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Besoin urgent de liquidités : L’Etat veut 100 milliards en deux mois

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Le besoin d’argent du gouvernement du Sénégal semble inextinguible, au regard de son niveau de dépenses. Pour éviter les longues procédures des partenaires multi et bilatéraux, les dirigeants du pays se tournent de plus en plus vers le marché financier sous-régional, moins contraignant.



Le gouvernement du Sénégal cherche de l’argent frais, et n’hésite pas à frapper à toutes les portes. Les banques et institutions financières de la sous-région de l’Uemoa sont sollicitées pour une levée de 100 milliards de francs Cfa et ce, à des conditions préférentiels. Depuis l’annulation de la dette intervenue en fin 2005, dans le cadre de l’Initiative Pays pauvres très endettés, c’est le marché financier sous-régional qui semble avoir la préférence des pouvoirs publics sénégalais. Témoin, hier, l’Avis d’appel d’offres paru dans le journal Le Soleil, pour l’émission des bons du trésor par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), pour le compte du gouvernement du Sénégal.

Pour un montant de 50 milliards de francs Cfa, ces bons sont cédés à raison d’un million de francs Cfa l’unité, aux «banques, établissements financiers et organismes financiers régionaux disposant d’un compte courant ordinaire dans les livres de la Bceao». Pour ces bons, le gouvernement semble avoir écarté les particuliers qui seraient tentés de soumissionner. La valeur faciale des bons mis sur le marché financier fait d’ailleurs qu’il faut une assise financière suffisamment solide, pour vouloir y prétendre. Et la durée des échéances est si rapprochée qu’il semble que les pouvoirs publics veulent, par tous les moyens montrer aux candidats soumissionnaires que le retour sur investissement est presque immédiat.

Au mois de juin dernier, l’Etat du Sénégal avait lancé un autre avis d’appel d’offres pour une autre cession, mais d’obligations du trésor celle-là. D’une échéance plus longue, elle portait également sur des titres d’une valeur totale de 50 milliards de francs Cfa. D’où la question que se posent les observateurs, sur ce qui peut motiver ce besoin urgent d’argent frais exprimé par le gouvernement du Sénégal.

Il n’y a pas longtemps les pouvoirs publics se vantaient de crouler littéralement sous l’argent. Et en ce moment, le gouvernement ne sentait pas la nécessité de s’adresser au marché financier international, pour compenser les dépenses qu’il opérait par ailleurs. Or, depuis l’année dernière, si l’Etat mobilise facilement des recettes, notamment fiscales, il n’en demeure pas moins que les niveaux des dépenses sont également importants.

La dernière publication de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee), portant sur la «Situation économique et financière en 2006 et perspectives en 2007» met en cause les dépenses consacrées à la Senelec et à la Société africaine de raffinage (Sar). Le document signale que «les dépenses en capital sur financement interne se sont élevées à 337,1 milliards contre 287 milliards en 2005, soit un accroissement de 17,5% à la faveur de la poursuite du Programme d’amélioration de la mobilité urbaine, du programme de développement des villes secondaires et du début de mise en œuvre du programme d’infrastructure dans le cadre de l’Oci». Conséquences de toutes ces dépenses non contrôlées générées par l’Anoci et l’Apix, deux fameuses agences proches du cœur des pouvoirs publics, «le ratio des dépenses, en capital financées sur ressources internes rapportées aux recettes fiscales, est estimé ainsi à 36,6%, soit largement au-delà du seuil de 20% fixé dans le cadre des critères de convergence de l’Uemoa».

Ces besoins d’argent s’ajoutent, selon le document, à ceux suscités par la nécessité de pourvoir aux augmentations des salaires décidés par le Chef de l’Etat, ainsi qu’aux émoluments des nouveaux fonctionnaires embauchés, il y a quelque temps. L’intérêt pour le gouvernement de s’adresser au marché financier est grand, selon M. Oumar Dème, de la Cgf Bourse : «En termes de mobilisation des ressources, les échéances sont moins longues, et l’Etat a plus de facilité à négocier ces financements que s’il lui fallait négocier des lignes budgétaires avec des bailleurs de fonds, qui ont des procédures plus ou moins longues et fastidieuses. Alors qu’ici, c’est le Trésor lui-même qui émet ces bons, sous le couvert de la Bceao.»


Mohamed GUEYE
Source: Le Quotidien

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Vendredi 24 Août 2007


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