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Babacar SY (Président de la Linguère de Saint-Louis) : ‘Nous allons défendre crânement nos chances pour décrocher la Coupe du Sénégal’

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Ne pas se mettre la pression. Le mot d’ordre est du président de la Linguère de Saint-Louis qui prépare la finale de la Coupe du Sénégal. Une finale pas comme les autres, à écouter Babacar Sy qui parle d’une revanche à prendre sur la Douane qui les avait battus en finale de la Coupe du Sénégal en 1997. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il s’explique également sur les efforts de modernisation du club phare de Saint-Louis et parle des leviers qu’il compte actionner pour trouver les moyens de sa politique. Entretien.



Babacar SY (Président de la Linguère de Saint-Louis) : ‘Nous allons défendre crânement nos chances pour décrocher la Coupe du Sénégal’
Wal Fadjri : Le 15 septembre prochain, la Linguère de Saint-Louis dont vous êtes le président, croisera le fer avec la Douane en finale de la coupe du Sénégal. Comment appréhendez-vous cette échéance ?

Babacar Sy : Dans la sérénité. Nous continuons à nous préparer comme nous l’avons fait en préparant tous nos matchs. Il s'agit d'éviter de se donner une pression qui n'existe pas. Nous ne devons pas avoir la pression sur nous. Nous devons jouer cette finale comme l'outsider. C'est l'autre équipe, qui évoluait en première division, qui doit être sous pression, pas nous. Nous restons dans notre logique de travail caractérisée par le sérieux, la rigueur. Par ailleurs, nous savons que Saint-Louis a besoin de cette coupe, a besoin de revivre les moments que nous avons connus avec la Linguère des années 70 - 71 qui avait permis à la coupe de traverser le pont Faidherbe. C'est une demande expresse de nos supporteurs et nous travaillons à ça. Ce sera une revanche à prendre face à la Douane, qui nous a battus à l'occasion de la finale de 1997. J'étais loin du football, j'étais dans le tennis à l'époque, mais j'avais très mal vécu l'issue de cette finale. Maintenant, les choses ont changé. La Linguère n'a plus rien à envier à quelque club que ce soit au Sénégal. Nous allons défendre crânement nos chances pour décrocher la coupe, mais tranquillement, sans pression aucune.

Wal Fadjri : Vous brisez aujourd’hui le silence dans lequel vous vous êtes emmuré depuis deux à trois ans. Pourquoi avez-vous opté pour un mutisme total depuis votre arrivée à la tête de la Linguère de Saint-Louis ?

Babacar Sy : Si je n'étais pas très bavard, très visible sur le plan médiatique, cela découle d'une stratégie qui a été mûrement réfléchie. Parce que quand on redresse un club traditionnel, un club de l'envergure de la Linguère, on n’a pas beaucoup de temps pour parler. La situation du club était telle que j'avais un travail foncier à faire qui était de recoller les morceaux, de parler avec les partenaires du club, les supporteurs, les joueurs, de chercher un grand entraîneur. Cela m'a pris deux ans, deux saisons exactement durant lesquelles, nous n'avons jamais baissé les bras, nous avons toujours travaillé dans une même direction. Pour ça, je crois qu'il n'y avait rien à expliquer, sauf aux supporteurs qui sont les véritables propriétaires du club. Une fois que cela a été fait, nous avons commencé à percevoir les premiers résultats. C’est ainsi que sont terminées à la Linguère les querelles intestines, les disputes qui ne se justifiaient pas. Comme je l'ai déjà dit, ce n'est la faute de personne. Nous étions tous fautifs. Mais quand nous avons pris conscience de l'ampleur de la tâche et de la nécessité de réunir tout le monde, les résultats n'ont fait que suivre. Je m'exprimais, quand même, deux fois dans l'année, dans une chaîne locale à Saint-Louis pour parler aux supporteurs. Aujourd'hui, je ne vais pas, non plus, m'exprimer beaucoup. Nous avons une ambition forte, nous devons bâtir un club. Bâtir un club, ce n'est pas au niveau des médias, c'est sur le terrain, en constituant de bonnes équipes autour de ma personne, en travaillant sans relâche et à faire accepter mes objectifs et mes méthodes. Mais nous allons être plus visibles parce que nous venons de créer un site web - asclalinguere.com - qui sera opérationnel sous peu et qui permettra à tout le monde de tout savoir sur le club.

Wal Fadjri : Quelles stratégies comptez-vous mettre en œuvre pour parvenir à vos objectifs ?

Babacar Sy : Je continue à travailler de la même manière. Il faut moderniser le club, changer les mentalités, orienter toutes les énergies potentielles du club vers l'atteinte d’objectifs très précis. La Linguère doit devenir un club professionnel, un club moderne dirigé par des méthodes de management modernes. Tout le monde est d'accord là-dessus. Même les supporteurs les plus traditionnels comprennent la nécessité de moderniser le club. En tous les cas, ils ont vu les résultats de ce management qui est basé sur la délégation de pouvoirs, l'écoute active de tous les ’Samba Linguère’, des anciennes gloires, des anciens footballeurs du club, l'écoute des jeunes, des joueurs, etc., pour faire une synthèse des pulsations pour en faire une méthode, un outil de travail. Moderniser le club, c'est aussi mettre en place un certain nombre de projets. Par exemple, nous allons former les joueurs de la Linguère, aujourd'hui âgés de 30 à 32 ans et qui ont beaucoup fait pour le club, dans les métiers du sport comme encadreurs, entraîneurs, masseurs, gestionnaires de stades, arbitres, etc., parce que le Sénégal en a besoin. Il y en a qui ont opté pour des formations professionnelles dans le bâtiment, la menuiserie, la mécanique. En relation avec le lycée technique André Peytavin, nous sommes en train de mettre en place un programme de formation pour ces jeunes qui vont sortir du club après avoir joué au football pendant de nombre années, avec une spécialisation qui leur permettra de se réinsérer tranquillement. Comme on ne pense pas seulement aux jeunes, nous allons aussi créer un fonds de solidarité pour les anciennes gloires qui ont soulevé les foules, rempli les stades mais qui, aujourd'hui, font pitié lorsqu'on les rencontre à Saint-Louis.

Wal Fadjri : Mais la donne a changé dans la mesure où la Linguère de Saint-Louis vient d’accéder à la première division. N'est-ce pas une autre paire de manches ?

Babacar Sy : Evidemment, les enjeux sont différents. Aujourd'hui, nous sommes en première division, nous jouons la finale de la coupe du Sénégal 2007. C'est un épisode, une étape de notre évolution. Nous évitons de faire de la fixation. La coupe c'est bien. Si on la remporte, c'est bien, mais c'est une étape parmi tant d'autres. Mais l'étape ultime, c'est de bâtir un club moderne avec une société de gestion qui va gérer les intérêts du club, qui va l'organiser et qui va faire en sorte que les ressources financières soient régulières, permanentes, suffisantes. Nous devons aussi œuvrer pour que, malgré le changement de statut, la ville continue de coller et de s'accrocher à l'équipe. Pendant les trois saisons passées, nous avons fonctionné, quasiment, comme un club professionnel. Parce que quand vous avez des joueurs qui sont entièrement payés, des encadreurs payés à l'exception du président et d'Amara Traoré qui a travaillé bénévolement, des méthodes d'entraînement, avec des outils pédagogiques d'entraînement très performants qui n'existent nulle part au Sénégal, il vous suffit de très peu pour devenir un club performant, professionnel.

Wal Fadjri : Quels leviers comptez-vous actionner pour avoir les moyens de votre politique ?

Babacar Sy : Nous allons utiliser les méthodes modernes de recherche de fonds. Le ‘found rising’ qui consiste à chercher des moyens financiers avec une méthode, une programmation, va nous permettre d'avoir des moyens. Nous avons, aujourd'hui, toute la ville de Saint-Louis derrière nous. Il suffit de faire comprendre à un certain nombre d'entreprises locales que si elles veulent que leur marque ou leur logo soit connu de toute la région de Saint-Louis par exemple, on leur offre l'occasion de se mettre en association avec la Linguère, mais que cela a un coût qu'il faut payer. Il faut des droits d'entrée, payer les prestations. Tout cela n'existe pas pour le moment et nous comptons essentiellement sur ces moyens. Et comme tous les clubs du Sénégal, nous allons vendre des joueurs. Nous avons commencé d'ailleurs à vendre des joueurs à l'étranger, c'est leur chance. Mais c'est également la chance de la Linguère d'avoir pu former des joueurs talentueux qui ont la carrure et la personnalité qu'il faut pour s'imposer dans de grands championnats européens. Ce sont des ressources relativement importantes qui permettent à un club de fonctionner.

Wal Fadjri : Quels sont ces joueurs que vous avez mis sur le marché et avec quels clubs avez-vous déjà noué des contacts ?

Babacar Sy : Pour le moment, je ne peux pas en dire plus. Seulement il y a des contacts très sérieux avec des clubs français et même dans d'autres pays européens qui veulent enrôler des joueurs de l'équipe actuelle. Nous en reparlerons lorsqu'on aura fini de boucler tout cela parce que dévoiler les tenants et les aboutissants des négociations peut créer des problèmes, des frustrations ou des attentes qui peuvent être illusoires. Mais Il existe des possibilités pour nous de vendre des joueurs.

Wal Fadjri : N'est-ce pas contradictoire que de vouloir monter une grande équipe et se séparer de ses meilleurs joueurs ?

Babacar Sy : Saint-Louis est un vivier de footballeurs de talent. Cela a été le cas dans le passé, aujourd'hui, c'est encore plus vrai malgré l'absence d'infrastructures et d'encadreurs. Cela ne nous fait pas du tout peur de vendre une bonne partie de notre effectif. L'équipe ne risque pas d'être diminuée parce que nous avons déjà préparé la relève - Amara Traoré en a parlé - pour assurer une participation raisonnable dans le championnat national de première division. Et puis, nous allons lorgner dans tout le Sénégal et dans la sous-région pour dénicher l'oiseau rare, les talents cachés. Il faut comprendre que la Linguère a une nouvelle vision. Nous voulons nous inscrire résolument dans le modernisme.

Wal Fadjri : Une grande équipe, ce sont aussi des infrastructures. Où en êtes-vous avec l'exploitation du terrain qui vous a été attribué ?

Babacar Sy : Nous venons d'être attributaires d'un terrain de deux hectares à la sortie de Saint-Louis. C'est là où tout va se passer. C'est là où nous allons construire le centre d'entraînement qui va pouvoir contenir un stade fonctionnel, omnisports avec un centre d'hébergement, un centre de formation en sport-étude et le siège du club. Nous y travaillons déjà activement avec la coopération décentralisée, le soutien attendu de la mairie, des autorités de ce pays pour construire ce centre au profit exclusif de la jeunesse de Saint-Louis et de sa région. Ce complexe, qui sera une propriété de la Linguère, sera ultra-moderne et va réunir tous les standards internationaux pour permettre, par exemple, aux équipes nationales du Sénégal, de la Mauritanie, de la Guinée, etc., d’y faire des regroupements pour rentabiliser rapidement ces installations. Un club moderne, c'est d'abord avoir ses moyens propres, ses installations propres, un centre d'entraînement, un lieu d'hébergement, un lieu de médecine sportive où les joueurs se font soigner. Mais au-delà même, des infrastructures administratives qui permettent au club de fonctionner, d'avoir ses relations au plan national et international, de recevoir ses hôtes, etc. Il faut aussi un personnel technique permanent et nous allons vers ça. Nous passons également à la numérisation des cartes de membres du club parce que nous avons beaucoup de membres éparpillés à travers le monde. Mais avec le système de cartes traditionnelles, il est très difficile de faire adhérer, par exemple, quelqu'un qui est à Moscou ou à Washington et qui veut cotiser ou qui veut avoir un lien direct avec le club.

Propos recueillis par Gabriel BARBIER
Source: Walfadji

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Mardi 7 Août 2007

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