Référence multimedia du sénégal
.
Google

Bassirou SARR (Porte-parole d'Aj) : ‘Il y a un malaise à And Jëf’

Article Lu 1286 fois

Les frondeurs au sein d'Aj/Pads ne seront pas impunis. Bassirou Sarr, membre du bureau politique, secrétaire national chargé de l'administration générale et du suivi et non moins porte-parole du parti de Landing Savané en donne l'assurance. Parce que, dit-il, ‘nos camarades ont commis une faute lourde’. Non sans reconnaître qu'il y a un malaise à Aj/Pads, mais, rassure-t-il, ‘il sera vite dépassé’.



Wal Fadjri : Après les contestations de certains dirigeants de votre parti par des responsables d'And Jëf, peut-on s’attendre à une purge ? Bassirou Sarr : D'abord, ce n’est pas moi qui décide des purges. Ensuite, je ne sais pas ce que vous appelez purge, mais vous retiendrez avec moi que nous sommes en politique et que toute faute politique se paye. C’est comme si nous étions dans une entreprise, il est clair que le travailleur est protégé. Et mieux, le délégué syndical est protégé par les lois conformément au Code du travail. Mais, des dispositions du Code du travail prévoient la sanction du travailleur et même du délégué du personnel s’il commet une faute lourde. Dans le cas présent, pour ce qui me concerne, je considère que les camarades ont commis une faute lourde, mais ce n’est pas à moi de décider de la sanction à prendre. Les instances sont là. Le Secrétariat permanent (Sep) - l’instance qui assure la permanence au sein du bureau politique - s’est réuni cet après-midi (l'entretien a eu lieu mercredi soir : Ndlr). Nos dix-huit à dix-neuf camarades qui composent le Sep ont ainsi retenu : Premièrement, de dénoncer la démarche des camarades parce que n’étant pas conforme aux traditions et aux méthodes démocratiques dans le parti et, deuxièmement, de condamner fermement l’attitude des camarades. Maintenant, le Sep ne peut pas aller plus loin que cela, il revient au Bureau politique qui doit se réunir, dimanche 26 août prochain, de trancher la question.

Wal Fadjri : En quoi vos camarades ont-ils fauté ?

Bassirou Sarr : Ils ont fauté sur deux ou trois questions majeures. Aj/Pads est une formation politique démocratique, c’est-à-dire un parti qui accepte le débat en son sein et qui en prend même l’initiative sur toutes les questions majeures qui sont agitées en son sein. Il en est ainsi de la candidature de Landing Savané à la présidentielle, de notre liste aux élections législatives et de la reprise du dialogue avec le Pds pour ne citer que ces grandes initiatives politiques qui ont été prises durant la période. Le débat a été mené, d’abord, à la base du parti. Mais, l’affaire a remonté jusqu’aux instances nationales. Et ce sont ces instances nationales qui ont décidé de la conduite d’Aj/Pads. Précisément, sur cette question, le débat a été mené autour de l'évaluation à faire des élections. Et sur la base de cette évaluation, définir de la conduite à tenir. Finalement, les camarades ont décidé, dans une majorité écrasante, que nous devions reprendre le fil du dialogue avec le Parti démocratique sénégalais, définir ensemble un cadre nouveau de partenariat sans préalable ni condition, dans l’intérêt de nos deux partis et du Sénégal. Mais, nos camarades ne sont pas d’accord avec cette orientation. Je les comprends parfaitement, et c’est leur droit. Mais ils n’ont pas le droit d’attaquer publiquement les orientations définies par la majorité du parti. Ils n’ont pas le droit de vilipender sur la place publique les dirigeants du parti, en particulier le secrétaire général, Landing Savané, et son adjoint, Mamadou Diop ‘Decroix’. Ils n’ont pas le droit, non plus, d’appeler la base du parti à une rébellion contre la direction et contre les positions majoritaires. Et, enfin, ils veulent que nous les suivions pour faire marcher le parti sur les positions et les décisions de la minorité et non celles de la majorité. Cela est une faute lourde en politique.

Wal Fadjri : Et cette faute devrait, selon vous, se payer comment ?

Bassirou Sarr : Je ne peux pas en décider. Ce sont les instances du parti qui en décideront. Et la première instance qui peut prendre une décision pareille, c’est le Bureau politique qui réunit dimanche (après-demain, Nldr).

Wal Fadjri : Peut-on s’attendre à des exclusions…

Bassirou Sarr : Je n’en sais rien, je ne suis pas prophète. J’ai simplement dit que le Bureau politique appréciera. J’estime, moi, que c’est une faute lourde. D’autres peuvent estimer que c’est peut-être une démarche éronnée dans le cadre de la poursuite du débat démocratique dans le parti. Et, peut être, qu’ils peuvent simplement demander qu’on suspende, qu’on blâme ou avertisse les camarades. Mais il est du ressort de la direction politique de prendre une décision dans un sens ou dans un autre.

Wal Fadjri : Cette affaire ne cache-t-il pas un malaise profond à Aj/Pads ?

Bassirou Sarr : Il y a bien sûr malaise et ce n’est même pas honnête de ne pas le reconnaître. Quand une partie de la direction politique du parti, une dizaine de camarades prennent sur eux de faire une déclaration politique qu’ils publient, cela signifie qu’il y a problème quelque part dans la gestion de la direction du parti, dans la gestion de la démocratie interne. Si cela, on peut l’appeler malaise, je puis reconnaître avec vous qu’il y a un malaise. Mais, ce n’est pas la première fois que pareils problèmes se posent à Aj. Et le parti a toujours su surmonter ces malaises. Encore une fois, je suis persuadé que mon parti arrivera à surmonter cette crise-là.

Wal Fadjri : Mais les pétitionnistes n'ont-ils pas posé un débat d'idées qui appelle des réponses autrement que par des sanctions ?

Bassirou Sarr : Si je vous suis dans cette logique, et en reprenant mot pour mot les grandes questions soulevées par cette déclaration, il n’y a aucune question d’ordre idéologique, théorique ou d’orientation. Il y a, simplement, des questions liées à la reprise du dialogue avec Wade ou pas.

Wal Fadjri : Ça, ce n’est pas une question idéologique ?

Bassirou Sarr : C'est une question politique pratique. A la limite, cela peut se réduire à une question de tactique. Mais, ça ne remet pas en cause, fondamentalement, les questions d’orientation, à savoir si nous sommes un parti de gauche ou pas, si nous sommes panafricanistes ou pas, si nous sommes pour le socialisme ou non, etc. Voilà des questions théoriques, idéologiques. Mais le problème, ce n’est pas d’entrer dans le gouvernement ou non. Car, cela relève d’une réponse pratique à une question politique précise du moment.

Wal Fadjri : Mais, ça c’est un débat.

Bassirou Sarr : Je suis d’accord. Mais toute question tactique est une question à débattre parce que c’est une question politique.

Wal Fadjri : Pourquoi refusez-vous alors ce débat ?

Bassirou Sarr : C'est un débat clos par le parti lui-même. C’est le parti qui a décidé de renouer le fil du dialogue avec le Pds. La majorité a tranché. Et si vous connaissez Aj, vous devez savoir que c’est un parti tellement démocratique que même après qu’une question aura été tranchée par la majorité, le parti laisse à la minorité la possibilité et le soin de poursuivre le débat en interne. Une manière pour les uns et les autres de défendre leur opinion, et le jour où nous en arriverons au bilan, le parti dira qui avait raison. Je connais tellement mon parti que si une minorité devait avoir raison sur une majorité, il fera une autocritique publique, à l’intérieur comme à l’extérieur. Mais, nous n’en sommes pas encore là. Depuis le 17 juin, on ne nous laisse pas la possibilité de mettre en œuvre la décision de la majorité. Et l’on veut nous amener à revenir en arrière, à reprendre le débat, ou simplement à dire : ‘Parce que nous voulons l’unité, considérons le point de vue de la minorité, et donc conformons-nous à son opinion’. Mais si nous le faisons, nous trahirons la décision de la majorité.

Wal Fadjri : Les ‘rebelles’ vous reprochent de n'avoir pas instauré le débat à la base. Que répondez-vous ?

Bassirou Sarr : Je porte la parole de la majorité, c’est-à-dire celle de près de 82, voire 85 % des membres de la direction et des membres du parti dans son ensemble. Donc, je ne raconte pas d’histoire. Le parti a décidé de l’évaluation des élections et a demandé aux fédérations et mouvements internes de la mener depuis la présidentielle jusqu’aux législatives pour dégager les orientations. Et tous ceux qui ont quitté leur fédération, sont venus au Sep porter leur point de vue. En ce qui me concerne, c'est au niveau de la fédération de Kaolack que j'ai mené, avec mes camarades, la réflexion. Les mouvements internes, celui de femmes, des jeunes …. ont aussi donné leur opinion. Et c’est la somme de toutes ces opinions qui se sont portées dans un débat démocratique pendant presque 9 ou 10 heures, le 17 juin dernier. C’est ce débat-là qui a été consacré dans le sens d’une décision majoritaire, recommandant la reprise du dialogue avec le Pds. C’est ça la décision du parti. Encore une fois, on ne peut pas revenir en arrière par rapport à ce débat. Si les camarades nous demandent de poursuivre, à l’intérieur comme à l’extérieur, ce débat, nous sommes prêts à le faire. Mais dans les conditions qui respectent la position de la majorité. Cependant, nos camarades sont en train de faire entrave même à la mise en œuvre de la décision majoritaire. Et cela est inacceptable.

Wal Fadjri : Ils ont décidé de créer un courant de pensée. N’en ont-ils pas le droit ?

Bassirou Sarr : Aj/Pads est un parti démocratique très ouvert. Dans le préambule de sa naissance, nous avons accepté les courants de pensée (…) Parce que nous sommes d’accord avec tous ceux qui souhaitent s’exprimer, articuler une pensée politique cohérente autour d’une vision, d’un projet de société, d’un programme ou d'une proposition concrète pour le moment et pour le futur… Cela peut être simplement l’épanouissement d’une démocratie interne, la promotion de cette démocratie pour qu’une opinion générale puisse se dégager après la confrontation des idées.

Wal Fadjri : Vos camarades vous reprochent de promouvoir, à chaque fois, les mêmes, à savoir vous Bassirou Sarr, Mamadou Diop ‘Decroix’, Landing Savané… qui ont droit aux prébendes…

Bassirou Sarr : Je n’ai pas vu ces reproches dans le texte. Parce que pour moi, le texte est fondateur de ce groupe politique qui se constitue. On pourra dire que Decroix et Landing ont été pendant longtemps promus par le parti. Pour ce qui me concerne, il y a des camarades qui ont été promus pendant six ou sept ans depuis l’alternance. Bassirou Sarr a été promu au maximun, si on devrait faire la somme des périodes où j’ai eu à occuper une position, deux ans et demi ou trois ans. Et avec un fractionnement qui fait que, presque partout, je n’ai fait qu'un an ou un an et demi à une position quelconque pour attendre encore deux ou trois ans avant de revoir autre chose. Ce n’est même pas un débat. Et la plupart de ces camarades qui s'agitent ont été promus par le parti à des positions de directeur de cabinet, de chef de cabinet ou de directeurs généraux. Ce débat n’est pas tenu parce que sous ce rapport-là, personne n’aura de leçons à nous donner parce que nous avons partagé même ce qu’ils peuvent appeler strapontin ou autre chose.

Wal Fadjri : Est-ce que le fait de renouer le fil du dialogue avec Wade n’est pas une manière d’aller à la soupe ?

Bassirou Sarr : Vous savez, ces formules : ‘Aller à la soupe ou ne pas aller à la soupe’, c’est de la caricature. J’ai dit que si c’était Bassirou Sarr, Landing Savané ou Mamadou Diop Decroix qui prenaient sur eux d’être des ministres, pour aller au Pds, on pourrait peut-être subodorer qu’ils ont intérêt à ceci ou à cela. Mais c’est la majorité du parti, la base, les fédérations, les mouvements internes du parti (jeunesse, femme, personnes du troisième âge, arabisants…), qui décident. Dire que le parti veut aller à la soupe, ce n'est pas exact.

Wal Fadjri : On parle d'une bataille entre réformistes et conservateurs au sein d'Aj/Pads. Qu'en est-il ?

Bassirou Sarr : C’est vous qui le dites. En tout cas, pour ma part, je peux dire qu’Aj n’est pas un parti communiste et ne l’a jamais été. Le communisme n’a jamais été sa base idéologique, sa base de référence. Il y a bien sûr des communistes qui ont été même membres fondateurs d’Aj /Pads, mais il n’en demeure pas moins que l’organisation qu’ils ont créée depuis lors et qui s’appelle Aj/Pads, n’est pas une organisation communiste et ne l’a jamais été. Quand quelqu’un se réfère au communisme à l’intérieur de Aj, il a tout faux. Parce que le cadre n’est pas un cadre communiste. Aussi, voudrais-je bien savoir qui est communiste, réformateur ou réformiste.

Propos recueillis par Amadou DIOUF
Source: Walfadjri

Article Lu 1286 fois

Vendredi 24 Août 2007


Dans la même rubrique :
< >

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State