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BAÏDY AGNE ET LA POLEMIQUE AU PORT «Le Sénégal a le droit de choisir son partenaire»

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Baïdy Agne, président du Conseil national du patronat (Cnp) et du Syndicat des manutentionnaires Sempos, trouve qu’il y a un peu trop d’agitations pour si peu dans l’affaire dite du Port du futur et du terminal à conteneurs dont l’adjudicataire provisoire est Dubaï-Port. Car en définitive, il ne s’agit que d’une libre concurrence découlant d’un appel d’offres transparent et régulier.



BAÏDY AGNE ET LA POLEMIQUE AU PORT «Le Sénégal a le droit de choisir son partenaire»
Une vive polémique est née au port autonome de Dakar au sujet du projet du terminal à conteneurs et le port du futur. C’est quoi un terminal à conteneurs ?

Le terminal à conteneurs est une infrastructure d’accueil de navires et de stockage des conteneurs. Il est situé dans la partie nord du port au môle 6 et comporte aujourd’hui 2 postes à quai. Des travaux d’extension ont été lancés par le port pour la création d’un 3e poste à quai conteneurs. Trois opérateurs portuaires y opèrent principalement. Il s’agit du groupe Bolloré, Maersk-line et M SC/Getma. Il est clair que le port de Dakar ne se limite pas à son terminal à conteneurs qui se trouve sur 2 môles (6 et 8). Huit autres môles de traitement de cargaisons existent au port, et d’autres opérateurs y agissent. Il s’y ajoute que l’activité portuaire n’est pas seulement de conteneurs.

Qu’est-ce qu’un terminal à conteneurs apporte de plus ? Et c’est quoi le port du Futur ? Pourquoi a-t-on attendu aujourd’hui ?

Stratégiquement, personne ne peut reprocher au Sénégal de chercher à se développer, en mettant à niveau ses infrastructures. Que cela soit au niveau des routes, de l’aéroport comme du port. Les ports sont en concurrence. Dakar a certes, un positionnement intéressant, mais si ses infrastructures portuaires ne sont pas à niveau, il lui sera difficile de positionner le pays comme une plate-forme de distribution de grande importance. Donc le projet est le bienvenu. Le port du futur est un nouveau port à réaliser et qui se situera sur le prolongement de la partie nord du port. L’investissement attendu est de l’ordre de plusieurs centaines de milliards de Fcfa. C’est certainement la raison pour laquelle, l’autorité a estimé que la concession doit inclure le terminal à conteneurs et le port du futur. Maintenant pourquoi cette concession et la polémique qui semble en découler ? Il faut souligner que les discussions pour la concession ne datent pas d’aujourd’hui. Depuis 1997, des discussions sur ce que l’on a appelé le schéma directeur du port autonome de Dakar avaient soulevé la question. En 1999, on s’en souvient certainement, l’autorité portuaire avait fait montre de son désir de mettre en place deux portiques. Notre position de l’époque qui était connue s’opposait à l’idée parce que nous considérions que l’Etat s’accaparait du projet. En plus la discussion de 1999 tournait autour d’un investissement de 10 milliards Fcfa. Aujourd’hui, on avance des centaines de milliards Fcfa d’investissements. Au moins pour l’intérêt du pays et du port de Dakar, il s’agit d’un investissement plus consistant.

Tout cela a-t-il été transparent ?

Il faut noter que le port de Dakar a lancé un appel suite à un long processus, à une manifestation d’intérêt au mois d’octobre 2006 pour la mise en concession du terminal de conteneurs, couplé avec ce qu’il est convenu d’appeler le port du futur. Le Sempos avait déclaré et signifié aux autorités que le processus l’écartait et qu’il ne pouvait pas par conséquent, répondre aux critères exigés par la manifestation d’intérêt. Notre syndicat se demandait même s’il était possible de distinguer la gestion du terminal à conteneurs et le port du futur. Il n’a pas été suivi par le Port. Ainsi les autres acteurs qui estimaient qu’ils pouvaient y aller, notamment quatre acteurs que sont le groupe Bolloré en association avec Cma-Cgm, Maersk-Line, MSC/Getma et Dubaï-Port. Ils ont répondu à la manifestation d’intérêt et un appel d’offres a été lancé. Ainsi le processus d’une concurrence était mis en place et au vu des informations dont nous disposons, de manière transparente. Nous qui avions estimé qu’il nous était difficile de répondre aux critères, nous sommes parvenus après plusieurs discussions avec l’autorité portuaire au fait que le dossier d’appel d’offres prenne en compte les préoccupations des entreprises sénégalaises. Tout en disant au Port que nous comprenions parfaitement la nécessité de développer les infrastructures portuaires, de se mettre en situation concurrentielle avec les autres ports africains qui sont en train d’être privatisés. Le Port a accepté dans les dossiers d’appel d’offres de demander et d’en faire même un critère de sélection, à tous les concurrents, de prévoir une place importante pour les entreprises sénégalaises. Ce principe est acquis. Le premier de notre combat était ça ; faire de sorte que les entreprises sénégalaises ne soient point écartées. C’est fait, nous en avons la garantie. Cela dit, le processus de sélection est lancé, un adjudicataire provisoire est trouvé en Dubaï-Port. Il y a certes, un existant qu’il faut gérer. Il s’agira certainement pour les autorités comme pour les entreprises évoluant dans le secteur de trouver les solutions les meilleures.

Qu’est-ce qui explique donc tout ce raffut si c’est aussi transparent ?

Il y a quand même des participants qui ne font pas de bruit. Cela il faut le noter. Le débat tel qu’il se présente sur la place publique, ajoute malheureusement à la confusion. Les participants savent quels sont les recours possibles en cas de désaccords dans un dossier d’appel d’offres. Pour ma part, j’estime que Alioune Sow, le secrétaire général de l’Udts nous doit, nous autres entrepreneurs « nègres » comme il dit, un peu plus de respect. Je serais à sa place, je me serais aussitôt excusé après avoir sorti de telles énormités à la télévision. Dois-je lui rappeler que 66% de la main-d’œuvre portuaire sont gérées par le Sempos. Par conséquent, il serait étonnant de voir que par son simple bon vouloir, le Port autonome est bloqué. J’ai beaucoup de respect pour lui et son syndicat, mais je suis outré de le voir nous traiter d’entrepreneurs irresponsables parce que nous sommes des Sénégalais et des noirs. La Somicoa que j’ai l’honneur de diriger aurait pu se saisir de la presse pour parler de son différend où elle est en droit de déclarer qu’elle est lésée avec l’armement Grimaldi qui opère toujours à Dakar avec son agent RoRo. Nous l’avons géré à l’interne, sans vagues inutiles, sans bruit étourdissant. J’ajoute pour revenir à la question du port, qu’il n’est pas décent de poser la question en termes de relations France Sénégal. D’abord, le Sénégal a le droit de diversifier ses partenaires sans être obligé d’en référer à qui que ce soit. Deuxièmement, il s’agit ici, jusqu’à plus amples informés d’un simple appel d’offres. J’insiste sur le fait que le secteur privé national est présent au Port depuis plusieurs décennies. Il contribue ainsi au développement des activités du secteur. Il importe de notre point de vue qu’il soit bien associé à tout développement futur du port. Car il nous revient d’abord et avant tout, à nous Sénégalais d’assurer notre souveraineté économique. C’est ce que j’appelle le noyau déclencheur d’entrepreneurs nécessaires pour la mise en œuvre de la stratégie de croissance accélérée.

EXERGUES

1/ L’activité portuaire n’est pas seulement de conteneurs.

2/ La discussion de 1999 tournait autour d’un investissement de 10 milliards Fcfa. Aujourd’hui, on avance des centaines de milliards Fcfa d’investissements. Au moins pour l’intérêt du pays et du port de Dakar, il s’agit d’un investissement plus consistant

3/ Il n’est pas décent de poser la question en termes de relations France Sénégal. D’abord, le Sénégal a le droit de diversifier ses partenaires sans être obligé d’en référer à qui que ce soit

4/ J’estime que Alioune Sow, le secrétaire général de l’Udts nous doit, nous autres entrepreneurs « nègres » comme il dit, un peu plus de respect.

Madior FALL
Source: Sud Quotidien

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Mardi 19 Juin 2007

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