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Béni : Des femmes mariées retournent à l'école

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Attirées par la possibilité de se faire embaucher par les employeurs de leur mari si celui-ci décède, des mères de famille qui n'avaient pas fini leurs études reprennent fièrement le chemin de l'école. Ces grandes élèves, qui sont sages et appliquées, donnent toute satisfaction. Il n'est jamais trop tard pour apprendre…

Habillées en bleu blanc (couleurs d'uniforme pour les élèves en République démocratique du Congo, Ndlr), sacs en bandoulière, cartables en main, des dizaines de femmes vont à l'école comme des milliers d'autres élèves de la ville de Beni, à 300 km au nord de Goma. Ces femmes de 28 à 40 ans, sont des mères de familles qui n’avaient pas terminé leur cycle scolaire. ‘Je me sens encore l'âge de porter l'uniforme après dix ans de mariage’, explique l'une d'elles, Jeannine Mathuma, la trentaine sonnée, qui s'est réinscrite en quatrième année des humanités littéraires à l'Institut de l’avenir de Beni. Elle se dit fière et motivée de vouloir apprendre à ’s'exprimer correctement en français et en anglais’, et désire surtout décrocher un diplôme d'Etat (baccalauréat).
Une vingtaine de femmes mariées se sont réinscrites dans la même école que Jeannine, à des différents degrés. Selon le responsable de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel à Beni, elles sont une cinquantaine actuellement à avoir été enregistrées dans les écoles de la place. Epouses pour la plupart d’employés d’entreprises étatiques, elles veulent obtenir des diplômes. C'est une disposition des conventions collectives de ces entreprises qui les y incitent. Celle-ci stipule qu'à la mort d’un agent, la direction de l'entreprise qui l'employait doit embaucher un des fils du disparu, à défaut sa femme. Si ni l’un ni l’autre ne sont capables d’assumer la fonction à pourvoir, l’entreprise peut recourir à la famille élargie du défunt.

Cette embauche exige un minimum d’instruction et de compétence. Pour éviter que cet avantage n’échappe à la famille, les femmes se mettent donc à niveau. ‘Il se pourrait que le mari meurt avant que les enfants ne soient adultes. Ce serait alors tout un calvaire’, affirment-elles. Antoine Kahebe, par exemple, a été engagée à la brigade de l’Office de douane et accise après le décès de son mari. ‘C'est le conseil familial qui m'a choisie, car j'avais un bon niveau d'études et mes enfants sont encore en bas âge.’

Président de la délégation syndicale à l’Office congolais de contrôle/Beni, Paulin Kamuha encourage ces femmes à renouer avec l’uniforme des écoliers. Il affirme avoir déjà aidé cinq veuves à ‘décrocher les commissions d’affectation en remplacement de leurs époux décédés, puisqu’elles avaient étudié’. Le cas le plus récent est celui de Fatuma Baharanyi, employée dans cet office comme secrétaire depuis une année. Viviane Kambale, une autre veuve, travaille, elle, comme informaticienne à l’Office national du café (Onc). ‘Si je bénéficie aujourd’hui d’un bon salaire, c’est parce que je suis payée sous le matricule de mon défunt mari qui y travaillait’, se réjouit-elle.

Conscients de l'importance des études, certains hommes comme Yves Musubao, fonctionnaire, encouragent également leurs femmes à reprendre le chemin de l'école. ‘C'est pour son avenir et pour l’éducation de nos enfants’, déclare-t-il. Antoinette Limbiyo est très fière d'avoir obtenu le soutien de son époux. ‘Il a lui-même négocié mon inscription. Pour le moment, je n'ai plus besoin d'enfants, mais d'un diplôme’, affirme-t-elle, déterminée à aller jusqu'au bout. Evelyne Kakule se félicite, quant à elle, d'avoir aussi repris ses études après quatre années d'interruption. ‘Mes camarades m’apprécient beaucoup depuis lors et la liste de mes amies et connaissances s'est allongée’, avoue cette jeune maman.

A l’école, ces femmes s’appliquent et se conforment au règlement scolaire. ‘L'une d'elles a réussi avec la mention Distinction en 5e année pédagogique’, témoigne Achille Muhindo, enseignant à l'Institut Kandjuli. Elles se montrent par ailleurs plus disciplinées que les jeunes élèves. Pour les motiver, les responsables d'écoles ont demandé aux éducateurs d’avoir un peu plus d'attention envers ces mamans. Aujourd'hui, l'exemple de ces femmes en incite d'autres à retourner à l'école, car, il n'est jamais trop tard pour apprendre, se disent-elles.

Source: Walfadjri

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Vendredi 30 Mai 2008

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