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Bien que conscients de la vétusté du marché : Les commerçants de Sandaga s’accrochent à leur gagne-pain

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Le marché Sandaga de Dakar, créé en 1933, a 76 ans. Selon l’avis de certains experts, il n’a jamais été aussi menacé de ruine depuis sa construction. Sur les lieux, la crainte est réelle. Mais cela ne semble pas éblanler commerçants et clients. Reportage.



Bien que conscients de la vétusté du marché : Les commerçants de Sandaga s’accrochent à leur gagne-pain
Depuis quelques jours, l’information circule sur la vétusté du marché sandaga. ‘Ce vieux bâtiment de l’ère coloniale construite en 1933, renseigne-t-on, est en ruine’. D’ailleurs un conseil ministériel sur la question a réuni autorités gouvernementales, municipales de la région de Dakar et délégués des commerçants du marché mercredi dernier. Sur les lieux, la réalité est tout autre.
Le marché grouille de monde en cette matinée du vendredi 2 octobre 2009. Malgré la psychose, les commerçants et les acheteurs vaquent à leurs occupations. A 10 h, les étales sont déjà en place et les légumes tous frais attendent preneurs. Aucun signe de panique n’est visible à l’extérieur ni à l’intérieur du bâtiment. Il faut même se faufiler et parfois donner quelques coups de coude pour se frayer un chemin. Les femmes de tous âges viennent faire leur marché journalier.

A l’étage, les fissures du bâtiment sont visibles. La dalle semble être plus touchée. Un mouvement de la tête vers le haut, met le visiteur en face de la réalité. Les fers rouillés du toit sont perceptibles à l’œil nu. Mais cela ne semble pas ébranler les occupants des lieux. Vendeur de crevettes à Sandaga depuis vingt-cinq ans, Cheikh Guèye, la quarantaine, devant ses deux tas de fruits de mer, balaie d’un revers de main les sorties faites dans la presse sur l’état de l’architecture. ‘L’édifice peut encore résister des années’, lance-t-il, dès que la question sur l’expiration de la durée de vie des lieux est évoquée. Même s’il n’est pas expert en la matière, Cheikh Guèye est convaincu que les blocs de pierres qui soutiennent le bâtiment sont plus résistants que n’importe quel édifice au Sénégal. ‘Nous n’avons jamais constaté une fissure sur ces pieds, seule la dalle se détache à certains endroits du bâtiment’, constate-t-il. Son avis est partagé par son voisin, vendeur grossiste d’oignons s’exprimant dans l’anonymat. ‘Nous avons vu des bâtisses de moins de deux ans tomber’, argumente-t-il. ‘Pourtant, elles sont plus neuves que Sandaga’, poursuit le grossiste. Selon lui, c’est parce que le marché, construit avec des matériaux plus solides, présente plus de garantie.

Face aux menaces de ruine dont on parle, cet adulte de plus de 40 ans s’en remet à Dieu. Les commerçants sont prêts à quitter les lieux si seulement les autorités leur garantissent qu’il s’agit d’une réhabilitation du marché et non d’un déménagement définitif. ‘Nous attendons les instructions de notre délégué Baye NDiaga Guèye. Nous avons, à plusieurs reprises, cotisé pour réhabiliter telle ou telle partie du marché sans l’aide de personne’, souligne le vendeur de crevettes Cheikh Guèye qui martèle, qu’ils viendront chercher leur dépense quotidienne tous les jours ici. Car ce travail est leur gagne-pain. ‘Si vous avez de la famille, fait savoir le marchand de poisson, Lamarana Bâ, vous êtes obligé de risquer votre vie’.

Malgré le calme qui règne à l’intérieur du marché Sandaga et la sérénité de certains commerçants, la psychose est lisible chez quelques marchands. La vieille Awa Ngom est l’un d’eux. Depuis dix ans qu’elle fréquente cet édifice en provenance de Ouakam, elle n’a jamais eu aussi peur. ‘J’ai peur’, révèle-t-elle. A 80 ans, elle dit n’avoir jamais vécu cette peur, sauf lors du drame du bateau Le Joola. Depuis lors, la moindre menace l’inquiète. ‘Nous attendons le signal des autorités, je partage l’avis sur tout ce qui se dit sur cette bâtisse’, soutient la vieille Awa Ngom. Pour elle, le marché a fait son temps, il a vécu et il faut le réhabiliter. Son voisin, le Sénégalo-Guinéen Mamadou Samba Barry, craint qu’un jour, la dalle du marché ne s’effondre sur eux. ‘ Il n’y a plus de sécurité ici ’, fait-il remarquer. Mais devant l’obligation de nourrir sa famille et de s’occuper, le choix, avance-t-il, n’est pas grand. Lorsqu’il pleut, renseigne le vendeur de poulets Mamadou Samba Barry, le toit du bâtiment ruisselle d’eau. Il incrimine les restaurateurs qui ont élu domicile sur le balcon du marché. ‘Leurs fourneaux abîment la dalle et cela se répercute sur le toit’, dénonce Barry.

Comme ceux de l’intérieur du marché Sandaga, les commerçants aux alentours plus nombreux tiennent le même discours. Du côté des acheteurs et autres ménagères, la crainte n’est pas non plus perceptible. Comme cette jeune dame Sénégalo-libanaise venus faire ses achats. ‘Je n’ai pas peur, car cela fait longtemps que je fréquente ce marché ’, dit-elle. Habitant en face, les autres marchés semblent loin pour elle.

Fatou K. SENE
Source Walfadjri

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Samedi 3 Octobre 2009




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