Il est 23 heures à Pikine dans la banlieue Dakaroise. « Sap bar » situé à quelles encablures de la station essence sur la route tally bou mak, grouille de monde. Les clandos se garent devant l’entrée principale. Des hommes et des femmes, tous marqués par leur jeune âge, ont déjà pris d’assaut les lieux. Deux colosses armés de gourdins sont postés à l’entrée pour dissuader les fauteurs de trouble et les racoleurs qui gravitent autour du bar. A chaque coin sombre, des hommes guettent attentivement leurs proies. Dés que l’on franchit le portail, l’odeur de bière mélangée à la fumée de cigarettes pollue l’atmosphère et pique vos narines. Le seul plafonnier qui brasse difficilement l’air n’y change pas grand-chose.
Sous l’œil complaisant des cabaretiers et des videurs, des jeunes filles mineures défilent à l’intérieur du bar pour séduire les clients. Des mômes à la chair fraîche et au corps gracieux qui se déhanchent d’un bout à l’autre de la salle. Elles sont prostituées et exercent leur métier sans complexe à coté de leurs aînées plus expérimentées qui les couvent. La plupart des mineures arborent presque toutes le même style vestimentaire. De grosses boucles d’oreille pendantes, le crâne rasé à la femme Massaï, un bling-bling autour du cou. Leurs tenues extravagantes et ostentatoires mettent en valeur leur corps bien sculpté qui attire les hommes friands de bonne chair.
Une cigarette au coin des lèvres, elles sirotent langoureusement leurs bières pour certaines, alors que d’autres préfèrent les boissons sucrées. Dans un coin juste à l’entrée, elles s’organisent en meute et discutent entre elles, le temps qu’un homme leur fasse un clin d’œil en guise d’invite. Ces jeunes filles candides, sont pour la plupart des produits du lumpun prolétariat, sans éducation, et analphabètes. Dans ce milieu, interlope et mesquin, les jeunes prostituées trouvent des protecteurs bien « respectés ». « Chacune d’elle a un copain, bandit ou videur, qui lui sert de protecteur », confie un vieux routier qui les appelle par leurs noms. Interrogé sur la dangerosité du milieu, l’une d’elle se défend : « je n’accepte jamais qu’un homme me batte. Si je constate que tu es incorrect, je ne te parle plus. Quand je ne trouve pas de client, je prends mon sandwich et je rentre chez moi ». Elles utilisent un jargon que seuls les initiés peuvent comprendre. Pour négocier une passe, « Y. Fall me demande : passe temps wala zéré ? (Un coup ou la nuit). Cette question est l’entrée en matière pour la négociation. La passe se situe entre 5.000 et 10.000 f CFA, alors que la nuitée peut aller jusqu’à 50.000F cfa. Filles soumises, elles sont prêtes à tout pour rendre la nuit rentable.
Mais, ce métier, elles ne le font pas sans la pression policière. Elles jouent à cache-cache avec les policiers qui viennent régulièrement pour une vérification de carnets sanitaires. Après une discussion, N. Amy, jeune thiessoise de 16 ans, au teint noir, avec des yeux qui brillent de candeur, révèle qu’elle fréquente le milieu depuis plus d’un an déjà. « Pour échapper aux policiers, mes amies et moi préférons rester dans la boîte de nuit qui jouxte le bar. Nous nous sentons plus en sécurité là-bas, et quand nous avons des clients, nous prenons discrètement un taxi pour aller à l’hôtel », nous confie t-elle. Parfois, quand elles sont prises par la police, ce sont les videurs qui jouent les bons offices. Avec un petit 5.000 f, les prostituées parviennent parfois à faire changer d’avis les policiers. Mais, il arrive aussi qu’elles soient amenées au commissariat central avant d’être présentées au juge. Ainsi, avec le délit de prostitution clandestine, elles encourent une peine de 2 à 6 mois. Certaines, ont même purgé des peines au centre de détention du camp pénal de liberté 6.
Comme elles attirent la clientèle, les gérants du bar les protégent contre certains bandits qui les menacent ou les violentent. Pour toute altercation, les fauteurs de trouble sont chassés mani mulitari, dans les propos salaces des prostituées. C’est sous ce train-train que « saf b. » fonctionne durant toute la nuit. Jusqu’aux coups de 4 heures, heure où les gens se rendent « chez André » pour y passer le reste de la soirée. Là également, les minettes vaquent allégrement à leur métier sans contraintes majeures. En dépit de l’âge pour pratiquer ce métier, ces minettes sont exposées à des risques élevés d’attraper des maladies sexuellement transmissibles. Elles s’adonnent à la prostitution, en ignorant les règles élémentaires de prévention, en plus d’être des proies facile de pervers friands d’expériences sexuelles dégradantes. Leurs parents, sous les affres de la pauvreté, ferment les yeux et laissent faire. Devant l’impuissance coupable de la société, le phénomène prend de l’ampleur sans choquer personne.
Source: African Global News
Sous l’œil complaisant des cabaretiers et des videurs, des jeunes filles mineures défilent à l’intérieur du bar pour séduire les clients. Des mômes à la chair fraîche et au corps gracieux qui se déhanchent d’un bout à l’autre de la salle. Elles sont prostituées et exercent leur métier sans complexe à coté de leurs aînées plus expérimentées qui les couvent. La plupart des mineures arborent presque toutes le même style vestimentaire. De grosses boucles d’oreille pendantes, le crâne rasé à la femme Massaï, un bling-bling autour du cou. Leurs tenues extravagantes et ostentatoires mettent en valeur leur corps bien sculpté qui attire les hommes friands de bonne chair.
Une cigarette au coin des lèvres, elles sirotent langoureusement leurs bières pour certaines, alors que d’autres préfèrent les boissons sucrées. Dans un coin juste à l’entrée, elles s’organisent en meute et discutent entre elles, le temps qu’un homme leur fasse un clin d’œil en guise d’invite. Ces jeunes filles candides, sont pour la plupart des produits du lumpun prolétariat, sans éducation, et analphabètes. Dans ce milieu, interlope et mesquin, les jeunes prostituées trouvent des protecteurs bien « respectés ». « Chacune d’elle a un copain, bandit ou videur, qui lui sert de protecteur », confie un vieux routier qui les appelle par leurs noms. Interrogé sur la dangerosité du milieu, l’une d’elle se défend : « je n’accepte jamais qu’un homme me batte. Si je constate que tu es incorrect, je ne te parle plus. Quand je ne trouve pas de client, je prends mon sandwich et je rentre chez moi ». Elles utilisent un jargon que seuls les initiés peuvent comprendre. Pour négocier une passe, « Y. Fall me demande : passe temps wala zéré ? (Un coup ou la nuit). Cette question est l’entrée en matière pour la négociation. La passe se situe entre 5.000 et 10.000 f CFA, alors que la nuitée peut aller jusqu’à 50.000F cfa. Filles soumises, elles sont prêtes à tout pour rendre la nuit rentable.
Mais, ce métier, elles ne le font pas sans la pression policière. Elles jouent à cache-cache avec les policiers qui viennent régulièrement pour une vérification de carnets sanitaires. Après une discussion, N. Amy, jeune thiessoise de 16 ans, au teint noir, avec des yeux qui brillent de candeur, révèle qu’elle fréquente le milieu depuis plus d’un an déjà. « Pour échapper aux policiers, mes amies et moi préférons rester dans la boîte de nuit qui jouxte le bar. Nous nous sentons plus en sécurité là-bas, et quand nous avons des clients, nous prenons discrètement un taxi pour aller à l’hôtel », nous confie t-elle. Parfois, quand elles sont prises par la police, ce sont les videurs qui jouent les bons offices. Avec un petit 5.000 f, les prostituées parviennent parfois à faire changer d’avis les policiers. Mais, il arrive aussi qu’elles soient amenées au commissariat central avant d’être présentées au juge. Ainsi, avec le délit de prostitution clandestine, elles encourent une peine de 2 à 6 mois. Certaines, ont même purgé des peines au centre de détention du camp pénal de liberté 6.
Comme elles attirent la clientèle, les gérants du bar les protégent contre certains bandits qui les menacent ou les violentent. Pour toute altercation, les fauteurs de trouble sont chassés mani mulitari, dans les propos salaces des prostituées. C’est sous ce train-train que « saf b. » fonctionne durant toute la nuit. Jusqu’aux coups de 4 heures, heure où les gens se rendent « chez André » pour y passer le reste de la soirée. Là également, les minettes vaquent allégrement à leur métier sans contraintes majeures. En dépit de l’âge pour pratiquer ce métier, ces minettes sont exposées à des risques élevés d’attraper des maladies sexuellement transmissibles. Elles s’adonnent à la prostitution, en ignorant les règles élémentaires de prévention, en plus d’être des proies facile de pervers friands d’expériences sexuelles dégradantes. Leurs parents, sous les affres de la pauvreté, ferment les yeux et laissent faire. Devant l’impuissance coupable de la société, le phénomène prend de l’ampleur sans choquer personne.
Source: African Global News
BANLIEUE DE DAKAR: Des mineures qui se prostituent en toute liberté