE

Mercredi 29 Août 2012



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