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BUDGET - Malgré le déficit croissant : La Présidence se gave au détriment des secteurs sociaux

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L’important déficit budgétaire que connaissent les finances du pays n’a pas réduit la boulimie des institutions de l’Etat. Même si pour les satisfaire, il a fallu priver les secteurs de l’éducation et de la santé de budgets déjà votés par l’Assemblée.



Le Sénégal vient de démontrer une fois de plus que, lorsque les ressources diminuent, ce sont les secteurs les plus vulnérables de la société qui en pâtissent les premiers. Malgré les beaux discours des pouvoirs publics, ce sont principalement les secteurs de la santé et de l’éducation qui ont vu leurs budgets revus à la baisse. Dans le n°8 de Echos de la Banque mondiale, publié par le bureau régional de cette institution à Dakar, Mamadou Ndione et Jacques Morisset indiquent que «la part des dépenses sociales (éducation, formation professionnelle, santé et environnement) est tombée de 29,7% à 20,8% (hors salaire et service de la dette) entre le passage à l’Assemblée nationale et à la Paierie générale du Trésor». Dans le même temps, les budgets consacrés à la présidence de la République et à la Primature, connaissent une hausse remarquable, surtout en cette période de vaches maigres. Ces institutions ont vu leur budget connaître une hausse de 15 milliards de francs Cfa.

Cette situation explique un peu pourquoi, lorsque l’on a annoncé la signature entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (Fmi) d’un accord sur un Instrument de soutien à la politique économique (Ispe), le représentant de cette institution, M. Alex Segura, a beaucoup insisté sur le fait que ce programme «envisage d’augmenter les dépenses sociales, qui sont prioritaires, et ont souffert du poids des subventions publiques vers le secteur énergétique». En dehors de l’appui au secteur énergétique, justifié par la hausse brutale des prix du pétrole sur le marché mondial, d’autres facteurs, internes ceux-là, expliquent le dérapage budgétaire, et l’arbitrage qui s’est opéré au détriment des secteurs sociaux.

Ndione et Morisset rappellent que le premier semestre de l’année 2007 a été une période électorale, propice à de fortes dépenses pour satisfaire des clientèles politiques. Il y a eu, également, les grands travaux d’infrastructures, engagés par le gouvernement, à travers certaines agences rattachées à la présidence de la République. Par ailleurs, les mouvements de revendications de plusieurs secteurs de la Fonction publique, qui voulaient des augmentations de salaires, ont fini, avec les autres éléments, par gonfler profondément le déficit du budget. Au point que le gouvernement repousse, de plus en plus, les délais de paiement de sa dette intérieure. L’article de la Bm explique qu’en «d’autres termes, les autorités ont préféré «couper» les dépenses de maintenance et d’équipement, en retardant leur engagement, leur exécution ou même leur paiement, c’est-à-dire, en accumulant des impayés».

Cette situation inquiète, fortement, les partenaires du Sénégal, en ce sens qu’elle pénalise le secteur privé. Alex Segura considère que l’enveloppe des dépenses doit être financée, de manière à ce que l’Etat élimine ses arriérés de paiement. De même, s’agissant des dépenses sur les infrastructures, le représentant du Fmi a indiqué le besoin d’engager des réformes structurelles, de façon à ce que l’Etat soumette ses projets d’investissement à des études plus approfondies.

Les bailleurs de fonds veulent penser que la situation économique du Sénégal en 2006 a été un «trou d’air» dont le pays devrait sortir dès cette année, pour reprendre la tendance à des taux de croissance qui tournent autour de 6%. Cependant, si la répartition des dépenses publiques lèse, toujours, les plus démunis, on voit mal comment le pays pourrait relever le défi de la lutte contre la pauvreté.


Mohamed GUEYE
Source: Le Quotidien

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Jeudi 9 Août 2007


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